La Food and Agriculture Research and Extension Institute (FAREI) prélève toutes les semaines des échantillons de fruits et légumes au niveau des plantations en vue de s’assurer qu’ils ne contiennent pas de résidus de pesticides au-dessus du niveau autorisé, ce qui facilite la traçabilité. Si besoin, cette institution réagit alors immédiatement, a déclaré le ministre de l’Agro-industrie, Mahen Seeruttun, au Parlement cette semaine en réponse à une question sur l’agriculture bio.
« La traçabilité est cependant très difficile lorsque les échantillons sont prélevés sur le marché. Si les résidus de pesticides dépassent le niveau autorisé, la FAREI sensibilise alors les planteurs et contrôle leurs opérations afin de prévenir toute récidive de leur part », a-t-il indiqué. De son côté, le ministère de la Santé prélève aussi des échantillons au niveau des marchés afin de contrôler le niveau des résidus de pesticides. Cependant, ce procédé ne peut retracer les planteurs faisant une utilisation abusive de ces produits.
Selon Mahen Seeruttun, les différentes initiatives lancées et les incitations accordées à la communauté agricole devraient encourager les planteurs à adopter des pratiques agricoles durables et les mettre sur la bonne voie de l’agriculture bio tout en s’assurant, dans le même temps, que les produits vendus aux consommateurs soient sains et de qualité.
Le ministre a rappelé que le système de production agricole a évolué rapidement durant les dernières décennies, avec une grande dépendance sur l’utilisation de produits chimiques, particulièrement des fertilisants et des pesticides. Ce qui a contribué, dans le temps, à la dégradation du sol et sa fertilité et, en conséquence, à une baisse de la productivité. « Les planteurs étaient donc obligés d’avoir recours à des intrants chimiques en vue de stabiliser et maintenir leur niveau de production », a-t-il souligné. Et d’ajouter : « De tels abus ont eu des impacts néfastes sur l’environnement, la biodiversité, la sécurité alimentaire et la santé des consommateurs. » Il y a aussi, selon lui, une perception grandissante que le taux élevé de cas de cancers et d’autres maladies à Maurice serait lié à une utilisation abusive de pesticides. D’où la démarche du gouvernement de revoir sa politique et sa stratégie de production alimentaire en vue de s’engager dans la production agricole durable. Cependant, le concept d’agriculture bio, a estimé Mahen Seeruttun, « est nouveau pour la plupart des planteurs traditionnels ». Et de prévenir que « le changement n’interviendra pas du jour au lendemain ».