Vinod Seegum : « L’interdiction en classe est pleinement justifiée »

« L’interdiction de l’usage du téléphone portable pendant les heures de classe s’impose aujourd’hui comme une nécessité, s’inscrivant dans une logique devenue incontournable, avec plus d’une soixantaine de pays l’ayant déjà adoptée dans toute sa rigueur. Il est connu que le téléphone fragmente l’attention des élèves et détruit progressivement leur capacité de concentration.

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« Plus grave encore, elle contribue à un phénomène inquiétant : la disparition progressive de la culture de la lecture, socle fondamental de toute réussite académique. Pas de lecture, pas de compréhension approfondie, pas d’apprentissage réel, pas d’esprit critique. Le téléphone portable agit également comme un frein certain à la socialisation. Plus de dialogue réel entre amis, plus de farces, de plaisanteries. C’est le Scroll qui occupe toute la place pendant la récré ou avant et après les classes.

« Face à ces dérives, l’interdiction du téléphone en classe se révèle pleinement justifiée et légitime. Elle vise à restaurer un climat propice à l’apprentissage, à la concentration et aux échanges humains.

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« Cependant, cette mesure ne doit pas être appliquée de manière irréfléchie ou excessive, notamment en ce qui concerne les enseignants. Il reviendra à l’enseignant de ne pas en faire usage inutile devant les élèves. Celui-ci doit incarner un modèle, en faisant preuve de retenue et de discernement. Cette posture renforcera évidemment son autorité et sa crédibilité.

« Le téléphone est cependant un outil pédagogique important. Bien utilisé, le portable devient un levier d’enrichissement incontestable de l’enseignement. Ainsi, la voie à suivre est claire : interdire pour les élèves en classe, contrôler avec justesse, encadrer avec rigueur, mais faire confiance aux enseignants.

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« Si le problème est très visible dans le secondaire, il n’est pas aussi prononcé dans le primaire. L’on pourrait avoir une régulation pour le secondaire et une autre pour le primaire.

« En contrepartie, ne nous trompons pas de combat : interdire le téléphone à l’école ne réglera pas, à lui seul, les dérives du numérique. Le problème dépasse largement les salles de classe. Sans une éducation numérique, sans une implication des familles, sans une réflexion globale, l’interdiction restera une réponse partielle sans effet.

« Quant à celles et ceux qui avancent que l’interdiction devrait aussi concerner tous les autres fonctionnaires/travailleurs, nous leur demandons de réfléchir si ces derniers ont des cohortes d’élèves, victimes collatérales du numérique, à gérer.

« Les remèdes doivent être appliqués quand il est encore temps. Et protéger le professionnalisme, la responsabilité, l’autonomie et les droits constitutionnels des enseignants est primordial. »

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