Les juges Benjamin Marie-Joseph et Aruna Devi-Narain ont cassé une sentence de 3 ans de prison infligés à Naim Latona. Ce dernier avait été condamné en Cour intermédiaire pour avoir attaqué le gérant de la station-service Indian Oil de Bonne-Terre ainsi que son chauffeur. Les juges ont statué qu’il n’y avait pas assez de preuves pour l’incriminer.
Naim Latona était poursuivi en Cour intermédiaire sous une charge de vol avec violence en violation avec les articles 301(1) et 305(1)(c) du code pénal. Il lui était reproché d’avoir, le 11 décembre 2006, en compagnie d’autres individus, attaqué le gérant d’Indian Oil, à Bonne-Terre, ainsi que son chauffeur avec des sabres. Un butin de Rs 993 900 avait été emporté, comprenant des billets de banque, des chèques et de la monnaie. Les victimes avaient ce jour-là l’intention de déposer cette somme d’argent dans une succursale de l’Indian Ocean International Bank, à Vacoas.
Selon le chauffeur, Naim Latona l’aurait bousculé, lui indiquant qu’il faisait partie de la bande lorsqu’il tentait de fuir pour chercher de l’aide. Le magistrat de la Cour de première instance avait condamné Naim Latona à 3 ans de prison pour son implication dans ce vol avec violences, se basant sur le fait que le chauffeur l’avait identifié à trois reprises comme étant l’un d’eux. Naim Latona avait par la suite signifié son intention de faire appel de cette décision.
Comme défense, Naim Latona a déclaré qu’il se trouvait dans l’enceinte de la banque le jour du vol, mais qu’il ne faisait pas partie de la bande. Il avait retenu les services de l’avoué Kaviraj Bokhoree et de l’homme de loi Rama Valayden ainsi que de Me Neelkanth Dulloo.
Les juges Benjamin Marie-Joseph et Aruna Devi Narain ont soutenu que le magistrat de la Cour de première instance ne pouvait tenir pour acquis le fait que le chauffeur ait pu identifier Latona à trois reprises. Les juges ont tenu à signaler que, selon les preuves présentées en Cour, l’agression avait duré une à deux minutes et que le voleur portait un casque intégral. Les juges ont aussi relevé que le magistrat a failli en concluant que la victime avait « reconnu » Naim Latona comme étant le voleur « quelques jours plus tard » alors qu’il s’avère que le chauffeur avait indiqué qu’il avait aperçu Naim Latona à Henrietta six mois après le vol. Les juges, n’écartant pas la possibilité qu’il y ait pu y avoir erreur de personne concernant l’identification de l’auteur du vol, ont conclu que le magistrat avait failli dans sa tâche en n’ayant pas pris ce facteur en considération. Les juges ont ainsi rayé la peine de prison de 3 ans infligée à Naim Latona.