MONEY PRINTING -Opération Savat Dodo Fos Koin : La Banque de Maurice porte plainte contre Renganaden Padayachy

La Banque de Maurice (BoM) n’a jamais fait imprimer et transférer Rs 83 milliards au gouvernement. C’est la réponse donnée par le Premier ministre, Navin Ramgoolam, à une interpellation du député Ashley Ramdass. En marge de l’opération Savat Dodo Fos Koin, cette allégation de l’ancien ministre des Finances, Renganaden Padayachy, est « entièrement fausse, sans fondement et malveillante », a-t-il précisé. Il a également confirmé que la Banque centrale a rapporté l’affaire au Central CID le 16 mai.

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Pour le Premier ministre, une telle déclaration de l’ancien ministre des Finances est non seulement fausse, mais reflète également une tentative flagrante de déformer les faits et d’induire le public en erreur. « Il s’agit d’une pure malhonnêteté intellectuelle. Cela conduit potentiellement à la conclusion que l’ancien ministre ne comprend pas les bases de l’économie monétaire », s’indigne-t-il.

Afin de rétablir la vérité et la responsabilité publique, la Banque de Maurice a pris une série de mesures, a-t-il précisé. D’abord, elle a immédiatement publié un avis pour démentir publiquement cette allégation. La Banque a ainsi informé toutes les parties prenantes et le public en général que les informations relatives à l’activité monétaire pouvaient être facilement consultées dans son bulletin statistique mensuel, publié sur son site Web.
La Banque centrale a également fourni à la presse des données pertinentes, accompagnées d’un texte explicatif, afin de garantir qu’elle dispose d’informations exactes et d’éviter toute mauvaise interprétation dans l’analyse de la question. De même, elle a maintenu une communication régulière avec les médias et leur a fourni toute clarification supplémentaire requise sur cette affaire.

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Finalement, après consultation avec son équipe juridique, la Banque de Maurice a consigné une déclaration au Central CID le 16 mai concernant ces informations « très graves, fausses et malveillantes », faites par l’ancien Grand Argentier du gouvernement Jugnauth. Le Premier ministre a souligné qu’une telle allégation, portant atteinte aux institutions financières, « ne sera pas tolérée ».

Il est revenu sur le fait que lorsque le MSM était au gouvernement, la Banque de Maurice avait fait imprimer Rs 181,5 milliards, dont une partie avait été transférée au gouvernement. Le reste a été utilisé pour financer la Mauritius Investment Company Ltd. Un montant total de Rs 97 milliards a été transféré au gouvernement durant la période de 2019 à 2024 comme suit : Rs 18 milliards en décembre 2019 pour le remboursement de la dette extérieure; Rs 15 milliards en avril 2020 à travers la souscription à une obligation du gouvernement de Maurice sur cinq ans; Rs 55 milliards durant les mois d’août 2020 et septembre 2020 comme contribution exceptionnelle au budget; et Rs 9 milliards à la Development Bank of Mauritius Ltd, à l’Industrial Finance Corporation of Mauritius Ltd et à la State Investment Corporation Ltd, sous forme de lignes de crédit.

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De même, un montant additionnel de Rs 3,5 milliards a été transféré à la National Property Fund Ltd à travers une ligne de crédits avant 2019. La Mauritius Investment Corporation Ltd a été entièrement financée par du Money Printing à hauteur de Rs 81 milliards.
Le Premier ministre a aussi indiqué que le précédent gouvernement a amendé la Bank of Mauritius Act à deux reprises. D’une part, en 2019 à travers la Finance (Miscellaneous Provisions) Act 2019, afin de permettre à la Banque centrale de transférer de l’argent imprimé au gouvernement pour le remboursement de la dette extérieure. « Cela ne s’était jamais produit auparavant », a-t-il souligné. D’autre part, en 2020, à travers la Covid-19 (Miscellaneous Provisions) Act 2020, la Banque de Maurice était autorisée à transférer de l’argent imprimé au gouvernement afin de financer le déficit budgétaire.

Une situation qui a mené le Premier ministre à dire : « Il est clair que la Banque centrale finançait directement les dépenses gouvernementales par l’impression de billets. Cela constituait la monétisation du déficit budgétaire dans sa forme la plus pure. Les fonds en question ne provenaient pas de réserves accumulées, comme l’a affirmé à plusieurs reprises, l’ancien ministre des Finances, mais bien de la création pure et simple de nouvelle monnaie par la Banque centrale elle-même. »

De plus, a poursuivi Navin Ramgoolam, la MIC avait été créée initialement comme moyen de soutenir les entreprises systémiques, mais elle s’est transformée en véhicule à travers lequel d’importantes sommes ont été acheminées vers des associés et bénéficiaires étroitement liés à l’ancien ministre des Finances. « Cette monstruosité financière a affaibli le bilan de la Banque centrale et constitue un passif éventuel potentiel pour le gouvernement », s’indigne-t-il. Cette impression « irresponsable » de billets de banque sous l’ancien gouvernement, a poursuivi le Premier ministre, a eu « des conséquences dévastatrices sur l’économie ».

De même, la consommation excessive, alimentée par la quantité substantielle de monnaie créée, a entraîné une augmentation dramatique du déficit commercial visible. « L’impression de monnaie a affaibli le bilan de la banque et réduit sa capacité à mettre en œuvre une politique monétaire efficace. Tel était le bilan désastreux du précédent gouvernement et l’héritage de l’ancien ministre des Finances », a ajouté le Premier ministre.

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