La tenue de rallyes illégaux continue de faire des vagues et de basculer dans une spirale de violence inquiétante. Deux affaires distinctes, rapportées à quelques jours d’intervalle, mettent en lumière un climat de menaces, d’intimidation et d’agressions brutales gravitant autour de ces courses clandestines.
Dans la première affaire, un entrepreneur de 41 ans affirme avoir échappé de peu à une attaque au couteau dans un garage de Sainte-Croix le 13 mai. L’incident s’est produit alors qu’il attendait la réparation de sa motocyclette. Soudain, un homme armé d’un couteau a débarqué sur les lieux avant de tenter de le poignarder.
La victime raconte avoir réussi à esquiver le premier coup, même si le manche de l’arme l’a violemment atteint à la tête. L’agresseur, un habitant de Port-Louis, est ensuite revenu à la charge. Une lutte s’est ensuivie avant que des employés du garage n’interviennent pour maîtriser le suspect et arracher le couteau de ses mains.
Mais la scène ne s’est pas arrêtée là. Selon le quadragénaire, son agresseur lui aurait lancé une série de menaces glaçantes, promettant de le poignarder, de l’asperger d’acide et même de s’en prendre à son fils.
Derrière cette violente altercation se cacherait un différend lié aux rallyes illégaux. Le plaignant affirme avoir refusé, l’année dernière, une proposition visant à intégrer ce milieu clandestin. Depuis, il dit subir intimidations, messages agressifs et publications hostiles sur les réseaux sociaux.
Bien qu’il ne porte pas de blessures graves, l’homme s’est rendu à l’hôpital Jeetoo après l’incident en raison de douleurs ressenties à la tête. Une enquête policière a été ouverte.
La seconde affaire, encore plus troublante, concerne un habitant de Terre-Rouge âgé de 18 ans. Dans une déclaration à la police dimanche, le jeune homme affirme avoir vécu un véritable calvaire après avoir fréquenté un groupe impliqué dans des rallyes clandestins connu comme Rapp Flmm.
Selon sa déposition, tout a commencé après une sortie nocturne vers Jin Fei le 15 mai. Au retour à Vallée-Pitot, ses compagnons lui ont proposé de le reconduire chez lui. Mais une fois à bord du véhicule, l’atmosphère a brutalement changé.
Menacé au couteau, le jeune homme a été averti que toute dénonciation à la police lui coûterait la vie. « Nou pou pran twa pou amenn twa Le-Morne. Nou pou atas twa avek enn pie, nou pou koup twa, nou pou vid petrol lor twa ek b** dife ar twa », ont-ils menacé.
Il raconte ensuite avoir été emmené dans un endroit isolé à côté du jardin de Plaine-Verte où il a subi durant trois heures des actes de torture et d’humiliation. Le jeune homme avance avoir été maintenu de force pendant que ses agresseurs lui infligeaient des décharges de taser sur les parties intimes. Ces derniers lui ont également réclamé Rs 30 000 sous la menace.
Comme si cela ne suffisait pas, la victime soutient avoir ensuite été ramenée à Vallée-Pitot où ses cheveux ont été coupés de force pendant qu’un des suspects filmait la scène avec son téléphone portable. Les individus se sont finalement rendus à son domicile avant de repartir avec sa motocyclette.
Traumatisé, le jeune homme s’est rendu à l’hôpital Dr Jeetoo pour recevoir des soins. Il affirme pouvoir identifier les trois individus impliqués dans cette affaire. La CID de Metro Nord ainsi que la Divisional Crime Intelligence Unit ont été saisies de l’enquête.
Ces deux affaires viennent une nouvelle fois illustrer la face sombre des rallyes illégaux, un milieu où rivalités, intimidations et violence semblent prendre le dessus sur le Law and Order dans le pays.

