Convoqué par le comité disciplinaire du Mauritius Institute of Training and Development (MITD) à produire une further evidence démontrant qu’il n’a pas dépassé ses prérogatives de syndicaliste lorsqu’il est intervenu sur une radio privée pour commenter la situation au MITD, Hermant Madhow n’aura pas à produire de documents additionnels. C’est ce qu’a fait valoir son homme de loi lors d’une dernière rencontre mardi dernier. « L’affaire est close. Le comité disciplinaire a lui-même reconnu qu’il intervenait en tant que syndicaliste », indique Me Pertab au Mauricien. Le verdict sera connu vendredi. L’assistant manager du centre d’Ébène est suspendu depuis le 21 janvier.
Le comité disciplinaire avait reconnu dans un premier jugement que c’est en tant que syndicaliste que M. Madhow est intervenu à la radio le 20 novembre. « Counsel agreed that according to the audio recording extract, M. Madhow was introduced as the president of the MITD Trade Union », peut-on lire dans le ruling. Il est aussi indiqué que M. Madhow est avant tout un Public Official qui doit respecter le Code of Ethics. Le comité disciplinaire s’interroge ainsi sur ses responsabilités en tant qu’employé du MITD. À cet effet, Hermant Madhow était appelé à produire le 19 mars de « further evidences » pour montrer qu’il n’a pas abusé de sa position de syndicaliste et a agi en bonne foi.
Or, lors de la rencontre mardi dernier, Me Kishore, avocat du syndicaliste, a signifié son intention de ne pas produire de documents additionnels. « Il y a suffisamment de preuves qui ont été soumises dans le dossier et c’est d’ailleurs pour cette raison que le comité a lui même reconnu que mon client a agi en tant que syndicaliste. Le comité doit se baser sur son propre ruling. Le HR Manual s’applique pour un employé et non pas pour un syndicaliste », indique Me Pertab. Le verdict sera prononcé ce vendredi. L’on s’attend à la réintégration immédiate de Hermant Madhow. Les syndicats, quant à eux, se montrent critiques. Selon eux, il clair que « M. Madhow avait agi en tant que syndicaliste avec tous ses droits et qu’il ne peut subir un tel traitement ».
Rappelons que le 21 janvier, l’assistant manager du centre de formation du MITD à Ébène a reçu une lettre à son domicile l’informant qu’il a été suspendu de ses fonctions avec effet immédiat. Cette action disciplinaire est justifiée par le MITD à travers « cinq charges » retenues contre Hermant Madhow, également président de la MITD Employees Union. On lui reproche, entre autres, d’avoir fait des commentaires jugés non fondés sur la gestion du MITD sur les ondes d’une radio privée le 20 novembre dernier et d’avoir ouvertement critiqué l’établissement dans sa manière de procéder dans un cas d’allégation de pédophilie. Pour le MITD, Hermant Madhow aurait « breached Section 1.6.9 of the HR Manual by giving a statement to the press without seeking prior approval of the Officer in Charge ». Soutenu par des dirigeants syndicaux, le président de la MITD Employees Union s’est engagé dans un combat pour réclamer justice. Lors de l’audition, l’homme de loi d’Hermant Madhow, Me Kishore Pertab, a fait comprendre aux représentants du MITD que c’est en sa qualité de syndicaliste que son client s’est exprimé à la presse et non en tant qu’employé. Il a ainsi demandé à ce que les charges retenues contre lui soient rayées et qu’il soit réintégré à son poste dans les meilleurs délais.