Commentant les récentes agressions en bandes organisées, Paul Bérenger, leader de l’opposition et du MMM craint que la situation ne dégénère. Aussi appelle-t-il le Premier ministre et le Commissaire de police pour qu’ils s’assurent que la police « fasse son travail ». Il note, par ailleurs, une contradiction entre ce qu’avance le ministre des Services publics, Ivan Collendavelloo, au sujet de la privatisation de la Central Water Authority (CWA) et le point de vue exprimé à ce propos par le nouveau directeur général de l’organisme, Yusuf Ismaël. « Sir Anerood Jugnauth qui a « written off » Lutchmeenaraidoo est l’otage de Bhadain », commente-t-il, par ailleurs, par rapport à la guerre larvée qui oppose depuis ces dernières semaines ces deux ministres MSM du gouvernement Lepep. 
Paul Bérenger trouve que les cas successifs d’agression en bandes organisées notées ces derniers temps, dont celui, particulièrement violent, de Bananes donnent la perception que la police ne ferait pas son travail et qu’il y aurait ingérences politiques. Alors que, rappelle-t-il, nul n’a le droit de prendre la loi entre ses mains, et une telle perception peut, selon lui, inciter certains à se faire soi-même justice. D’où son appel pour que la police fasse son travail et que le Commissaire de police de même que le Premier ministre les appellent à le faire.
« J’appelle le Commissaire de police et le Premier ministre à ne pas laisser dégénérer les choses, surtout si elles sont susceptibles de prendre une coloration communale », déclare le chef de l’opposition. Pour lui, il ne faut en aucun cas que la situation dégénère. Il conclut sur ce chapitre en laissant entendre que ces agressions en bandes organisées seront au nombre des toutes premières PNQ qu’il adressera à la rentrée parlementaire prévue le mardi 29 mars. Et promet, par ailleurs, de revenir bientôt, outre sur l’affaire BAI, sur celle du Traité de Non-double Imposition avec l’Inde.
Il considère, à ce propos, « inacceptable » la manière dont ce pays aurait été traité par le gouvernement non seulement par rapport à la renégociation du Traité fiscal, mais encore pour ce qui concerne les circonstances de l’abandon de l’offre indienne de financement du projet de métro léger. Paul Bérenger, qui ne manque pas de rappeler que des entreprises indiennes étaient concernées par ce projet de nouveau mode de transport en commun, condamne surtout ce qu’il considère « la façon cavalière sans égards envers l’Inde » par laquelle le projet a été abandonné.
Le chef de l’opposition parle, par ailleurs, de « vaste cover-up » qui serait en cours à la National Transport Authority (NTA) autour de toute l’affaire alléguée de falsification de horsepower. Selon lui, alors que de nombreuses arrestations avaient déjà été effectuées, le point de rupture serait intervenu quand le ministre Ashik Gungah s’est trouvé mêlé à toute l’affaire. Il s’étonne, ainsi, de la dernière « décision d’amnistie » prise par le ministre Nando Bhoda à l’intention de ceux qui seraient disposés à régulariser leur situation aurprès de la NTA.
Eau: « Autre exemple de promesse non tenue »
Passant au secteur de l’eau potable, Paul Bérenger trouve contradictoire que le ministre de tutelle, Ivan Collendavelloo, se dise pour la privatisation de la CWA alors que, souligne-t-il, le nouveau directeur général fraîchement nommé de cet organisme, Yusuf Ismaël a, lui, déclaré qu’avant de parler de partenaire stratégique, il faut, préalablement, repenser les structures en interne de la CWA. Le leader des mauves revient sur la mesure finalement agréée d’offrir l’eau gratuitement aux consommateurs consommant moins de six mètres cubes mensuellement.
Il rappelle, à cet égard, ce qui avait, en fait, été annoncé par le ministre des Finances, Vishnu Lutchmeenaraidoo, dans son budget. A savoir, que l’ensemble des consommateurs et pas seulement ceux consommant moins de six mètres cubes mensuellement allaient bénéficier de la mesure de gratuité sur les premiers six mètres cubes consommés. « Voilà un autre exemple d’une promesse non tenue », s’indigne Paul Bérenger.
Il annonce dans la foulée que le dossier de l’eau, en particulier, le projet du Bagatelle Dam, fera aussi l’objet de l’une de ses des premières PNQ à la rentrée. Le chef de l’opposition veut aussi connaître, par exemple, l’avancée des travaux effectués en 2015 par rapport au remplacement de la tuyauterie désuète sur le réseau comparé aux travaux de remplacement effectués en 2014. Il prévoit de revenir à la charge en ce qui concerne le tout-à-l’égout qui dépend aussi du ministre Collendavelloo.
Invité, enfin, à commenter la présente situation au sein du gouvernement, Paul Bérenger s’est, d’abord, étonné de l’absence au pays du deputy-Prime minister, Xavier Duval au moment où le pays accueille le président de Madagascar, invité d’honneur aux célébrations de la fête nationale. Il note que le ministre des Finances, Vishnu Lutchmeenaraidoo, s’est fait excuser de sa non-participation aux activités autour de cette visite du président malgache, officiellement, pour cause de maladie.
Pour lui, « tout fout le camp » au gouvernement. « Le Premier ministre, sir Anerood Jugnauth, qui a « written off » Luchmeenaraidoo, est l’otage de Bhadain », dit-il, pour résumer la lutte d’influence qui met aux prises depuis ces derniers temps ces deux ministres MSM du gouvernement Lepep.