Le ministre de la Santé Lormesh Bundhoo a annoncé la création d’un High Powered Committee composé des officiels de son ministère, des représentants syndicaux et de tous les stake-holders dans le but d’améliorer l’environnement de travail des infirmiers, notamment de leurs conditions de mess. C’était vendredi lors de la cérémonie de clôture de la 10e conférence scientifique de l’East, Central and Southern African of College of Nurses (ECSACON) à l’hôtel La Plantationn à Balaclava.
Le ministre de la Santé a annoncé que son ministère introduira des cours de spécialisation pour les infirmiers. Quelque 25 infirmiers suivent depuis cette année une formation, d’une durée de deux ans, sur les soins des pieds des diabétiques. M. Bundhoo a indiqué que d’autres formations sur les effets du changement climatique sur la santé, sur l’impact de la pauvreté, sur l’incidence des maladies sont envisagées. Le ministère, a-t-il déclaré, accorde la plus grande importance au recrutement des infirmiers et indique que les hôpitaux ont accueilli 400 nouveaux étudiants infirmiers cette année. M. Bundhoo a affirmé avec force que, depuis qu’il occupe son fauteuil ministériel, les recrutements ont doublé pour atteindre un millier de nouvelles recrues en 2012. Pas moins de 400 autres infirmiers seront recrutés en 2013, a-t-il annoncé. Deux cents délégués du monde entier, dont ceux de 12 pays africains, ont assisté à la 10e conférence scientifique de l’ECSACON.
« Les infirmiers ne peuvent pas être traités comme des citoyens de 3e classe », a déclaré le ministre. « Vous brassez un plus gros travail que les politiciens, moi y compris », a-t-il lancé. « Le Premier ministre a insisté auprès de moi pour que nous recrutions davantage d’infirmiers et pour que nous instituions des formations spécialisées pour le personnel soignant », a déclaré le ministre avant d’indiquer qu’en 2005, seulement 183 infirmiers avaient été recrutés, 169 en 2006 et, en 2008… aucun ! Des cours spécialisés en Santé publique seront introduits avec la coopération des Hôpitaux universitaires de Genève (Suisse).
Absent du pays lors de l’ouverture de la 10e conférence scientifique mercredi dernier, le ministre de la Santé Lormesh Bundhoo s’est lancé dans une véritable opération de séduction face à la salle des délégués d’associations d’infirmiers venus du monde entier. Très en verve et sous un tonnerre d’applaudissements, il a énoncé une série de mesures destinées à revaloriser la profession. Mercredi dernier, au même endroit, lors de la cérémonie d’ouverture, c’était son prédécesseur à la Santé, Rajesh Jeetah, qui avait eu droit à une standing ovation. Le ministre de la Santé a également annoncé qu’un diplôme remplacera le « certicate of nursing » avec le concours du Mauritius Institute of Health pour tout le personnel infirmier du service public.
Le ministre Bundhoo a déclaré que la formation spécialisée s’appliquera aussi aux soins de santé primaire aussi bien pour les médecins que les infirmiers, avec la coopération des Hôpitaux universitaires de Genève. « Nous avons accordé trop de priorité aux soins de santé secondaires et tertiaires, et nous n’en avons pas suffisamment fait pour la santé primaire », a dit le ministre. « Nous dépensons beaucoup d’argent pour obtenir le meilleur service de santé, mais l’incidence des maladies non transmissibles, de l’hypertension, du diabète, de l’insuffisance rénale et du cancer augmente », a-t-il constaté. « Nous devons réduire et stabiliser ces tendances en nous concentrant sur les services de santé primaire dans les Area Health Centres et les Community Health centres », a-t-il indiqué.
Le représentant officiel de l’International Council of Nurses David Benton, arrivé à Maurice avant-hier, a exhorté les infirmiers à adresser des messages clairs aux décideurs. « Nous devons, dit-il, pouvoir convaincre les ministres de la Santé et des Finances que nous avons quelque chose à apporter et que nous pouvons apporter des solutions pour relever les plus grands défis. »
Par ailleurs, le ministre de la Santé a aussi annoncé la construction d’un nouveau bâtiment à l’hôpital Victoria de Candos pour abriter le Intensive Care Unit (ICU).