Tirs Croisés – Compensation salariale : Où chercher le juste compromis ?

À quelques semaines des négociations tripartites, l’urgence d’une compensation salariale à même d’apaiser la souffrance du peuple face à une crise économique d’une rare ampleur ne peut être niée. Mais comment répondre à ce besoin quand du côté des entreprises, l’on souligne que toutes ne seraient pas en mesure de le faire vu leur situation financière. Où alors chercher le juste compromis ?

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Jane Ragoo, de la Confédération des travailleurs des secteurs privé et public (CTSP), soutient que certaines entreprises, comme dans l’hôtellerie et le secteur de la distribution, affichent une très bonne performance. Si elle reconnaît que toutes n’ont pas les moyens de payer la compensation, « le fait demeure qu’il faut une compensation salariale appropriée dans la conjoncture», sans quoi nous serons témoins de manifs et d’une crise sociale. « Nous sommes un petit peuple de seulement 1,3 million d’habitants. Le gouvernement peut très bien demeurer un Caring Government et anticiper la souffrance du peuple sans cette compensation. » Pour elle, l’esprit de solidarité et de partage doit primer car « il faut aider le petit peuple mais aussi la classe moyenne, car elle aussi subit une baisse drastique au niveau de son pouvoir d’achat. »

Tout en reconnaissant que « le contexte est inédit cette année, avec une inflation galopante », Pradeep Dursun, Chief Operating Officer (COO) de Business Mauritius, fait voir que « les coûts ont augmenté pour les familles, mais aussi pour les entreprises ». Lors des prochaines discussions tripartites, il dit s’attendre  « qu’il n’y ait pas seulement des revendications, mais des discussions franches et courageuses, et voir comment concilier le côté social et économique ». Il ajoute que la compensation salariale n’est pas une somme anodine ou ponctuelle. « C’est une somme qui devra être absorbée dans les coûts des opérations des entreprises. »

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Mubarak Sooltangos, observateur économique et consultant en Marketing and Strategy, admet de même qu’il y a urgence de rétablir « ne serait-ce que partiellement le pouvoir d’achat des ménages ». Néanmoins, ajoute-t-il : « le réflexe mécanique d’accorder une compensation salariale généralisée n’est pas la meilleure solution. Une augmentation de salaires augmente la masse monétaire, ce qui provoque l’inflation. » Il penche davantage pour une augmentation des subventions, qui seraient financées soit par une baisse des dépenses publiques, soit par une augmentation de la fiscalité dans les secteurs porteurs. Tout en soulignant les gains conséquents de l’État cette année au niveau des recettes fiscales, il estime que « le compromis le plus juste est de faire financer l’amélioration du pouvoir d’achat partiellement par une augmentation des salaires par les entreprises et partiellement par le gouvernement à travers un allégement de la fiscalité et une augmentation des subventions ».

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JANE RAGOO (CTSP) :« La solidarité doit primer ! »

Les négociations sur la compensation salariale auront lieu en décembre et, déjà, les syndicalistes soulignent l’urgence d’une compensation salariale capable d’atténuer les effets de la chute drastique du pouvoir d’achat, alors que le secteur privé remet en question la capacité pour toutes les entreprises à satisfaire cette demande…

Quand on parle de compensation salariale, il ne faut pas mettre toutes les entreprises dans le même panier. La crise internationale n’affecte pas toutes les entreprises de la même manière. Certaines affichent une très bonne performance, comme l’hôtellerie et le secteur de la distribution. Il suffit de faire un relevé de toutes ces entreprises qui ont la capacité de payer.

Si certaines entreprises ne pourront pas payer, le fait demeure qu’il faut une compensation salariale, surtout que le taux d’inflation est à deux chiffres. Il faudra certainement des discussions franches, car le but final, c’est que tout le monde puisse continuer à avoir de quoi manger chez lui.

La situation est urgente ?

