• La poursuite, représentée par Me Nithiraj Bisnathsing, s’attarde sur le traumatisme qu’avait subi la victime après le drame

Le procès intenté au Père Jean Mario Moctee, qui s’est poursuivi hier devant la magistrate Ida Dookhee-Rambarrun, siégeant devant la Cour intermédiaire, tire à sa fin. Les avocats des deux parties ont présenté leurs plaidoiries.

La poursuite insiste sur le fait que le témoignage de la victime est « crédible » et que cette dernière avait été traumatisée à la suite des événements. L’avocat du père Moctee, Me Bernard Marie, réclame un verdict d’acquittement pour son client, faisant ressortir que l’élément de mens rea, important pour déterminer la culpabilité de l’accusé, n’a pas été prouvé dans cette affaire. La Cour fera connaître son verdict le 17 juin.

Selon la poursuite, la victime, un adolescent de 15 ans, qui avait témoigné par visioconférence pour éviter tout contact avec le religieux, avait déposé de façon « convaincante » et « crédible ».

Me Bisnathsing a soutenu que « l’adolescent faisait confiance au père Moctee, un homme religieux qui a trahi sa confiance » et que le jeune homme était « traumatisé à la suite de ces événements ». La poursuite a souligné que, vu que le suspect et la victime entretenaient une bonne relation, « il aurait été impossible pour l’adolescent de faire de fausses accusations ».

Me Marie devait s’appuyer sur les témoignages de trois jeunes, tous âgés de 18 ans, qui étaient aussi présents chez le religieux ce jour-là. En Cour, les témoins ont déclaré avoir l’habitude de rester chez le père Moctee et qu’il « n’y avait rien d’anormal ce jour-là ».

Selon Me Marie, « si le père Moctee voulait vraiment faire quelque chose de mal, il aurait emmené l’adolescent dans une autre chambre au lieu de rester sur le matelas ». L’avocat de la défense devait aussi souligner que l’élément de mens rea, important pour déterminer la culpabilité de l’accusé, n’a pas été prouvé dans cette affaire.

Les trois jeunes Jason Patate, Emmanuel Pointu et Benoit Hoolash avaient été appelés à la barre des témoins.

« Ce jour-là, le père Moctee avait préparé à manger et nous sommes allés au Morne pour des leçons de conduite. Je n’ai rien remarqué d’anormal », avait déclaré Jason Patate. Emmanuel Pointu devait dire à la Cour que « ce n’est pas la première fois que nous dormons chez le religieux » et « qu’il ne s’est rien passé ce jour-là ». Et Benoit Hoolash d’ajouter : « Nou ti tou sel kot per Moctee. Zame inn ariv kiksoz. »

Rappelons qu’en 2015, un adolescent avait porté plainte à la police, avançant que le père Moctee l’avait invité, avec un ami, pour passer la nuit ensemble à la cure de Ste Anne, à Chamarel.

Alors qu’il était devant son ordinateur, allongé sur un matelas, le prêtre l’aurait rejoint en se glissant sous la couette avec lui. Il avait alors commencé à le caresser. L’adolescent était surpris par la réaction du père et devait être pris de peur. Il avait toutefois pu repousser les avances du prêtre mais était traumatisé par les événements. Ce n’est qu’un mois après qu’il a décidé de tout révéler à ses proches.

Le suspect avait été arrêté le 14 juillet 2015. Le prêtre Joseph-Marie Moctee du diocèse de Port-Louis a été sanctionné par Le Vatican, en particulier de la part de la Congrégation pour la doctrine de la Foi, à Rome. Il est pour l’heure assigné à résidence et ordonné par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi de Rome de ne participer à aucune activité pastorale et de se tenir loin des mineurs.