Le procès intenté à l’ancien Chairman de la Mauritius Ports Authority (MPA) Siddick Chady et l’ex-directeur général de cette institution, Prakash Maunthrooa, accusés respectivement de corruption et d’entente délictueuse dans l’affaire Boskalis, a connu son lot d’évènements hier alors que la cour de Rotterdam n’a octroyé qu’une journée à la Cour intermédiaire pour compléter l’audition via visioconférence du Senior Enterprise Architect de Boskalis, Antonius Théodorus de Goëde. Ce dernier a été interrogé sur la provenance d’e-mails qu’il avait retirés du système informatique de Boskalis et qui ont été remis à un policier mauricien à Genève ainsi que sur ses déplacements dans le cadre de l’enquête policière.
Dans ce procès, Siddick Chady est accusé d’avoir perçu des pots-de-vin de Rs 3 M de la firme hollandaise Boskalis International B.V. après que celle-ci ait obtenu un contrat pour le dragage du Canal Anglais dans le port en 2006. Prakash Maunthrooa, actuellement Senior Advisor au Prime Minister’s Office, est, lui, accusé d’avoir organisé une rencontre entre Siddick Chady et un représentant de la firme Boskalis, Pieter Boer, pour l’obtention de contrat.
L’audition du témoin Antonius Theodorus de Goëde a débuté vers midi en Cour intermédiaire hier. D’emblée, les avocats de la défense ont objecté à ce que la poursuite ne présente les copies d’e-mails, réitérant leur motion selon laquelle ces documents ont été obtenus « illégalement » et que leur admissibilité en cour est remise en question. Me Rashid Ahmine, Deputy DPP, d’un ton agacé, s’est dit « choqué » par la manoeuvre de la défense, avançant que c’est « a frontal assault on the proper administration of justice and the dignity of the court », soutenant que les avocats de la défense usent de « tactique dilatoire car ils avaient le temps de loger leur motion auparavant afin de ne pas compromettre la visioconférence » du témoin néerlandais. Me Antoine Domingue, qui défend les intérêts de Prakash Maunthrooa, devait répondre que la défense à la responsabilité de défendre son client et que les avocats ne peuvent avoir de contraintes sur les points à soulever en raison du temps. Dans son “ruling”, la magistrate Wendy Rangan devait toutefois autoriser la production des documents. L’interrogatoire du témoin par Me Saïd Toorbuth, avocat de Siddick Chady, a ainsi pu se poursuivre. L’homme de loi est revenu sur la provenance des e-mails produits.