Certes. Comme l’an dernier, la CTSP viendra de l’avant avec une proposition qui comprendra deux volets : une compensation en janvier et une autre en juillet, étant donné que la Banque mondiale a annoncé une récession grave en 2023. On le sait bien : comme on donne une compensation salariale en janvier, les prix prennent l’ascenseur et les consommateurs se retrouvent à la case départ. Le gouvernement devra certainement apporter son soutien à cela tout en sachant que le gouvernement ne devrait pas soutenir tous les patrons. Il faudra mettre sur table ceux qui ne peuvent vraiment pas payer et ceux qui peuvent payer.

C’est le bilan financier de la compagnie qui donnera une indication. Mais au-delà de tout cela, il faut que tous salariés, surtout ceux au bas de l’échelle, puissent avoir une compensation leur permettant de manger à leur faim.

Avez-vous une idée de la fourchette que la CTSP demandera comme compensation ?

Nous devons d’abord analyser le coût du panier ration. Ce n’est qu’ensuite qu’on viendra avec un chiffre. Nous montrons toujours pourquoi nous proposons tel ou tel chiffre.

Le ministre des Finances lui-même anticipe de fortes reprises économiques, soulignant que le taux de croissance, le PIB et l’exportation sont au vert…

Peu importe, il faut trouver les moyens pour une compensation salariale appropriée au contexte actuel, sans quoi nous serons témoins d’une crise sociale. Les prix augmenteront. Nous sommes un petit peuple de seulement 1,3 million d’habitants. Le gouvernement peut très bien demeurer un Caring Governement et anticiper la souffrance du peuple si on ne donne pas cette compensation salariale.

Certaines entreprises ne sont certes pas en mesure de payer la compensation salariale. Quels moyens existe-t-il pour les aider ?

Il existe des prêts que les compagnies peuvent contracter auprès de différentes banques, dont la DBM. Elles peuvent bénéficier de prêts à des taux d’intérêt très faibles ou sans intérêt. La reprise viendra dans un an ou deux. Il ne faut pas oublier que les employés d’une compagnie représentent ses biens. C’est comme sa famille. Il faut être en mesure de l’aider. Pour cela, il faut trouver des moyens, comme des prêts bancaires.

Que devrait-on prendre en considération pour calculer une compensation salariale? 

Il faut d’abord étudier le taux d’inflation, le pouvoir d’achat, la capacité des entreprises à payer. Toutefois, s’agissant de la capacité des entreprises à payer, il faut que celles ne pouvant le faire le prouvent et qu’elles ne se contentent pas de dire « non » et crier au loup.

De toute façon, depuis que je suis dans le monde syndical, toutes les années, les compagnies disent ne pas être en mesure de payer. Or, cette année n’est pas une année comme les autres. Depuis trois ans, les gens souffrent. C’est le mot solidarité qui doit primer. Il faut aider le petit peuple, mais aussi la classe moyenne, car elle aussi subit une baisse drastique au niveau de son pouvoir d’achat. Ceux touchant au-dessus de Rs 100 000 ne sentiront pas tant les effets de la crise. Mais ceux qui ont des enfants qui étudient à l’université à l’étranger et une série de dépenses qu’il faut continuer à payer.

Une taxe temporaire sur les entreprises brassant beaucoup de profits… Pensez-vous que cela puisse aider ?

Dans les propositions de la CTSP dans le cadre du budget, nous n’avions pas proposé une taxe temporaire, mais nous avions suggéré que toutes compagnies qui font des profits doivent pouvoir les partager. La taxe peut aller dans un fonds de solidarité pour pouvoir aider à payer les subsides et la compensation salariale.

Alteo a accédé à une révision salariale de plus de 15% et à une parité salariale entre hommes et femmes. Un exemple à suivre pour le secteur privé ?

En ce qui concerne la parité salariale, la Workers Rights Act de 2020 et même la loi précédente soulignaient qu’il ne faut pas de discrimination entre homme et femmes. La loi actuelle met davantage l’accent dessus. Par ailleurs, Maurice est signataire de conventions internationales où nous sommes tombés d’accord depuis longtemps à l’effet qu’il ne faut pas de discrimination entre hommes et femmes sur le salaire pour travail égal. C’est un exemple donc à suivre. Et les entreprises qui ne le font pas enfreignent la loi et seront pénalisées.

