Transition énergétique CEB : biomasse pour remplacer le charbon à hauteur de 15%

Chandraprakash Ramkalawon a interpellé le ministre de l’Énergie, Patrick Assirvaden, sur la feuille de route envisagée afin d’accroître l’utilisation de la biomasse dans la production d’électricité. Le Backbencher était également intéressé sur des précisions sur la part respective de la production locale et des importations ainsi que sur les quantités actuellement utilisées par les Independent Power Producers (IPPs).

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D’entrée de jeu, le ministre a indiqué que trois IPPs, à savoir Alteo Energy LtdTerragen Ltd et Omnicane La-Baraque, génèrent actuellement de l’électricité à partir de bagasse et de charbon, tandis que Omnicane Saint Aubin Ltd dépend exclusivement du charbon pour sa production. Il a mis en avant qu’au fil des années, l’utilisation du charbon a fortement augmenté au détriment de la bagasse, en raison de la diminution importante des superficies consacrées à la culture de la canne à sucre.

Afin d’encourager une transition vers une énergie plus verte, le ministère de l’Agro-industrie a élaboré un cadre national pour la biomasse visant à promouvoir l’utilisation de la bagasse, des résidus de canne à sucre et de la biomasse ligneuse. Selon les estimations, les IPPs du secteur sucrier consomment actuellement environ 750 000 tonnes de charbon par an. Pour remplacer totalement cette quantité de charbon, il faudrait environ 1,5 million de tonnes de biomasse par an. Toutefois, la biomasse locale, principalement les copeaux de bois, ne pourrait couvrir qu’environ 20 % des besoins totaux.

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Le ministre a également expliqué que son ministère a sollicité l’assistance technique de l’African Legal Support Facility, structure juridique affiliée à la Banque Africaine de Développement, afin d’accompagner la mise en œuvre de la stratégie de sortie progressive du charbon. Des consultants internationaux, notamment Trinity International LLP et Hinterland Management, ont été recrutés pour mettre au point ce projet.

Par ailleurs, plusieurs actions ont déjà été entreprises, notamment l’évaluation des centrales des IPP, l’étude des sources de biomasse locale et importée, ainsi que les besoins en infrastructures de stockage et en investissements pour adapter les équipements existants à l’utilisation de la biomasse. Une société, Mauritius Biomass Fuel Aggregation Limited, a également été créée avec la participation des IPPs et de la State Investment Corporation (SIC) afin d’assurer l’approvisionnement, la logistique portuaire, le transport et l’entreposage de la biomasse destinée aux centrales électriques.

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Le ministre a précisé que plusieurs missions d’étude ont été effectuées en Afrique du Sud, en Namibie, en Eswatini et au Mozambique afin d’évaluer la disponibilité de copeaux de bois répondant aux besoins de Maurice. Les ports sud-africains de Richards Bay et Durban pourraient fournir durablement jusqu’à un million de tonnes de copeaux de bois par an.

Une étude de sécurité et de contamination concernant l’utilisation du terminal sucrier pour le stockage de biomasse importée est également en cours, avec un rapport attendu d’ici à fin mai 2026.

Le gouvernement prévoit, au cours des deux prochaines années, de remplacer environ 15 % du charbon par de la biomasse locale et importée. Les IPPs devront ainsi procéder à une co-combustion de copeaux de bois dans leurs chaudières existantes, moyennant des travaux de rénovation limités dans le cadre d’une phase expérimentale.

Le ministre a aussi fourni des chiffres concernant la part actuelle de biomasse dans la production énergétique des IPP. Omnicane Saint Aubin Ltd produit actuellement environ 4,38 GWh à partir de copeaux de bois locaux sur une production annuelle prévue de 240 GWh, soit environ 2 % de sa production totale. Alteo Energy Ltd produit pour sa part près de 40 % de son énergie à partir de bagasse, de résidus de canne et de copeaux de bois locaux, tandis que Terragen Ltd couvre environ 22 % de sa production grâce à ces mêmes sources renouvelables.

Patrick Assirvaden a enfin assuré que les producteurs indépendants d’électricité ont été pleinement associés à toutes les discussions entourant l’initiative nationale sur la biomasse.

 

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