- Des dysfonctionnements de taille de l’enquête policière évoqués par la défense
John Mick Martingale, dont la mort suspecte à la prison de Beau-Bassin en 2024 fait actuellement l’objet d’une enquête judiciaire, faisait partie d’un réseau de drogue international. C’est ce qu’a admis l’inspecteur Bsomi, hier, lors de son contre-interrogatoire par Me Shameer Hussenboccus, assurant la défense de l’Ukrainienne Mariia Peresolkina. Il a aussi évoqué plusieurs dysfonctionnements de l’enquête policière relative à cette affaire.
Le procès de L’Ukrainienne Mariia Peresolkina, 28 ans, pour importation of dangerous drugs with an averment of trafficking, a repris ce mardi 30 juin 2026 devant le juge Iqbal Maghooa, siégeant en Cour d’assises. En ce qui concerne les dysfonctionnements de taille dans l’enquête policière par rapport à cette affaire, il relève que John Mick Martingale, Mariia Peresolkina et Olega Levina avaient été arrêtés à l’aéroport SSR le 29 octobre 2022, avec deux bouteilles contenant de la drogue synthétique liquide retrouvées dans les bagages de Mariia Peresolkina. Mais ce n’est que cinq mois plus tard que la police avait consigné un premier Statement de Martingale.
L’inspecteur Bsomi a admis que la célérité est de mise dans toute affaire de drogue, pour empêcher que des suspects et des témoins ne s’évanouissent dans la nature et pour sécuriser les preuves. Selon les explications fournies par l’officier de police, Martingale aurait expliqué qu’il comptait consigner un Statement une fois que le Forensic Science Laboratory (FSL) aurait rendu son rapport sur le contenu de deux bouteilles. Me Hussenboccus a rétorqué qu’il ne voyait pas cela comme normal qu’un prévenu puisse dicter à la police la direction d’une enquête.
L’inspecteur Bsomi concède que rien dans les Statements de John Mick Martingale n’incriminait Mariia Peresolkina.
Aussi, selon les admissions de l’inspecteur Bsomi, le contenu du laptop de John Mick Martingale n’avait pas été passé au crible par l’IT Unit de la police, et cela pour des raisons dépassant l’entendement, notamment que la batterie de cet appareil était à plat, selon les explications qui lui avaient été fournies par l’IT Unit de la police. Il a également admis qu’il n’a rien fait auprès de cette unité pour remédier à la situation.
L’inspecteur Bsomi a ajouté qu’il reconnaissait qu’il était important d’avoir accès au contenu de ce laptop, vu que Martingale était soupçonné d’appartenir à un réseau de drogue aux ramifications internationales, et d’autant plus qu’il était soupçonné de procéder à des transactions de drogue en se servant de la cryptomonnaie comme moyen de paiement.
L’inspecteur Bsomi a aussi été pris dans une contradiction de taille. Il a affirmé qu’il ne connaissait pas une ressortissante ukrainienne établie à Maurice dénommée Katerina Kononova, alors que Me Hussenboccus a fait ressortir que c’était lui-même qui avait antérieurement mentionné le nom de cette personne lors de son interrogatoire par le représentant du Directeur des Poursuites Publiques (DPP).
Le contre-interrogatoire de l’inspecteur Bsomi a confirmé que la dénommée Katerina Kononova avait fait des réservations des billets d’avion pour permettre à John Mick Martingale, Mariia Peresolkina et Olega Levina de faire le déplacement à Maurice depuis Bruxelles. Or, l’inspecteur Bsomi reconnaît qu’il n’avait pas poursuivi cette piste prometteuse en interrogeant Katerina Kononova, alors que cette ressortissante ukrainienne habitait à Flic-en-Flac.
Là où le mystère s’épaissit : le mari de cette ressortissante ukrainienne, un Mauricien, le dénommé Kevin Édouard, avait trouvé la mort à un mois d’intervalle du décès de John Mick Martingale en 2024, apparemment mort d’une overdose.
Mariia Peresolkina et Olega Levina, deux ressortissantes ukrainiennes, avaient été arrêtées à l’aéroport SSR le 29 octobre 2022, après la découverte de deux bouteilles remplies d’un liquide contenant du cannabis synthétique, d’une valeur marchande dépassant Rs 44 millions, dans les bagages de Mariia Peresolkina.
Martingale avait été retrouvé pendu dans sa cellule de la prison de Beau-Bassin le 8 septembre 2024 aux petites heures du matin. Une contre-autopsie effectuée par un médecin légiste sud-africain, dont les services ont été retenus par la famille Martingale, avait conclu qu’il y avait eu Foul Play dans cette mort. Une enquête judiciaire, menée devant la Cour de district de Rose-Hill, essaie de faire la lumière sur ce décès.
Le procès de Peresolkina reprendra à une date qui sera notifiée aux parties par circulaire.