Le mot de la fin… 

La compensation salariale est un exercice qui doit se poursuivre et, cette année surtout, il faut des débats francs. L’important, c’est qu’il y ait la solidarité et le partage pour pouvoir maintenir une stabilité dans le pays et éviter des manifs et une crise sociale. Nous espérons que le bon sens prévaudra. Je lance un appel aux patrons pour qu’ils se montrent solidaires et que nous vivions bien dans notre petite île.

PRADEEP DURSUN (Business Mauritius) : « Il faudra des discussions  franches et courageuses »

Les négociations sur la compensation salariale auront lieu en décembre et, déjà, les syndicalistes soulignent l’urgence d’une compensation salariale capable d’atténuer les effets de la chute drastique du pouvoir d’achat, alors que le secteur privé remet en question la capacité pour toutes les entreprises à satisfaire cette demande…

Nous savons tous que les réunions tripartites annuelles sur la compensation salariale restent un événement phare dans le calendrier économique du pays. Nous savons aussi que le contexte est inédit cette année, avec une inflation galopante. Les coûts ont augmenté pour les familles, mais aussi pour les entreprises.

Au niveau des discussions, nous nous attendons qu’il n’y ait pas seulement des revendications, mais aussi des discussions franches et courageuses, que tout le monde ait une lecture commune de ce qui se passe et voir comment concilier le côté social et économique. Dans une situation d’inflation galopante, ce sont des ménages plus modestes qui ont plus de difficultés. La nécessité de compenser ceux qui sont plus pénalisés par l’inflation est un principe auquel le secteur privé souscrit déjà. On note avec satisfaction que l’État est intervenu avec des mesures d’accompagnement, qui ont beaucoup soulagé les ménages.

Justement, après tous ces efforts de l’État, certains soutiennent qu’il reste aux entreprises à apporter leur pierre à l’édifice…

Au niveau du privé, nous ne sommes pas restés insensibles. Bien des entreprises ont pris des initiatives pour soulager leurs employés. Certains ont fait des révisions salariales, d’autres ont offert des bons d’achat ou revu leur politique salariale. Dans certains secteurs, les syndicats et les employeurs ont négocié des accords collectifs. C’est vrai que l’État a fait beaucoup, certaines entreprises aussi. Malgré tout, on croit comprendre qu’il y a une attente pour la compensation salariale.

Il faut souligner que la compensation salariale n’est pas une somme anodine ou ponctuelle. C’est une somme qui devra être absorbée dans les coûts des opérations des entreprises, qui est intégrée dans la grille salariale. Ce n’est pas un impact On/Off comme le boni de fin d’année.

D’où l’importance que lors des prochaines négociations, on ne vienne pas seulement avec des revendications. Il nous faudra une bonne maîtrise des réalités du terrain à travers les chiffres de Statistics Mauritius, les coûts de production, la capacité des secteurs, la capacité de l’économie d’absorber la compensation salariale… Nous savons tous qu’une compensation salariale, très souvent, coûte des milliards, dépendant du montant qui est payé.

Les statistiques montrent que nombre d’entreprises ont non seulement remonté la pente depuis la pandémie, mais affichent des profits confortables. Le ministre des Finances lui-même anticipe de fortes reprises économiques, soulignant que le taux de croissance, le PIB et l’exportation sont au vert…

Ce n’est pas une situation généralisée. Dans certains secteurs, il y a une croissance. Il y a des entreprises qui sont profitables. Évidemment, notre positionnement sur ce point a toujours été le même. Ceux qui ont la capacité de ne pas seulement payer la compensation salariale, mais de valoriser davantage leurs employés, devraient payer plus. Mais de là à venir dire que si une grosse entreprise est profitable, l’ensemble des entreprises du secteur est profitable et qu’il faut imposer une compensation pour tous les acteurs économiques…

Quels moyens pour aider celles n’étant pas en mesure de payer la compensation salariale ?

Avant tout, il faut s’assurer qu’il y a l’élaboration de politiques qui permettent à ces entreprises d’opérer convenablement, soit un Business Enabling Environment comme condition Sine Qua Non.

