Le leader de l’opposition, Xavier-Luc Duval, a dénoncé hier une « tentative d’instrumentalisation » de la présidente de la République, d’un ministre ainsi que d’un haut fonctionnaire « par une personne de mauvaise réputation ». Et de lancer : « Si cela se révèle vrai, ce sera un coup très dur pour le service financier, qui emploie quelque 20 000 personnes. » Il a estimé, dans le même souffle, que « la responsabilité de la présidente de la République est engagée » et que celle-ci devra prendre sa responsabilité.
Xavier-Luc Duval, qui recevait la presse à son bureau de l’hôtel du gouvernement, s’est réjoui que les PNQ posées depuis la reprise des travaux parlementaires ont « permis de faire la lumière » sur les dossiers brûlants de l’actualité. C’est ainsi, dit-il, que la dernière PNQ de mardi dernier a permis d’établir que la Financial Services Commission avait enfreint la Financial Services Act. Selon lui, le régulateur « n’a pas respecté une clause essentielle », stipulant que lors de l’exercice menant à l’octroi d’un permis d’opération à une compagnie dans le secteur des services financiers, « la réputation du candidat doit être prise en compte ». Or, poursuit-il, la réputation « dont témoignent de nombreux articles et documents disponibles sur la toile » démontrent que « depuis longtemps, Alvaro Sobrinho est accusé ou suspecté de plusieurs méfaits à travers l’Afrique et au Portugal ». Xavier-Luc Duval a ainsi affirmé avoir constitué un dossier, qu’il a déposé sur la table de l’Assemblée. Or, a-t-il fait comprendre, « il est du devoir de la FSC de s’assurer que tout dossier soit “fit and proper” » avant d’octroyer tout permis. De plus, « elle doit s’assurer que la personne concernée est de bonne réputation et est financièrement intègre et fiable ». Ce qui, selon lui, « n’est pas le cas pour Alvaro Sobrinho ».  
Permis octroyés illico presto
Xavier-Luc Duval déplore que des permis d’opération « ont malgré tout été octroyés à ses compagnies illico presto, en dix jours, incluant les week-ends, au lieu de deux mois, comme c’est normalement le cas ». De plus, Xavier-Luc Duval a constaté que les deux seuls permis d’investment banking ont été accordés « à des compagnies douteuses ». Raison pour laquelle, a-t-il fait comprendre, « l’institution d’une commission d’enquête sur toute cette affaire est nécessaire, car la FSC ne peut enquêter sur elle-même ».
Le leader de l’opposition a constaté que le BoI a, lui aussi, « cédé sous la pression ». Il a réaffirmé que Alvaro Sobrinho a un projet d’investissement « d’un milliard de roupies » dans le Royal Park Mauritius. Un dépôt d’un montant de Rs 250 M a déjà été déposé dans le cadre d’un Contrat de réservation préliminaire (CRP), ce qui ne nécessite pas l’approbation du BoI, dit-il. C’est seulement lorsque la Vente en état de futur achèvement (VEFA) sera lancée que le BoI sera informé, poursuit Xavier-Luc Duval, qui se demande « si c’est cela les Rs 2 milliards d’investissements à Maurice dont parlait la présidente de la République ? ». Il estime que, tenant en compte que Alvaro Sobrinho a utilisé « 31 fois les salons VIP » à l’aéroport à la demande de la présidente, « la responsabilité de cette dernière est engagée », ajoutant qu’elle « devrait prendre ses responsabilités ».
D’autre part, Xavier-Luc Duval a attiré l’attention sur le « risque de “cover-up” » dans le cadre des arrestations effectuées après la découverte d’importantes cargaisons de drogues ces dernières semaines. Il a déploré que les enquêtes « se fassent dans l’opacité la plus totale » et se demande « ce qu’ont été faire deux hauts gradés de la police au Mozambique ». D’où la question qu’il se pose, à savoir « Navin Kistnah pourra-t-il remettre les pieds à Maurice ou disparaîtra-t-il dans la nature ? ». Et de souhaiter que le gouvernement « sollicite l’aide d’enquêteurs chevronnés de pays amis pour venir nous aider ».  
Nouveau départ au Parlement
Par ailleurs, tenant en compte l’affaire Sobrinho et l’affaire Sumputh, « dont l’allocation de Rs 100 000 ne peut être obtenue sans l’approbation du ministre de tutelle », à savoir Anil Gayan, Xavier-Luc Duval considère que le ML est devenu « un poids lourd » pour le MSM. Finalement, le leader de l’opposition a dit souhaiter que les travaux parlementaires « ne se poursuivent pas dans le désordre », estimant que la détérioration de la situation au Parlement mardi dernier est « la faute du Deputy Speaker, qui n’a pas été à la hauteur et a été mal préparé ». Ce qui a contribué, dit-il, à générer « un grand désordre au Parlement ». Il a souhaité que le Deputy Speaker « prenne des cours particuliers sur ses responsabilités afin de savoir quand il doit parler et quand il doit rester tranquille ». Car « s’il n’est pas à la hauteur », dit-il encore, « il n’aura pas la tâche facile ». En ce qui concerne la Speaker, Xavier-Luc Duval affirme que les parlementaires ont exprimé leurs ressentiments et a souhaité que le Parlement prenne « un nouveau départ » pour que les travaux se déroulent normalement, « dans le respect des “standing orders” ». Ainsi, dit-il, « les parlementaires du PMSD se mettront debout à l’arrivée de la Speaker ». De plus, il a annoncé qu’une solution pourra être trouvée concernant les interpellations parlementaires du PMSD. Xavier-Luc Duval s’est finalement dit « très heureux » qu’à la suite de la PNQ de la semaine dernière, les personnes qui devaient évacuer leur maison dans les prochains jours disposeront d’un temps de répit.