La grande majorité des Mauriciens ont confiance dans le système judiciaire du pays et dans la Commission électorale, selon les résultats d’un sondage effectué par l’agence Afrobarometer. Les résultats partiels de ce sondage ont été présentés à la presse hier par Amédée Darga de StraConsult et Anyway Chingwete de l’African Institute for democracy lors d’un point de presse au Clos St Louis, au Domaine Les Pailles.
À la lumière du sondage d’Afrobarometer, 79 % des répondants font entièrement confiance au judiciaire mauricien alors que 71 % font confiance à la Commission électorale.
Le sondage montre que 81 % des Mauriciens font confiance au judiciaire au niveau des villes alors que 74 % le font dans les régions rurales.
Les sondés avaient été invités à répondre à la question suivante : “Faites vous confiance à chacune des institutions suivantes, ou n’en avez vous pas suffisamment entendu parler ?” Ce sont le judiciaire et la Commission électorale qui disposent du capital confiance le plus élevé. Ils sont suivis du Premier ministre (67 %), de la police (67 %), de la MRA (66 %), de l’Assemblée nationale (65 %), de la SMF (63 %), du parti au pouvoir (63 %), du président (62 %), des partis de l’Opposition (54 %) et des municipalités et administrations régionales (49 %).
Les administrations régionales bénéficient du capital confiance le plus bas que ce soit dans les villes ou à la campagne, soit 55 % et 40 % respectivement.
Concernant la corruption, la perception est assez élevée. Ainsi 40 % des sondés perçoivent que quelques membres du judiciaire sont impliqués dans des affaires de corruption. 40 % perçoivent que c’est le cas pour le président et les officiels de son bureau. 51 % estiment que c’est le cas pour le bureau du Premier ministre. Le sondage révèle également que 56 % des sondés sont d’avis que quelques membres du bureau des impôts sont impliqués dans des affaires de corruption. Le taux de perception pour les autres institutions s’établit comme suit : assemblée nationale 66 %, conseillers des administrations régionales 67 %, police 71 %. En général les urbains ont une perception plus négative que les ruraux notamment par rapport à la police et aux membres de l’Assemblée nationale.
Par ailleurs, l’agence constate que très peu de sondés disent avoir vécu une expérience de corruption dans leurs démarches pour accéder à un service public. À une question concernant l’octroi de “bribes” aux électeurs, seuls 2 % répondent avoir reçu des offres contre leur vote.
Par ailleurs, les Mauriciens se disent très sereins quant à leur perception de la situation économique du pays tant dans le présent que pour les douze prochains mois. Ainsi seulement 38 % des personnes sondées au début de 2012 considèrent que la situation économique du pays est mauvaise ; 43 % la trouvent plutôt bonne et 19 % ni mieux ni pire.
Le sondage a été conduit selon une méthodologie très stricte prescrite par Afrobarometer sur un échantillon national de 1 200 personnes choisies selon un système d’échantillonnage probabiliste national à Maurice et à Rodrigues durant les mois de janvier et février avec des interviews faites face à face. Les sondages ont été réalisés en créole ou en anglais selon le choix du répondant. Le nombre d’hommes et de femmes interrogés est égal, soit 50 % chacun. La marge d’erreur est estimée à plus ou moins 3 %. Au total, 1 080 personnes ont été sondées à Maurice et 120 à Rodrigues