Nandanee Soornack, patronne d’Airway Coffee et amie de l’ex-PM Navin Ramgoolam, fait face à quatre accusations provisoires devant le tribunal de Port-Louis. Lors de l’appel de l’affaire ce matin devant la magistrate Adila Hamuth, les mandats d’arrêt émis contre la femme d’affaires ont été étendus au 11 octobre. L’ASP Dawoodarry, qui a déposé à cet effet, a demandé un renvoi de l’affaire étant donné que l’appel interjeté par Nandanee Soornack en Cour de Bologne pour contester son extradition est en cours et devrait être appelé à nouveau le 13 septembre prochain.
Nandanee Soornack, arrêtée en Italie le jeudi 16 avril 2015 avant d’être assignée à résidence après avoir été traduite en Cour de Justice de Parme, se retrouve devant la Cour d’appel de Bologne dans le cadre des procédures de contestation de son extradition d’Italie. Cette dernière, qui avait fui le pays à la suite des dernières élections générales en 2014, avait été rattrapée par la justice pour sa proximité avec l’ex-PM Navin Ramgoolam. Elle fait l’objet de quatre charges provisoires en Cour de Port-Louis, soit pour trafic d’influence, blanchiment d’argent allégué dans l’affaire Dufry/Frydu et pour l’achat d’une maison à Floréal ainsi que pour complot allégué dans l’affaire Roches-Noires. Lors de l’appel de l’affaire ce matin en cour, l’ASP Dawoodarry a demandé un renvoi de l’affaire, vu que la demande d’extradition ne peut être traitée car l’appel en Cour de Bologne a été renvoyé au 13 septembre prochain. La cour a ainsi étendu les mandats d’arrêt émis contre la femme d’affaires au 11 octobre, en attendant la prise de position des différentes parties dans cette affaire après les dénouements dans l’appel interjeté par Nandanee Soornack en Italie. Les raisons du renvoi de l’appel sont que la justice italienne avait demandé plus de précision à l’État mauricien sur cette demande d’extradition.
Pour rappel, dans un jugement rendu le 23 avril dernier, la magistrate Adila Hamuth avait rejeté la demande de révocation des mandats d’arrêt émis contre Nandanee Soornack, formulée par son homme de loi Me Yahia Nazroo. L’homme de loi avait soutenu que la police a abusé des procédures de la cour pour avoir formulé une demande pour qu’un mandat d’arrêt soit émis à l’encontre de Nandanee Soornack sur le territoire mauricien alors qu’elle ne s’y trouve pas. La magistrate n’était pas du même avis, soutenant que les mandats d’arrêts « ne devraient pas être révoqués à ce stade ». Elle devait toutefois préciser, dans l’énoncé de son Ruling, que les mandats d’arrêt émis par la Cour de Port-Louis peuvent être exécutés uniquement à Maurice, rappelant que l’émission de ces mandats d’arrêt a été faite suivant les dispositions de la loi sous l’article 4 de la District and Intermediate Courts (Criminal Jurisdiction) Act de 1888.
Pour contester son extradition, la patronne d’Airway Coffee avait avancé notamment devant le Full Bench de la Cour d’appel de Bologne qu’elle dit craindre pour sa fille de six ans, l’unique héritière de la fortune de la dynastie Ramgoolam.