Nouvelle étape, cette fois-ci à Rodrigues, pour les consultations régionales dans le cadre du projet Vision 2050. Les Rodriguais ont profité des discussions pour partager leurs aspirations en matière d’eau, de santé, d’éducation, d’écologie, d’autosuffisance et pour la jeunesse, notamment. En début de semaine, pendant deux jours, plus d’une centaine de 100 participants issus de tous les secteurs de l’île étaient réunis pour définir, en leurs propres termes, ce que signifient prospérité, durabilité et inclusion, soit faire entendre la spécificité de sa voix. Une séance de restitution est également prévue avec les membres de la Rodrigues Regional Assembly aujourd’hui.
La première journée de consultations a été ouverte par le chef commissaire de l’Assemblée Régionale de Rodrigues, Franceau Aubret Grandcourt et le chef commissaire adjoint, Johnson Roussety qui ont mis l’accent sur le fait que la planification a toujours été au cœur du développement de Rodrigues, dans la continuité du Sustainable and Integrated Development Plan.
Franceau Grandcourt, qui a invité les participants à un exercice de mémoire : « imaginer ce qu’était Rodrigues il y a cinquante ans pour ce que les rodriguais veulent pour 2050 », s’est appesanti sur les spécificités propres à Rodrigues, soulignant que toute décision concernant l’île doit avant tout passer par les Rodriguais. Il a également réitéré l’importance d’une meilleure coordination entre Rodrigues et Maurice.
La session du matin de la première journée a vu un large éventail de représentants de la société rodriguaise se penchant sur l’avenir de l’île, tandis que l’après-midi a donné la parole aux acteurs de la santé, aux militants pour la parité, ainsi qu’aux professionnels de l’éducation et de la jeunesse. La seconde journée de consultations a été consacrée à l’eau, l’énergie, les infrastructures, l’agriculture et la connectivité. Les discussions ont également porté sur l’économie bleue, le tourisme, la diversification économique, le développement du secteur privé, la résilience climatique et la sécurité alimentaire.
Des priorités claires se sont dégagées de ces échanges. Les Rodriguais ont relevé l’importance d’un approvisionnement en eau fiable et durable, ainsi que d’infrastructures de santé et d’une qualité de soins équivalente à celle de Maurice. Les participants ont également exprimé un engagement écologique fort pour leur île, porté par un renforcement des mesures en matière d’autosuffisance et de résilience climatique. Enfin, l’amélioration de la connectivité via le port et l’aéroport a été listée parmi les conditions essentielles à l’indépendance économique de Rodrigues.
La ministre Jyoti Jeetun, qui a conduit la délégation du ministère durant une visite de travail de 24 heures à Rodrigues, a affirmé que ces consultations confirment la nécessité de construire la Vision 2050 à partir de la voix de ceux qu’elle est censée servir. « Cette visite enrichissante m’a appris que les Rodriguais veulent à tout prix conserver l’âme de leur île, tout en préparant l’avenir. J’ai été frappée par leur résilience, et par la clarté avec laquelle ils pensent l’avenir de Rodrigues, avec leurs propres spécificités. Les Rodriguais ont leur propre définition de la prospérité, de la durabilité et de l’inclusion, façonnée par leurs réalités propres, et Vision 2050 doit en tenir compte. Cette île a autant à nous apprendre qu’à apprendre de nous. Ce qui m’a le plus marquée, c’est la clarté de leurs ambitions : les Rodriguais veulent la sécurité de l’eau, une santé de qualité équivalente à celle de Maurice, une île écologique, et surtout l’indépendance économique ainsi qu’une meilleure connectivité. C’est une population résiliente qui veut construire son propre avenir, et notre rôle est de marcher à ses côtés », a-t-elle souligné.
Les discussions thématiques ont donné lieu à des échanges approfondis, les participants débattant avec passion des sujets qui leur tiennent à cœur et des thématiques alignées sur Vision 2050. La jeunesse et l’éducation se sont imposées comme un thème transversal, traversant l’ensemble des secteurs discutés. Les participants ont indiqué que la jeunesse rodriguaise est la gardienne de la culture et des valeurs de l’île, et que Rodrigues est reconnue pour la qualité de ses sportifs autant que pour son potentiel dans le tourisme écologique.
L’appel a été clair : une éducation mieux adaptée aux réalités de l’île, des écoles modernes et intelligentes, capables de préparer les jeunes Rodriguais à produire localement et à intégrer l’intelligence artificielle dans leur développement comme dans leur apprentissage.
Sur le plan de la santé, les échanges ont mis l’accent sur un service de proximité : un meilleur accès aux soins pour l’ensemble de la population, davantage de services, et des infrastructures renforcées pour permettre une détection précoce et une prise en charge adéquate des patients.
L’économie bleue fait partie des axes stratégiques majeurs identifiés par les participants. Ces derniers ont plaidé pour un investissement accru dans la formation aux métiers de la mer, dans l’emploi qu’elle génère, et dans le développement de compétences favorisant l’autosuffisance et la résilience des Rodriguais.