Il faut aujourd’hui concilier le Ease and Cost of Doing Business avec le Ease of Living. On ne peut s’appesantir uniquement que sur le Ease of Living, soit le social seulement, car encore faut-il créer les conditions pour que les entreprises arrivent au moins à être profitables et à partager à ce moment les bénéfices aux employés. Là où les entreprises ont la capacité de payer, il n’y aura pas de problème, mais dans d’autres secteurs, comme les entreprises affectées par le contexte international, qui reste parfois très incertain, il faut qu’elles trouvent des mécanismes de soutien.

Dans le passé, l’État avait trouvé le juste milieu : des stratégies ciblées pour soutenir certaines entreprises dans certains secteurs. On le voit de plus en plus : après chaque compensation salariale, l’État vient avec des mesures de soutien pour ceux qui ont des difficultés à payer cette compensation dans un premier temps. In Fine, on aimerait avoir des secteurs performants où on n’attend pas la compensation salariale pour revoir les conditions d’emploi.

Une taxe ponctuelle sur les entreprises brassant des profits énormes. Pensez-vous que cela puisse aider ?

Chacun a sa petite idée. Mais face aux défis que nous avons, il faut des discussions franches et courageuses cette année. Il faut comprendre cette inflation que nous avons actuellement. C’est une inflation importée, qui atteindra un summum quelque part et qui sera résorbée par la suite. Il faut savoir comment traiter une inflation importée qui a atteint son pic, parce qu’en donnant simplement une compensation monétaire sur l’inflation, on remet en circulation une plus grande masse de monnaie. Si on ne fait pas attention, cela accentuera l’inflation.

Je ne veux pas jouer au magicien qui dira que telle chose va arriver. Il faut lors des rencontres entre partenaires sociaux trouver le Right Mix of Policies. Tout le monde est logé à la même enseigne. Personne ne peut dire qu’il a la solution. Il ne faut pas une vue de myope, mais voir les enjeux à long terme et, surtout, ce qui est essentiel, c’est de concilier le Ease and Cost of Doing Business avec le Ease of Living. 

MUBARAK SOOLTANGOS : « Un allégement de la fiscalité  et une hausse des subventions »

Les négociations sur la compensation salariale auront lieu en décembre et déjà, les syndicalistes soulignent l’urgence d’une compensation salariale capable d’atténuer les effets de la chute drastique du pouvoir d’achat, alors que le secteur privé remet en question la capacité pour toutes les entreprises à satisfaire cette demande…

Oui, il y a urgence de rétablir ne serait-ce que partiellement le pouvoir d’achat des ménages, mais le réflexe mécanique d’accorder une compensation salariale généralisée n’est pas la meilleure solution. Une révision des salaires augmente la masse monétaire, ce qui provoque l’inflation. Indexer les salaires sur le taux d’inflation est synonyme de fuite en avant.

Une baisse de la fiscalité et une augmentation des subventions, qui seraient financées soit par une baisse des dépenses publiques ou par une augmentation de la fiscalité dans les secteurs porteurs, est par contre Inflation Neutral, parce que celles-ci n’influent pas sur la masse monétaire, et en même temps libèrent du pouvoir d’achat réel. Une augmentation des salaires du secteur public ne coûte rien au Trésor public s’il procède par la création monétaire, mais le secteur privé doit faire l’effort de créer l’excédent de trésorerie nécessaire à cet exercice, et ce n’est pas évident.

Pourtant, les statistiques montrent que nombre d’entreprises ont non seulement remonté la pente depuis la pandémie, mais affichent des profits confortables. Le ministre des Finances lui-même anticipe de fortes reprises économiques, soulignant que le taux de croissance, le PIB et l’exportation sont au vert.

Ce que vous appelez statistiques provient de l’exemple de quelques compagnies citées dans la presse et pourrait ne pas être représentatif de l’ensemble du secteur privé. Réaliser des bénéfices après deux ans d’exploitation déficitaire ne veut pas dire que les entreprises ont accumulé de la trésorerie pour faire face à des augmentations de salaires. Elles ont les pertes subies en 2020 et 2021 à éponger, et ces pertes ont, pour la plupart, été financées par des emprunts bancaires, qu’elles doivent rembourser à brève échéance.

