Christiane Legentil incarne la relève du judo mauricien. À tout juste 20 ans, elle a révélé au grand jour son talent cette année après avoir laissé entrevoir de belles qualités en 2011. Originaire de Maréchal à Rodrigues, la judokate a le potentiel voulu pour aller très loin et devra faire preuve d’encore plus de détermination pour atteindre ces objectifs.
C’est du 23 au 25 janvier dernier que Christiane Legentil a montré qu’elle avait l’étoffe d’une championne. En effet, lors des Jeux du Championnats du Commonwealth seniors au Pays de Galles (Cardiff), elle a évoluée sans complexe dans la catégorie des -48 kg pour ainsi monter sur la troisième marche du podium. Une médaille de bronze qui vaut de l’or à ces yeux. « L’année 2012 est ma première dans la catégorie seniors. J’étais très satisfaite de réaliser cet exploit car je m’étais beaucoup entraînée. J’ai donné mon maximum et j’ai été récompensée. Ce n’est pas donné à tout le monde de monter sur un podium aux Commonwealth. J’étais trop contente », se souvient Christiane Legentil.
Lors des Championnats d’Afrique Senior de Judo, tenus du 1er au 7 avril en terre marocaine (Agadir), elle avait terminé en 7e position. Une belle expérience selon elle. « Il y avait une forte opposition mais je ne rien lâché. Ce fut une très belle expérience pour moi », se remémore-t-elle. Mais c’est surtout aux Jeux Olympiques de Londres en juillet dernier que la judokate mauricienne s’est distinguée. Arrivée en terre londonienne sur la pointe des pieds sur une invitation de la Fédération Internationale de Judo, notre compatriote quittera le Village Olympique avec une incroyable performance. Celle de la première judokate africaine à  ces Jeux. En effet, sur les 29 pays du continent noir qui ont aligné des combattants, soit 14 dames et 21 hommes dans les 14 catégories au programme de ces 30es olympiades, seule Christiane Legentil a pu se hisser à la 7e place dans la catégorie des -52 kg.
Elle était notamment la seule Africaine à avoir combattu trois fois sur le tatamis de l’ExCel Arena de Londres. Faisant preuve de détermination, d’envie et de courage, elle a donné son maximum. Pour Christiane Legentil, c’était un rêve devenu réalité que de participer à ces Jeux. « C’était une première belle expérience. Un rêve d’enfant. Ça restera à jamais gravé dans ma mémoire », souligne-t-elle. « Je n’étais pas venue pour faire de la figuration. Certes, le niveau était très élevé mais j’ai toujours cru en mes capacités. J’aurais pu faire mieux », avoue Christiane Legentil. D’autant plus que pour son premier combat, notre compatriote a battu l’Albanaise Mendi Kelmendi qui n’est ni plus ni moins que la championne du monde junior en 2009 et championne d’Europe senior en 2010. C’est aussi celle qui domine la catégorie des moins de 52 kg et a été deux fois vainqueur sur le circuit de la Coupe du Monde 2011, en Italie et en Biélorussie. Elle est également la dominatrice du Grand Prix d’Abu Dhabi l’année dernière. C’est dire  la performance de la judokate mauricienne.
Avec cette prestation, Christiane Legentil avait placé Maurice à la 55e place sur 135 nations participantes de judo. Actuellement en stage en France, elle a notamment participé à un tournoi en Belgique ou elle est notamment montée sur la plus haute marche du podium. La judokate en herbe a aussi participé au tournoi de Marseille. « J’ai eu l’occasion de me frotter au niveau européen et c’est enrichissant. J’espère être d’attaque pour participer au Tournoi de Paris car je suis actuellement au repos après avoir contracté une blessure à la hanche. Je m’étais blessée à la hanche et j’ai besoin de récupérer pour revenir encore plus forte », déclare Legentil. La judokate tient à remercier ses parents et entraîneurs que sont Antonio Félicité, Jean-Paul Azie, Joseph Mounawah, le Trust Fund For Excellence In Sports (TFES), le comité régional de Rodrigues et le Ministère de la Jeunesse et des Sports (MJS). « Il est aussi primordial que les autorités continuent de croire en nous et continue de nous donner l’encadrement adéquat », dira Christiane Legentil en guise de conclusion.