Le manque d’effectifs, les conditions de travail et la rémunération des policiers ont été au centre d’une conférence de presse de la Police Fighters Union (PFU) ce mercredi. Le syndicat estime que la force policière fait face à des défis grandissants alors que les recrutements ne suivent pas le rythme des départs et des besoins opérationnels.
Les représentants de la PFU ont souligné que le métier de policier reste l’un des plus exigeants du service public. Ils rappellent que les policiers travaillent de jour comme de nuit, les week-ends et les jours fériés, tout en étant régulièrement exposés à des situations dangereuses, à des agressions et à une forte pression psychologique.
Le syndicat s’est dit préoccupé par les effectifs disponibles sur le terrain. Selon ses dirigeants, plusieurs centaines de policiers prennent leur retraite chaque année alors que le nombre de nouvelles recrues demeure insuffisant pour combler les postes vacants. Cette situation exerce une pression supplémentaire sur les agents en poste, qui doivent assumer une charge de travail croissante.
Sur les quelque 800 policiers recrutés ces dernières années, seuls 425 seraient encore en poste et 25% sont de Rodrigues selon la Police Fighters Union (PFU). Le syndicat estime que le manque d’effectifs devient préoccupant au sein de la force policière, alors que les départs à la retraite se multiplient et que les besoins opérationnels augmentent.
La PFU estime que cette pénurie de personnel pourrait avoir des répercussions sur l’efficacité des services de police et sur la sécurité publique. Elle appelle ainsi les autorités à accélérer le recrutement de nouveaux policiers afin de garantir un niveau de service adéquat à travers le pays.
Les syndicalistes ont également évoqué les risques auxquels sont confrontés les policiers lors d’interventions. Ils plaident pour l’acquisition d’équipements modernes, notamment des moyens de neutralisation non létaux, afin de permettre aux forces de l’ordre de maîtriser des individus violents tout en réduisant les risques de blessures pour les policiers comme pour les personnes interpellées.
La PFU a salué l’enveloppe de Rs 14,8 milliards allouée au secteur de la sécurité dans le Budget 2026-2027. Le syndicat a notamment pris note des Rs 125 millions prévus pour l’acquisition de véhicules ainsi que des Rs 530 millions destinés à l’achat d’équipements pour la police. Toutefois, ses représentants estiment que ces investissements matériels doivent être accompagnés d’un renforcement des effectifs et d’une amélioration des conditions de travail. Selon eux, les véhicules et les équipements, aussi importants soient-ils, ne pourront à eux seuls répondre aux défis auxquels la police est confrontée sur le terrain.
Le syndicat réclame enfin une meilleure reconnaissance du métier de policier, affirmant que les responsabilités assumées quotidiennement par les membres de la force méritent une rémunération et des conditions à la hauteur des exigences du terrain.

