Le Food and Agricultural Research and Extension Institute (FAREI) a introduit une nouvelle méthode de traitement de letchis à des fins d’exportation, qui consiste à utiliser de l’eau froide au lieu de produits chimiques. Selon le Chief Executive Officer par intérim de cette institution, Ramesh Rajkumar, « c’est suite à la découverte par les autorités canadiennes de traces de produits chimiques interdits dans ce pays sur une cargaison de letchis exportée, il y a quelques mois, par un Mauricien, que le FAREI a introduit, suite à des recherches, cette nouvelle méthode de traitement des fruits ».
Ramesh Rajkumar indique que les autorités canadiennes ont officiellement écrit au ministère de l’Agro-industrie pour faire part de leur renonciation de cargaisons de letchis de Maurice « à cause des produits chimiques utilisés pour la préservation de ce fruit » sous la recommandation du FAREI. « C’était un grand défi pour nous car nous ne pouvions nous permettre de perdre un grand marché comme le Canada », dit-il, avant d’indiquer que son institution « a pu trouver une autre méthode de traitement des letchis sans produit chimique ».
Cette nouvelle méthode de traitement se fait en trois étapes, soit l’hydro-cooling, l’appropriate packaging et le “maintaining the cold chain from the pack house to the export market”. Avec ce procédé, dit-il, « nous sommes rassurés que des produits chimiques ne soient pas utilisés ». En outre, ce procédé améliorera le système de traitement des letchis à des fins d’exportation et il sera utile pour les autres marchés, dont celui d’Europe, qui n’est pas pour le moment exigeant par rapport au traitement chimique. Le FAREI compte former les producteurs et les exportateurs à cette nouvelle méthode de traitement en vue de la prochaine saison de letchis.
Selon Nirmala Ramburn, scientifique auprès du FAREI, le letchi mauricien « a un grand potentiel » d’exportation. « Nous en exportons depuis les années 80’ vers le marché européen, où il est très apprécié. Mais 24 heures après la récolte, ce fruit commence à se dessécher et à prendre une couleur marron en perdant sa couleur rouge. Il n’attire plus et en deux jours, il n’est plus commercialisable », explique-t-elle. D’où l’utilisation de la technologie dite « soufrage » qui consiste à brûler la poudre de soufre, lâchant ainsi un gaz qui possède des propriétés de “bleach” sur la peau du letchi pour la faire devenir jaune verdâtre. Le fruit reprend alors sa couleur naturelle en 24 heures grâce aux effets de la lumière. « Cette méthode de traitement protège aussi le fruit contre les champignons. Il reste ainsi une semaine ou plus sur les étals sans se dessécher. Ce traitement augmente aussi sa durée de consommation », déclare Nirmala Ramburn.
La scientifique explique que, sous la méthode de l’hydro-cooling, les letchis sont plongés dans de l’eau froide pendant une quinzaine de minutes, et ce jusqu’à ce que sa pulpe atteigne rapidement une température de 5°C. « Cela garde le fruit comestible pendant plus longtemps. Mais il faut maintenir cette chaîne du froid, ce qui implique que l’exportateur doit avoir une chambre froide et un véhicule réfrigéré pour le transport. Lorsque les letchis arrivent aux États-Unis ou au Canada, c’est déjà l’hiver. Ils restent alors frais pendant au moins trois semaines sans perdre de poids, et son goût reste le même », fait ressortir Nirmala Ramburn.