– Le père Pierre Piat invite les fidèles à prier pour que la pluie revienne
Célébrée, hier matin, en l’église Sainte-Thérèse d’Avila, à Curepipe, en collaboration avec la Central Division of Police, la Messe de la Lumière a réuni le président de la république, Dharam Gokhool, le vice-président, Robert Hungley, ainsi que des membres du corps diplomatique et de nombreux fidèles de différentes confessions religieuses. Au-delà du symbole lumineux associé à Divali, cette célébration a été l’occasion d’évoquer l’importance de la solidarité, de la compassion et de l’engagement face aux difficultés qui traverse la société mauricienne.
Le curé de la paroisse, le père Pierre Piat, qui a officié la messe et prononcé l’homélie, accompagné du vicaire, le père Landry. La chorale de la police a apporté une dimension musicale à cette cérémonie, dont l’atmosphère était empreinte de recueillement et de convivialité. Par ailleurs, les policiers eux-mêmes étaient au four et au moulin pour que tout soit parfait.
L’un des moments forts de la célébration a été la distribution de luminaires aux paroissiens et aux personnes présentes. Au moment de l’allumage des lampes devant l’autel, les fidèles ont, à leur tour, élevé leurs luminaires. Un geste symbolique, partagé dans un même élan, pour célébrer la fête de lumière et accueillir celle-ci dans leurs cœurs respectifs.
Dans son homélie, le père Piat a d’abord situé la signification de Divali. « Le mot vient du sanskrit Deepavali, ça veut dire rangée de lampes. C’est une grande fête des Lumières de la tradition hindoue. Elle symbolise la victoire de la lumière sur l’obscurité, du bien sur le mal, et de la connaissance sur l’ignorance », dit-il. Évoquant les différentes traditions liées à cette fête en Inde, il a notamment fait état du retour de Rama à Ayodhya, après plusieurs années d’exil et sa victoire sur Ravana, ainsi que la victoire de Krishna dans le Sud du pays. « Alors, nous voulons inviter Dieu à entrer dans les maisons, nettoyées et illuminées », a-t-il souligné.
Pour le prêtre, cette symbolique trouve également un écho dans la foi chrétienne. La lumière reçue de Dieu engage chacun à devenir, à son tour, une source de lumière pour les autres. Mais cette lumière ne saurait rester un symbole ou une démarche individuelle. Elle doit, selon le père Pierre Piat, se traduire par une attention concrète aux souffrances humaines et aux injustices. S’appuyant sur les enseignements du pape, il a lancé une invitation à ne pas détourner le regard des réalités sociales. « Nous ne pouvons pas vivre dans la société les yeux fermés sur le cri des pauvres », s’est-il appesanti, citant notamment les injustices, les discriminations et les situations de précarité. La compassion, a-t-il expliqué, consiste précisément à « accepter de souffrir avec celui qui souffre .»
Le curé a également évoqué plusieurs préoccupations qui touchent directement la population. Le problème du logement, les difficultés du système éducatif, les discriminations à l’emploi et le fléau de la drogue figurent parmi les défis auxquels le pays doit faire face.
De plus, le père Piat a consacré une partie de son homélie à la situation des sans-abri. Il est revenu sur une interpellation du vice-président de la république, environ trois mois auparavant, qui avait conduit à une mobilisation au sein de la paroisse. Un petit groupe de paroissiens a ainsi entrepris d’aller à la rencontre des personnes dormant dans les rues de Curepipe. Au fil de leurs démarches, ils ont recensé entre 30 et 40 personnes, voire davantage, dans cette situation. Depuis plusieurs semaines, des bénévoles organisent des repas à proximité de la gare. Une initiative qui, au-delà de l’aide alimentaire, a permis de créer progressivement des liens avec les bénéficiaires.
« Ce qui touche beaucoup dedans, c’est que petit à petit, il y a comme une amitié qui s’est créée », trouve le prêtre. La paroisse souhaite désormais aller plus loin et envisage la création d’un abri de nuit à Curepipe. Pour le père Piat, cet engagement relève d’une autre logique que celle du rendement économique.

