Dans le cadre du processus de modernisation du cadre législatif mauricien en matière de santé publique, un atelier consultatif consacré au Public Health Bill 2026 a été lancé vendredi dernier par le ministre des Technologies de l’information, de la Communication et de l’Innovation, aussi ministre par intérim de la Santé, Avinash Ramtohul. Organisé conjointement par le ministère de la Santé et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), cet exercice vise à réviser et moderniser la Public Health Act de 1925 afin de renforcer le cadre en matière de santé publique et de l’aligner sur les priorités sanitaires du jour, le Règlement sanitaire international (2005) ainsi que les meilleures pratiques internationales. L’OMS était représentée par le Dr Abdou Salam Gueye. Étaient également présents le directeur général par intérim des services de Santé, le Dr Ashwamedsing Dinassing, le consultant de l’OMS, le Dr Kilinda Kilei Imanuel, ainsi que des professionnels de la santé et des parties prenantes issus de divers secteurs.
Avinash Ramtohul a mis en exergue que la révision de la Public Health Act, vieille de plus d’un siècle, constitue une étape majeure dans l’évolution du système de santé mauricien. Il a indiqué que cette législation de 1925 avait été conçue « pour une époque bien différente », bien avant l’émergence de l’épidémiologie moderne, des antibiotiques, du transport aérien et des réalités complexes auxquelles la santé publique est aujourd’hui confrontée.
Il a également mis en avant les nouveaux défis auxquels Maurice est confrontée, notamment l’émergence de maladies infectieuses, la progression des maladies non transmissibles, les enjeux liés à la santé mentale, ainsi que l’impact croissant de la digitalisation du secteur de la santé. Il estime que les évolutions exigent un cadre juridique plus robuste et adapté aux réalités contemporaines.
Le ministre par intérim de la Santé a également fait comprendre que la transformation numérique de la santé et la mise en place de systèmes d’information intégrés sont essentielles pour améliorer la prestation des soins. Il a indiqué que le déploiement en cours du système de santé numérique (e-health) permet un accès sécurisé aux dossiers médicaux dans les hôpitaux, garantissant ainsi une prise en charge plus rapide et plus efficace des patients. Il s’est aussi attardé sur l’importance de la protection des données, de la gestion éthique des dossiers médicaux électroniques ainsi que de la préparation du système de santé face aux situations d’urgence sanitaire.
De leur côté, les Dr Abdou Salam Gueye et Ashwamedsing Dinassing ont abordé l’importance du Public Health Bill 2026 pour le renforcement du système de santé et de la gouvernance sanitaire. Le Dr Dinassing a ainsi évoqué la nécessité d’un cadre juridique pratique et opérationnel afin de garantir des réponses rapides, coordonnées et responsables face aux urgences sanitaires. Quant au Dr Gueye, il a appelé à davantage d’innovations, au renforcement des soins de santé primaires, à la transformation numérique du secteur et à une meilleure préparation face aux menaces sanitaires mondiales.
Le programme gouvernemental 2025–29 et le discours du budget 2025–26 prévoient la révision et la modernisation de la Public Health Act de 1925, incluant la création d’un organisme de régulation de la santé chargé de superviser les services de santé, le contrôle de la qualité, les tests de médicaments ainsi que la tarification des services. Dans ce contexte, le consultant Dr Kilinda Kilei Imanuel apportera son soutien au ministère de la Santé.
SANTÉ — Public Health Bill 2026 : Consultations pour moderniser la législation sanitaire
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