Le dispositif des services d’urgences, notamment la flotte d’ambulances du SAMU reste une préoccupation pour Franco Quirin. De son côté, le ministre de la Santé, Anil Bachoo, a fait état des contraintes à surmonter en vue d’assurer ce service critique.
« Compte tenu des ressources humaines actuelles, il n’est pas possible d’ajouter des équipes de SAMU supplémentaires assurant une permanence 24 heures sur 24 sans procéder à un recrutement et à une formation adéquats. Le personnel effectue déjà un nombre important d’heures supplémentaires pour maintenir la couverture normale. Et en dépit de cette situation complexe, mon ministère planche déjà sur la mise en place d’une équipe SAMU supplémentaire », explique le ministre Bachoo.
« Le renforcement du SAMU ne peut se limiter à la simple acquisition de véhicules supplémentaires. L’achat d’ambulances pour ce service d’urgence – qui est au cœur de notre système de santé – doit s’accompagner du recrutement, de la formation et de la fidélisation de personnel spécialisé », a-t-il ajouté. Cependant, « bien que les véhicules soient disponibles, les équipes nécessaires pour les faire fonctionner en toute sécurité, 24 heures sur 24, pourraient faire défaut. »
Une équipe du SAMU se compose généralement d’un médecin-urgentiste, de deux membres du personnel infirmier et d’un chauffeur. « Les effectifs actuels comprennent 27 médecins urgentistes, 30 médecins en formation spécialisée – dont le cursus s’achèvera en juin 2027, 72 membres du personnel infirmier déployés à l’échelle nationale au sein du SAMU et des services d’ambulance, 24 agents de régulation et 23 conducteurs », dit-il.
« Je suis pleinement conscient des défis auxquels le SAMU est confronté. Toutefois, la question ne se limite pas aux véhicules. Le service du SAMU ne se résume pas à une ambulance : c’est un service de réanimation mobile qui nécessite une équipe spécialisée, un règlement médical adéquat, des médecins formés, des infirmiers, des conducteurs, un service de maintenance du matériel ainsi qu’un système de régulation capable d’identifier les urgences réelles et de déployer les moyens appropriés », fait-il valoir.
La flotte du SAMU se compose de 15 véhicules, dont 12 sont opérationnels et trois en réparation. Un véhicule supplémentaire du SAMU devrait être livré incessamment, portant ainsi la flotte à 16 véhicules.
Le coût total engagé depuis janvier 2025 pour l’entretien et les réparations des 15 véhicules concernés s’élève à Rs 3 537 040.60. Le délai d’intervention moyen pour les appels d’urgence se situe entre 13 et 17 minutes environ, selon la distance par rapport à l’hôpital ou à la base, la circulation, aux conditions météorologiques, au volume d’appels, à l’efficacité du règlement et la disponibilité de la flotte.
Une ambulance du SAMU peut être dépêchée d’une région vers une autre si cette mesure constitue la réponse opérationnelle la plus appropriée. Par conséquent, nous ne calculons pas les délais d’intervention à l’échelle régionale. La demande de services d’ambulance et de SAMU a considérablement augmenté, non seulement pour les urgences vitales, mais aussi pour d’autres demandes urgentes.
Toutefois, cette hausse de la demande ne s’est pas toujours accompagnée d’une augmentation correspondante des capacités. Le service du SAMU est passé d’environ cinq équipes entre 1997 et 2010 à sept équipes entre 2010 et 2014, puis à une dizaine d’équipes ; il compte aujourd’hui 11 équipes SAMU. Depuis novembre 2024, me ministère a mis en œuvre une politique de renouvellement du parc de véhicules – incluant aussi bien ceux du SAMU que les autres ambulances – en accordant la priorité aux véhicules d’intervention d’urgence sur les véhicules de transport de patients, afin de remédier aux problèmes de vétusté du parc accumulés au fil des années.
Ainsi, l’acquisition d’ambulances et de véhicules du SAMU a été planifiée soit pour l’exercice 2024-25 : cinq ambulances ordinaires ; pour 2025-26 : quatre véhicules du SAMU ; et pour l’exercice 2026-27, deux véhicules du SAMU et de quatre ambulances ordinaires.
« Garantir que, lorsqu’un citoyen mauricien est confronté à une véritable urgence médicale, le système soit capable d’intervenir rapidement, avec professionnalisme et en toute sécurité », s’évertue de rassurer Anil Bachoo.
Formation : 30 médecins au MIH et l’Université de Bordeaux
Franco Quirin s’est appesanti sur le fait que la formation des effectifs est tout aussi importante que l’acquisition de nouvelles ambulances pour améliorer le temps de réponse aux urgences. Ce à quoi le ministre Bachoo a répondu : « c’est dans cette optique que nous augmentons le nombre de véhicules du SAMU. Parallèlement, nous cherchons également à accroître les effectifs. Actuellement, 30 médecins suivent une formation. Il ne s’agit pas de n’importe quel médecin, comme ceux qui exercent en milieu hospitalier, car cette mission requiert une formation complémentaire. Celle-ci est dispensée conjointement par le Mauritius Institute of Health et l’Université de Bordeaux. »


