Le CEB vient de lancer un nouvel appel d’offres international pour une installation hybride de 15 à 20 MW associant énergie éolienne et stockage par batteries. Une nouvelle étape qui ramène au premier plan Plaine-des-Roches, où Week-End avait suivi, il y a dix ans, la naissance du premier grand parc éolien de Maurice.
Plus de dix ans après avoir consacré plusieurs reportages à l’installation puis au démarrage des premières grandes éoliennes de Maurice, Week-Endrevient à Plaine-des-Roches. Le lieu pourrait en effet être au cœur d’une nouvelle étape de la transition énergétique du pays.
Le Central Electricity Board (CEB) a officiellement lancé, le 16 septembre, un appel d’offres international pour l’achat d’électricité provenant d’une installation hybride d’énergie renouvelable d’une capacité de 15 à 20 MW, combinant production éolienne et Battery Energy Storage System(BESS).
Le choix de Plaine-des-Roches comme site de visite pour les éventuels soumissionnaires, le 28 octobre, prend une dimension particulière. C’est ici qu’il y a dix ans Maurice faisait véritablement son entrée dans l’ère de l’éolien industriel.
La naissance d’un projet novateur
À l’époque, Week-End avait suivi les différentes étapes de ce projet pionnier, depuis le spectaculaire montage des éoliennes jusqu’à leur raccordement au réseau national. Le projet avait mis plusieurs années à sortir de terre. Les travaux avaient véritablement démarré en 2015 avec la préparation du terrain, la réalisation des fondations et l’installation progressive des immenses mâts à proximité de Bras-d’Eau.
Le promoteur était Éole Plaine des Roches Ltd, issu du partenariat entre Aerowatt Mauritius, intégrée au groupe français Quadran, et le Sugar Investment Trust (SIT). Ce dernier détenait 49% du projet, permettant indirectement à ses quelque 55 000 petits actionnaires de participer à ce premier investissement mauricien d’envergure dans l’énergie éolienne. L’investissement avait atteint environ Rs 800 millions.
Onze éoliennes Gamesa de 850 kW chacune furent installées, donnant au parc une puissance totale de 9,35 MW. Les machines, avec leurs mâts d’environ 65 mètres, transformèrent alors radicalement le paysage de cette partie du Nord-Est.
Plaine-des-Roches, « en plein dans les alizés »
Le site n’avait pas été choisi au hasard. Cyril Oudin, alors responsable du projet, expliquait que les promoteurs avaient établi un véritable atlas du potentiel éolien de Maurice avant de retenir Plaine-des-Roches. La région présentait un avantage déterminant : son exposition aux alizés, particulièrement favorable à une production régulière d’électricité.
Au début de 2016, Week-End rapportait que les onze éoliennes avaient déjà injecté plus d’un million de kWh dans le réseau du CEB pendant leur phase de tests, avant même le démarrage commercial définitif.
Le processus de commissioning avait été particulièrement suivi. Gamesa, constructeur des machines, Quadran et un ingénieur indépendant avaient procédé à une série de vérifications concernant notamment les pales, les freins, le bruit et surtout la qualité de l’électricité injectée dans le réseau. Le parc fut finalement raccordé au réseau du CEB le 15 mars 2016.
Une 2e phase qui n’est jamais vraiment venue
Les ambitions étaient pourtant plus importantes. Les promoteurs envisageaient initialement une deuxième phase comprenant dix éoliennes supplémentaires. En 2018 encore, ce projet d’extension était évoqué, avec un investissement estimé à quelque Rs 600 millions. Cette extension ne s’est toutefois jamais matérialisée sous la forme annoncée.
Dix ans plus tard, Plaine-des-Roches reste ainsi le symbole de cette première percée de l’éolien dans le paysage énergétique mauricien.
2026 : l’éolien revient, mais avec des batteries
Le nouvel appel d’offres du CEB marque cependant un changement technologique important. Cette fois, il ne s’agit plus simplement de produire de l’électricité lorsque les alizés font tourner les pales. Le futur projet devra associer les éoliennes à un système de stockage par batteries, permettant d’emmagasiner une partie de l’énergie produite et de la restituer au réseau lorsque celui-ci en a besoin. C’est l’une des réponses au principal problème posé par l’éolien et le solaire : leur intermittence.
Les entreprises intéressées ont jusqu’au 9 décembre 2026 à 13h30 pour déposer leurs offres. Une garantie bancaire de Rs 1 million par MW de capacité contractuelle est également exigée.
Dix ans après les onze premières éoliennes, l’histoire pourrait donc connaître un nouveau chapitre. Plaine-des-Roches avait été le laboratoire de l’éolien mauricien en 2016. En 2026, le même site pourrait devenir celui de l’éolien nouvelle génération, associé cette fois au stockage de l’énergie.

