Révision des tarifs à l’étude Patrick Assirvaden : « Pas question d’alourdir la charge des ménages »

Le coût réel de production de l’eau par la Central Water Authority (CWA) est actuellement estimé à Rs 24 par mètre cube, alors que le tarif facturé n’est que de Rs 14. Cet écart significatif soulève un enjeu majeur de soutenabilité financière pour le service public à moyen et long terme. Dans ce contexte, une réflexion est en cours afin de revoir cette équation tarifaire et de garantir un meilleur équilibre entre les coûts de production et les revenus générés par le service.

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C’est ce qu’a indiqué le ministre de l’Énergie, Patrick Assirvaden, en réponse à une interpellation parlementaire de Chandraprakash Ramkalawon. Il a toutefois tenu à préciser que toute éventuelle révision concernerait uniquement les usages non domestiques. « Il n’est nullement question d’alourdir la charge des ménages. Notre priorité demeure la préservation du pouvoir d’achat des familles mauriciennes », a-t-il affirmé.

Le ministre a également attiré l’attention sur des entreprises exploitant l’eau distribuée par la CWA à des fins commerciales. Il estime que dans certains cas, le coût de l’eau utilisée pour la production d’une bouteille serait d’à peine trois sous, alors que le prix de vente sur le marché est sans commune mesure. Il s’interroge ainsi sur la contribution de ces usages commerciaux à la pérennité du service public de l’eau et sur la nécessité d’une utilisation plus équitable de cette ressource nationale.

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Patrick Assirvaden a, par ailleurs, indiqué que la CWA fait face à d’importantes difficultés financières, principalement liées à la hausse des coûts d’exploitation, notamment l’électricité et les charges de personnel, alors que les tarifs de l’eau n’ont pas été révisés depuis janvier 2012. Pour l’exercice financier clos au 30 juin 2025, la CWA a enregistré un déficit de Rs 755 millions contre Rs 325 millions l’année précédente. Son passif total est évalué à environ Rs 11,2 milliards.

Plusieurs facteurs expliquent cette dégradation :

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le transfert des ventes d’eau souterraine de la CWA vers le Consolidated Fund depuis juillet 2009 ;
l’absence de révision tarifaire depuis janvier 2012, créant un déséquilibre où le coût de production ;
la radiation de dettes liées à l’eau d’irrigation pour un montant de Rs 283 millions en décembre 2015 ;
la suppression de la subvention annuelle du gouvernement depuis juillet 2016 ;
le paiement de frais d’arbitrage liés à six projets d’investissement depuis juillet 2018 ;
des arriérés de Rs 114 millions dus par l’Irrigation Authority pour la période de juin 2021 à mars 2026 ;
une hausse de plus de 20 % du coût des produits chimiques (chlore, alun, chaux), passant de Rs 14,8 millions à Rs 17,8 millions après la pandémie de Covid-19 ;
une augmentation de plus de 100 % des coûts de l’électricité, passant de Rs 22 millions à Rs 47 millions par mois, à la suite des révisions tarifaires du CEB en février 2023 et février 2024 ;
l’augmentation des frais de sécurité liée aux nouveaux règlements sur le salaire minimum et la rémunération des agents de sécurité privée en 2024 ;
la hausse des coûts salariaux liée aux recommandations des rapports du PRB (2013, 2016, 2021 et 2026), non compensée depuis la dernière hausse tarifaire de 35 % en 2012. Les coûts salariaux mensuels ont ainsi augmenté de 172 %, passant de Rs 32 millions en 2013 à Rs 87 millions en 2026.

Le ministre a également indiqué que le remboursement des prêts gouvernementaux a été suspendu depuis juin 2017, en raison de l’insuffisance des revenus de la CWA en l’absence de révision tarifaire. Le montant total dû à l’État s’élève aujourd’hui à Rs 3,47 milliards. De cette somme, Rs 2,92 milliards correspondent à des arriérés, répartis comme suit :

  • Rs 102 millions liés à des prêts contractés avant 2010 sans accords formels ;
  • Rs 2,82 milliards liés à des prêts post-2010 dans le cadre d’accords formels, incluant capital différé, intérêts et pénalités accumulés depuis juin 2017.

Par ailleurs, la CWA a contracté en juin 2025 des facilités de découverts bancaires de Rs 350 millions auprès de la Mauritius Commercial Bank, à un taux de 6,25 % par an, générant environ Rs 20 millions de charges d’intérêts annuelles.

Enfin, au 25 juin 2026, les dettes de la CWA envers ses fournisseurs et prestataires s’élevaient à environ Rs 697 millions. De ce montant, Rs 470 millions sont dues à la Central Electricity Board au titre des factures d’électricité impayées jusqu’au 30 avril 2026, tandis que Rs 227 millions concernent divers fournisseurs et prestataires (sécurité, tuyauterie, pompes, produits chimiques, carburant, réparations et autres services opérationnels).

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