Le procès intenté au député Jean-Claude Barbier et à Selvanaden Mootoosamy devant la Cour correctionnelle de Port-Louis sous une charge d’agression s’est poursuivi hier avec l’audition des témoins. Le plaignant dans cette affaire, Mano Mungur, est revenu sur l’incident du 29 avril 2013 quand le député l’aurait agressé. Lors de son interrogatoire, il a déclaré avoir au début reconnu M. Barbier par sa voix. « M. Barbier abitie fer meeting. Depi 25 an li depite sa landrwa-la. Mo konn so lavwa. Kan monn deboute, mo finn trouv li fas a fas », dit-il.
Mano Mungur, l’un des plaignants dans cette affaire, devait raconter en cour que, le soir du 29 avril 2013, il rentrait chez lui en compagnie d’un ami, après avoir collé des affiches. « Mo ti pe marse kan kikenn finn pous mwa par deryer, linn trap mo latet linn tap lor koltar », a-t-il relaté. Son présumé agresseur, qu’il avait reconnu comme étant le député Jean-Claude Barbier, l’aurait menacé avant de lui faire comprendre que « mo pou fini tou malbar dan No 1 », allègue-t-il. Mano Mungur soutient avoir tout de suite reconnu la voix du député qui lui était familière. « Monn dir li mo konn ou. Kan mo finn deboute, monn trouv li fas a fas ». Le plaignant affirme ne s’être pas rendu au poste de police le même jour car il souffrait de ses blessures et devait se rendre à l’hôpital pour se soigner. La défense procédera à son contre-interrogatoire le 19 juillet.
Auparavant, Me Steeve Obeegadoo, l’avocat de Jean-Claude Barbier, avait contre-interrogé le policier qui avait enregistré les dépositions de l’accusé. Revenant sur la chronologie de l’enquête, l’homme de loi devait préciser qu’alors que le plaignant donnait une deuxième déposition pour revenir en détail sur cet incident, la police procédait dans le même bâtiment à l’enregistrement de la déposition du député. Me Obeegadoo devait faire ressortir que son client n’avait pas été mis devant les faits qui lui étaient reprochés et que sa défense « était incomplète ». « I put it to you that the whole investigation smacks of gross negligence », a soutenu l’avocat de la défense. Le policier a pour sa part nié, déclarant « tou inn al ase vit. M. Barbier ti pe nye tou seki la polis ti pe repros li ».
Rappelons qu’alors que les deux accusés étaient initialement poursuivis devant la Cour intermédiaire sous une charge d’agression avec préméditation, le Directeur des Poursuites publiques avait décidé de réduire la charge à celle d’agression. Jean-Claude Barbier, 55 ans, a été arrêté le 3 mai 2013 par la CID de Port-Louis Sud alors qu’il se trouvait en compagnie de Selvanaden Mootoosamy, 34 ans. Les deux arrestations faisaient suite à une plainte de deux activistes du PTr, Mano Mungur et Soorain Draunath Parbotteah, pour une agression survenue dans la soirée du 29 avril 2013 à La Tour-Koenig. Il est reproché au député du MMM d’avoir agressé Mano Mungur alors que Selvanaden Mootoosamy, lui, est accusé d’avoir agressé Soorain Draunath Parbotteah. Jean-Claude Barbier nie toutefois être impliqué dans cette agression. Selon sa version, des activistes du PTr collaient des affiches sur celles du MMM dans la région de La Tour-Koenig. Il leur aurait « gentiment demandé d’arrêter de couvrir nos affiches » avant de s’en aller. « Il n’y a eu aucune altercation », dit-il. Après leur inculpation en Cour, Jean-Claude Barbier et Selvanaden Mootoosamy avaient été relâchés le jour même de leur arrestation après avoir chacun fourni une caution de Rs 5 000 et signé une reconnaissance de dette de Rs 15 000.