La direction d’Air Mauritius n’a pas encore accusé réception de lettre de la part des deux pilotes dont les contrats ont été résiliés vendredi dernier. Par ailleurs, l’ancien pilote d’Air Mauritius dont le nom avait été cité comme faisant partie d’un comité de sages, Dominique Paturau, a nié hier sa participation à ce comité. Il a par conséquent été remplacé par le commandant Richard Twomey, ancien directeur des opérations d’Air Mauritius et président de la Royal Aéronautical Society de Maurice.
 
Dans une déclaration à la presse mercredi, le CEO d’Air Mauritius, Somas Appavou, avait informé qu’à la suite d’une réunion de travail au ministère du Travail, il avait été indiqué que les pilotes Ulyate et Hofman avaient l’intention de suivre les procédures pour faire appel contre la décision d’Air Mauritius de résilier leurs contrats de travail. Toutefois, en cette fin de semaine,  les pilotes n’ont donné aucune indicationen ce qui concerne leur plan d’action.
S’agissant du retrait de Dominique Paturau du comité de sages, un porte-parole d’Air Mauritius souligne que le principal concerné s’était entretenu pendant une heure avec Somas Appavou et avait manifesté son intention de « donner un coup de main ». Raison pour laquelle il avait été inclus dans le comité de sages. Néanmoins dans l’entourage de Dominique Parurau, on attrinue les propos suivants à celui-ci: « « Je n’ai jamais discuté de ça avec le CEO. Je suis furieux qu’ils utilisent mon nom, j’ai demandé une mise au point à la presse ».
Le comité des sages sera composé désormais des membres suivants : le commandant Richard Twomey, ancien directeur des opérations d’Air Mauritius et président de la Royal Aeronautical Society de Maurice, le commandant Pramil Banymandhub, ancien directeur des opérations et conseiller du CEO, le commandant Samad Essoof, chef pilote et ancien président des syndicats de pilotes, Sudhir Behary Panray, HR Manager, et Jean Bernard Sadien, HR Manager. Le comité a été institué afin d’établir « un dialogue constructif et pérenne » avec les pilotes et leur syndicat. 
De son côté, dans une lettre adressée aux membres de la Mauritius Air Line Pilots Association (MALPA), le président de l’association, Shezaan Laulloo, souligne que les pilotes ont été « très secoués » par les récents évènements. Toutefois, il invite les membres à continuer à faire leur travail avec professionnalisme. « The recent happenings at MK have shaken us to our very core. A series of unfortunate events has sent waves of turmoil across the Company and in the process we have seen our fellow pilots being harassed, vilified and unfairly dismissed. Many of us have been working very hard and utilizing whatever resources we have at hand to help in the collective effort to get our colleagues back on the line, and for this I will forever be grateful. This has affected us not only in our professional but also our personal lives. Some of you have even expressed a sense of insecurity when it comes to reporting that you are unfit, for fear of a negative reaction from the Company », explique-t-il. Il insiste malgré tout sur le fait que « we remain professionals ».
Et d’ajouter : « Feedback from members indicates that for the past few days, distraction caused by the current crisis was identified as the main threat during the TEM briefing. I know it’s easy to be distracted in the current situation but when reporting for a flight duty, all these issues must be left behind and members should be focused on the task at hand, that is the safe and efficient conduct of the mission from initiation to completion. I also request that you show exemplary behaviour whenever you are on flight duty. »
Il soutient que « nous ne devons pas oublier que nous sommes les gardiens de la sureté des passagers à bord des appareils et que ces derniers mettent leur confiance en nous afin que nous fassions notre travail “to the best of our abilities” ». Avant de conclure : « I rely on you all to make sure this trust is not jeopardized in any way. »
Shezaan Laulloo exhorte ses membres qui, pour une raison ou une autre, se sentent « unfit to operate », à « ne pas avoir peur de le dire » à la compagnie. « Ceux qui craignent des représailles devraient s’adresser à moi ou à un membre exécutif pour obtenir une aide », soutient Shezaan Laulloo.