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L’excès de vitesse demeure le problème majeur des conducteurs mauriciens
Le deuxième rapport consacré au système de permis à points, couvrant la période du 31 janvier au 31 juillet 2026, fait apparaître une baisse de plusieurs infractions à haut risque. Les chiffres suggèrent un premier effet dissuasif, notamment pour l’usage du téléphone au volant, le non-port de la ceinture et le non-respect de la signalisation. Mais avec près de 16 000 contraventions recensées dans les cinq principales catégories, il serait prématuré de crier victoire. Le dispositif doit désormais gagner en rapidité, en visibilité et en efficacité.
Le Conseil des ministres a pris note du deuxième rapport sur le fonctionnement du système de permis à points. Sur les six mois étudiés, les autorités ont relevé 15 999 infractions dans les cinq principales catégories retenues.
Les excès de vitesse arrivent très largement en tête, avec 7 570 contraventions constatées au moyen des radars fixes et des appareils mobiles. Ils représentent près de la moitié des infractions relevées dans ces cinq catégories.
Le non-port de la ceinture de sécurité suit avec 3 607 cas, tandis que 2 362 conducteurs ont été verbalisés pour avoir utilisé un téléphone ou un microphone tenu en main au volant. Les autorités ont également recensé 1 692 véhicules équipés de lampes non autorisées et 768 infractions liées au non-respect de la signalisation, notamment le franchissement d’une ligne blanche continue.
Ces chiffres confirment que des comportements pourtant connus pour leur dangerosité restent profondément installés dans les habitudes de conduite.
Le téléphone au volant en recul
Le premier signal encourageant concerne l’utilisation du téléphone ou d’un appareil tenu en main pendant la conduite. Après la révision, le 6 juin 2026, du nombre de points de pénalité applicable à cette infraction, les cas recensés sont passés de 1 305 au premier trimestre à 1 057 durant le trimestre se terminant le 31 juillet. Cela représente une baisse de 248 infractions, soit environ 19 %.
La chronologie laisse penser que le durcissement du barème a pu produire un effet dissuasif. Cette évolution devra néanmoins être observée sur une période plus longue avant de pouvoir attribuer la baisse au seul permis à points. Le nombre de contrôles effectués, les lieux où ils ont été menés et l’intensité des campagnes de sensibilisation peuvent également influer sur les résultats.
Il reste que le téléphone au volant demeure l’une des infractions les plus préoccupantes. En détournant simultanément le regard, les mains et l’attention du conducteur, son utilisation multiplie les risques, même lorsque la distraction ne dure que quelques secondes.
Des baisses encourageantes
Le rapport relève également une diminution de plusieurs autres infractions à haut risque.
Les contraventions pour non-port de la ceinture sont passées de 799 en mars à 456 en juillet, soit un recul d’environ 43%. Les infractions aux feux de circulation ont chuté de 168 en février à 71 en juillet, ce qui représente une baisse de près de 58%.
Les infractions liées au franchissement d’une ligne blanche continue et au non-respect de la signalisation sont, pour leur part, passées de 137 en février à 99 en juillet, soit un recul d’environ 28%.
Ces tendances montrent que la menace de perdre des points peut modifier les comportements. Contrairement à une simple amende, parfois considérée par certains comme le prix à payer pour une infraction, le permis à points introduit une conséquence progressive pouvant aller jusqu’à la perte du droit de conduire. Pour de nombreux automobilistes, notamment ceux dont l’emploi dépend du permis, cette perspective constitue un puissant moyen de dissuasion.
Mais une baisse mensuelle ne signifie pas nécessairement que les mauvaises habitudes ont disparu. Elle peut aussi traduire une modification temporaire des comportements après l’introduction d’une sanction plus sévère. L’efficacité réelle du système devra être mesurée dans la durée, en tenant compte du nombre de contrôles et de l’évolution des accidents.
La vitesse demeure le principal problème
Avec 7 570 contraventions, les excès de vitesse restent de loin la première infraction constatée. Ce chiffre montre les limites actuelles du dispositif.
Les radars fixes jouent un rôle utile, mais leur emplacement devient rapidement connu des automobilistes. Certains ralentissent à leur approche avant d’accélérer de nouveau quelques centaines de mètres plus loin. Les contrôles mobiles doivent donc être intensifiés et répartis selon les zones, les horaires et les axes présentant les risques d’accident les plus élevés.
Les 1 692 infractions concernant des lampes non autorisées méritent également une attention particulière. Ces équipements peuvent éblouir les autres usagers, réduire leur visibilité et augmenter les risques durant la nuit ou par mauvais temps. Cette infraction, souvent considérée comme secondaire, touche pourtant directement à la sécurité de tous.
Renforcer sans se limiter à punir
Le permis à points doit être renforcé, mais cela ne signifie pas seulement augmenter les sanctions. Un système dissuasif repose d’abord sur la certitude d’être contrôlé et sur la rapidité avec laquelle les points sont inscrits au dossier du conducteur.
Les autorités doivent donc s’assurer que les infractions constatées sont traitées sans retard, que les automobilistes sont rapidement informés de leur solde de points et que les récidivistes font l’objet d’un suivi particulier. Lorsque plusieurs mois s’écoulent entre l’infraction et son enregistrement, l’effet pédagogique de la sanction s’affaiblit.
Il conviendrait également de publier régulièrement des données détaillées sur le nombre de contrôles, les points attribués, les récidives, les suspensions de permis et les accidents liés aux principales infractions. Cette transparence permettrait d’évaluer objectivement l’efficacité du système et d’adapter les mesures.
Des stages obligatoires de sensibilisation ou de remise à niveau pourraient aussi être imposés aux conducteurs accumulant rapidement des points. L’objectif ne doit pas seulement être de retirer de la route les automobilistes dangereux, mais aussi de corriger leur comportement avant qu’un accident ne survienne.
Un premier signal, pas encore une victoire
Les baisses enregistrées entre février, mars et juillet constituent un signal positif. Elles indiquent que les conducteurs peuvent modifier leurs habitudes lorsqu’ils comprennent que l’infraction aura une conséquence directe sur leur permis.
Mais les 15 999 contraventions relevées dans les cinq principales catégories rappellent l’ampleur du problème. La vitesse, le téléphone au volant, le non-port de la ceinture et le mépris de la signalisation continuent de mettre quotidiennement des vies en danger.
Le permis à points commence peut-être à produire ses effets. Il doit maintenant être appliqué avec constance, renforcé par des contrôles ciblés et accompagné d’un véritable travail de prévention. Car sur la route, les points doivent faire réfléchir avant que les accidents ne viennent compter les morts.