Il y a certes des entreprises qui ne sont pas en mesure de payer la compensation salariale. Quels moyens existe-t-il pour les aider ? Leur accorder des prêts ?

Accorder des prêts aux entreprises pour augmenter les salaires est aussi une fuite en avant. Ce serait différer un problème pressant, qui est de rehausser le pouvoir d’achat dans le temps et faire un acte de spéculation sur des recettes aléatoires à venir. Financer des dépenses d’exploitation courantes (Overheads) par l’endettement est aussi de la création monétaire, synonyme d’inflation.

Certains proposent une taxe ponctuelle sur les entreprises brassant beaucoup de profits. Pensez-vous que cela puisse aider ?

Il y a des secteurs qu’on pourrait taxer davantage. J’ai dit plusieurs fois que les banques, qui sont les entreprises les plus rentables, puisent une grosse part de leurs bénéfices de la fiabilité et la bonne réputation de notre centre financier. Cette base solide, sur laquelle repose le succès de nos activités offshore, n’est pas l’œuvre des banques, mais celle de nos gouvernements successifs, qui ont négocié des traités de non-double imposition avec d’autres pays. Il devrait y avoir un prix à payer pour ceux qui en bénéficient.

Le compromis le plus juste est de faire financer l’amélioration du pouvoir d’achat partiellement par une augmentation des salaires par les entreprises et partiellement par le gouvernement à travers un allégement de la fiscalité et une augmentation des subventions. Le gouvernement a les moyens de faire face à cette charge financière, et c’est à juste titre qu’il doit participer à cet effort national, et ce, pour deux raisons : la dépréciation de notre roupie, qui est un gros facteur d’inflation, est le fait d’une décision gouvernementale, et deuxièmement, la dépréciation et la forte inflation depuis début 2022 ont rapporté au gouvernement des Windfall Gains conséquents en recettes de TVA.

On vient de voir dans la presse des augmentations de recettes fiscales de la MRA de Rs 23 milliards (+25%) au 30 juin dernier et des prévisions d’une augmentation supplémentaire de Rs 20 milliards (+18%) pour l’année financière en cours. Au cumul, sur deux années financières, ces augmentations de recettes représentent plus de 7% du PIB. Même si on prend comme référence de base l’année fiscale 2018/19 (pré-Covid), l’augmentation des recettes de la MRA sur 2021/22 et 2022/23 est toujours très conséquente. Contre ceci, une augmentation de subventions et un allégement fiscal pour rehausser le pouvoir d’achat de Rs 1 500 par salarié et Rs 1 000 par retraité représenteraient Rs 7,5 milliards.

Parmi les mesures possibles, il y a une baisse des taxes sur le carburant, ce qui aura un effet boule de neige, et même multiplicateur, sur l’ensemble de l’économie. On pourrait aussi soit exempter de TVA un nombre additionnel de produits, soit introduire un nouveau barème de TVA, de disons 7%, pour des produits de grande consommation en dehors des nécessités de base.

Certains font voir que les entreprises ont bénéficié de l’aide de l’État pendant la pandémie, que le gouvernement fait un effort à travers l’allocation de Rs 1 000 et qu’il reste aux entreprises à faire un effort à leur tour.

Certes, le gouvernement a prêté son concours aux entreprises pour payer des salaires, mais celles-ci n’ont pas engrangé des profits dans cet exercice. Assurer le bien-être des citoyens et la paix sociale est la responsabilité de tout gouvernement, pas des entreprises. Venir dire que le gouvernement a « aidé » est un faux postulat. Il vaudrait mieux dire qu’il a « soutenu » l’économie, et c’est sa responsabilité, et non pas une faveur faite aux entreprises.

Alteo a accédé à une révision salariale de plus de 15% de même qu’une parité salariale entre hommes et femmes. Un exemple à suivre ?

Je me garderai de commenter cette décision, ne sachant pas les facteurs qui l’ont motivée. Il faudrait connaître la rentabilité d’Alteo et l’historique des augmentations des salaires que cette société a accordées pendant les récentes années pour savoir si cette augmentation est une fleur aux employés ou un exercice de rattrapage par rapport aux salaires qui étaient en vigueur. Une hirondelle ne fait pas toujours le printemps.

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