Accusé d’avoir publié des photos du cadavre de Michaela Harte, le rédacteur en chef du Sunday Times Imraan Hosany a plaidé non coupable hier devant la cour intermédiaire. La publication de ces photos, selon les autorités, constituerait un acte immoral. L’affaire sera prise sur le fond le 26 mars.
Le rédacteur en chef et directeur de publication du Sunday Times, qui répond d’une accusation d’outrage to public morality, s’est présenté devant la cour intermédiaire hier après-midi. Imraan Hosany, assisté de son homme de loi Me Akil Bissessur, a plaidé non coupable à l’inculpation. La Senior Magistrate Véronique Kwok Yin Siong Yen, présidente de l’instance criminelle de la cour intermédiaire, a fixé l’affaire au 26 mars. La partie civile est représentée par le Principal State Counsel Me Medhi Manrakhan.
Dans l’édition du Sunday Times du 15 juillet 2012, des photos prises par la Scene of Crime Office (SOCO) ont été publiées, montrant Michaela Harte, gisant en bikini dans la chambre 1025 de l’ex-Legends Hotel. Ces mêmes clichés avaient été déposés devant la cour d’assises comme éléments du « case for the prosecution » dans le procès contre Avinash Treebhoowon et Sandip Moneea. Ces deux anciens employés de l’établissement hôtelier avaient été inculpés pour l’assassinat de la jeune Irlandaise. Des précisions avaient été ajoutées sur certaines parties du corps de la victime pour montrer les blessures subies.
Selon la plainte civile logée par la famille de la défunte par l’entremise de leurs conseils légaux Mes Dick Ng Sui Wa (avocat) et Bina Venkatasamy-Ramloll (avouée), ces photos ne relèvent pas de l’intérêt public. Il s’agirait selon eux d’une « atteinte à la vie privée et à la dignité humaine ». La publication de ces clichés aurait causé « grievances, anxiety, shock, confusion, revolt and incommensurable pain to the plaintiffs ».
L’enquête a été menée par le Central Criminal Investigation Department (CCID). Le jour de l’arrestation d’Imraan Hosany, des policiers sont entrés dans la salle de rédaction du Sunday Times pour saisir les ordinateurs. Le directeur des poursuites publiques a logé la charge formelle en décembre dernier.
Rappelons que Michaela Harte a été retrouvée morte au Legends Hotel le 10 janvier 2011 pendant sa lune de miel. Le procès contre les deux ex-employés de l’hôtel devant les Assises s’est soldé par un acquittement. L’enquête a été rouverte.