La Platform Komun Syndikal (PKS) invite le public à descendre dans les rues de Port-Louis samedi pour participer à une marche pacifique. L’objectif est de protester contre la réforme du système de pension dans sa forme actuelle et de faire entendre la voix des travailleurs sur des sujets qui les préoccupent, notamment la hausse du coût de la vie.
Rencontrant la presse cette semaine, le président de la Fédération des Travailleurs Unis (FTU), Atma Shanto, a souligné que les travailleurs qui estiment que leurs emplois sont menacés sont également invités à participer à cette marche pacifique. Il a aussi réitéré que le gouvernement a l’obligation de faire respecter le dialogue social.
La secrétaire générale de la Confédération des Travailleurs des Secteurs Public et Privé (CTSP), Jane Ragoo, a fait ressortir que c’est grâce à la mobilisation du mouvement syndical que le gouvernement est revenu sur la réforme du système de pension dans sa forme initiale. Cependant, le montant de la pension universelle a été revu à la baisse pour les futurs pensionnés.
Le président de la CTSP, Reeaz Chuttoo, a déclaré que les Mauriciens sont aujourd’hui confrontés à de sérieuses difficultés financières pour joindre les deux bouts. Il a également relevé un taux de chômage élevé chez les femmes. « Nous lançons un appel à tout le monde pour venir exprimer ses préoccupations de manière pacifique lors de cette marche », a-t-il déclaré.
Le président du Mauritius Labour Congress (MLC), Haniff Peerun, a, pour sa part, évoqué les difficultés rencontrées par les jeunes Mauriciens sur le marché de l’emploi. Pour lui, certains, après avoir terminé leurs études, se voient contraints de quitter le pays pour chercher du travail à l’étranger, alors que des travailleurs étrangers sont recrutés dans plusieurs secteurs à Maurice.
« Cette situation n’existait pas dans la fonction publique. Aujourd’hui, avec la décision du gouvernement de recruter des Nursing Officers et des infirmiers étrangers dans les hôpitaux, nous risquons de créer un précédent. Tout le monde pourrait finir par croire que les étrangers pourront également obtenir le statut de fonctionnaire. Pourtant, de jeunes diplômés mauriciens ont déjà soumis leur candidature pour des postes de Nursing Officers dans la fonction publique et attendent toujours que leurs demandes soient approuvées », fait-il comprendre.
Pour toutes ces raisons, il estime que la population doit se mobiliser et descendre dans les rues de Port-Louis. Il trouve également anormal que des fonctionnaires déjà à la retraite soient appelés à reprendre du service. « Si nous n’y prenons pas garde face au recrutement de travailleurs étrangers dans le pays, nous risquons de nous retrouver un jour dans une situation où les Mauriciens deviendront des locataires dans leur propre pays. Il est temps de prendre notre destin en main et de descendre dans la rue pour dire Enough is enough », a-t-il lancé.
De son côté, Ashvin Gudday, membre de la plateforme, a souligné que le mouvement syndical constitue un rempart contre les dérives du pouvoir et joue un rôle essentiel dans la défense de la justice sociale. « Nous avons constaté que, depuis l’arrivée au pouvoir de ce gouvernement, une certaine désillusion s’est installée par rapport aux promesses faites dans le passé. Nous ne cautionnons toutefois pas la violence. La violence n’est une solution », maintient-il.

