PSAC : Ceux pour qui l’enjeu sera de taille

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À l’heure où les jeunes candidats au PSAC s’apprêtent à entrer dans la dernière ligne droite, certains enseignants savent déjà que l’enjeu sera particulièrement difficile pour une partie de leurs élèves. Entre lacunes accumulées au fil des années, manque d’accompagnement à la maison et perte de confiance, ces enfants peinent à trouver leur place dans un système largement axé sur la performance académique.

 

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Photo d’illustration

À un peu plus de deux semaines du coup d’envoi de la prochaine édition du Primary School Achievement Certificate (PSAC), les candidats entrent dans la dernière ligne droite de leur préparation. Comme chaque année, ils seront nombreux à se mesurer aux différentes épreuves, alors que le niveau de certains demeure une source de préoccupation. Catherine (nom modifié), jeune bénévole auprès d’une association d’entraide, accompagne des enfants en difficulté scolaire. Trois fois par semaine, elle donne des cours de rattrapage à des élèves fréquentant une école gouvernementale d’un village du Nord.

Perte de confiance 

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C’est avec un sentiment de regret, mais aussi avec réalisme, que Catherine constate que certains de ses jeunes bénéficiaires se présentent aux examens année après année, tout en sachant d’avance qu’ils n’obtiendront pas le minimum requis pour être admis dans la filière mainstream d’un collège.

« Ces enfants savent que les examens du PSAC sont importants, mais ils ne réalisent quand même pas à quel point ils sont déterminants pour leur admission dans un collège. Quand je leur demande comment ils se sentent à l’approche des examens, ils me répondent : Miss, kan mem mo fel, pa fer nanye. Je ne ressens pas chez eux cette émotion que, moi, j’avais ressentie quand je devais prendre part au Certificate of Primary Education », confie Catherine.

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Cette dernière a elle-même bénéficié de cours de rattrapage au sein de la même association. « Parce que j’ai moi-même vécu l’expérience d’un encadrement de professeur à élève et que j’ai constaté la différence entre cette attention personnalisée et celle dont je bénéficiais à l’école, sans compter les résultats obtenus, j’ai voulu, à mon tour, offrir cette même opportunité à d’autres enfants. J’ai eu la chance d’avoir réussi mon parcours au secondaire », confie-t-elle.

Catherine explique que ceux dont le niveau dans tous les core-subjects est basique ont été « négligés » à l’école. « Ce sont des enfants qui, dès le Grade I, sont placés au fond de la classe parce qu’ils n’arrivent pas à suivre le même rythme que leurs camarades les plus performants. Ils sont peut-être en Grade 6, mais ont un niveau équivalent à celui d’un élève de Grade 3. Et à la maison, l’éducation n’a pas la place qu’elle aurait dû avoir. On laisse les enfants faire ce qu’ils veulent.  Ces enfants ne seront même pas en mesure de suivre le Foundation Programme in Literacy, Numeracy and Skills au secondaire. Ce programme n’est pas adapté à leurs besoins. C’est pour cela qu’après les résultats du PSAC, nous encourageons les parents à inscrire leurs enfants dans l’une des écoles non formelles, d’autant qu’ils sont beaucoup plus appliqués dans un environnement qui n’est pas uniquement axé sur la performance et la compétition académique », poursuit Catherine.

Enseignante depuis 16 ans, Emily (nom modifié) a travaillé aussi bien dans des écoles de la Zone d’Éducation Prioritaire (ZEP) que dans des établissements catholiques dits star schools. Une vingtaine de ses élèves prendront part aux examens du PSAC à partir du 22 octobre. Parmi eux, cinq, estime-t-elle, ont peu de chances de décrocher leur certificat. Leurs résultats au dernier trimestre reflétaient déjà les difficultés qu’ils rencontrent dans leur apprentissage.

« Je regrette de ne pouvoir leur consacrer plus de temps, car je sais qu’ils pourraient, s’ils bénéficiaient d’une attention particulière, mieux travailler. Ils ont du potentiel, mais ils ont besoin d’un encadrement personnalisé. J’arrive en classe un peu plus tôt le matin pour les aider, je leur donne des exercices simplifiés contrairement aux autres qui doivent suivre le programme et je les ai placé au plus près de mon bureau pour que je puisse les suivre », dit Emily. « Dès que j’annonce une évaluation, je remarque qu’ils perdent confiance en eux », observe-t-elle.

En revanche, fait-elle remarquer, ces élèves montrent de meilleures aptitudes en kreol morisien, qu’ils n’hésitent d’ailleurs pas à utiliser pour répondre aux questions posées dans les autres matières. Pour Emily, le rapport que les familles entretiennent avec l’éducation joue également un rôle dans le niveau scolaire de ses élèves en difficulté.

Situation d’échec 

« Nous avons un groupe WhatsApp avec les parents d’élèves. Ce sont toujours les mêmes qui réagissent et font preuve de volonté. Et ce sont justement les enfants de ces parents-là qui sont les plus appliqués. Les enfants en situation d’échec ne viennent pas à l’école, parfois pour des raisons qui ne sont pas valables. Des fois, les enfants eux-mêmes trouvent des excuses pour ne pas venir à l’école, sans que leurs parents ne s’en inquiètent. Nous pourvoyons même du pain fourni à ceux qui n’en ont pas à l’heure du déjeuner. Un parent nécessiteux ne peut pas dire que c’est par faute de nourriture qu’il n’envoie pas son enfant à l’école, d’autant qu’il perçoit une school allowance de la MRA « , indique l’enseignante.

Comme Catherine, Emily a également constaté que certains de ses élèves ne mesurent pas pleinement les enjeux du PSAC. « Quand vous leur demandez dans quel collège ils aimeraient aller, ils vous répondent : Je ne sais pas« , affirme cette dernière.

Début des épreuves le 22 octobre

Le calendrier du PSAC 2026 s’étalera sur quatre jours d’épreuves, avec une interruption durant le week-end. Les candidats ouvriront la session le jeudi 22 octobre avec le français et les sciences, avant de retrouver les salles d’examen le lendemain pour l’anglais et l’histoire-géographie. Après la pause du week-end, les épreuves reprendront le lundi 26 octobre avec les langues asiatiques, l’arabe, le kreol morisien et le kreol rodrige. Les mathématiques viendront clore cette session le mardi 27 octobre.

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