Vidwantee Jhurry, 43 ans, une habitante de Petit-Verger, St-Pierre, dont le corps a été repêché dimanche soir dans un bassin à Albion, a succombé à une hémorragie intercrânienne. C’est ce qu’a révélé l’autopsie pratiquée hier par les médecins légistes Sudesh Kumar Gungadeen et Maxwell Monvoisin. Son concubin de 33 ans, Pritam Bissessur, qui avait tenté de maquiller ce meurtre en noyade, a été arrêté dans la même soirée. Il a été traduit devant le tribunal de Bambous sous une accusation provisoire de meurtre.
Pritam Bissessur, chômeur, vivait en concubinage depuis plus de huit ans avec la victime, mère de deux enfants. Dimanche dernier, vers 15 heures, elle a informé sa mère qu’elle passerait une journée à Albion avec son compagnon. Ne la voyant pas revenir, sa fille Amerbag l’avait appelée pour lui demander l’heure à laquelle elle rentrerait. « Letan mo ti pe koz avek mo mama lor telefonn mo’nn tann, enn dimounn pe koze bien for. Ma maman m’avait répondu qu’elle n’allait pas tarder et qu’elle allait rentrer dans les heures qui suivent », indique Amerbag.
Vers 20 heures, L. Jhurry, le frère de Vidwantee Jhurry, a reçu un appel de la police pour lui demander de se rendre à Albion. « En arrivant sur place, un policier m’a annoncé que ma soeur était morte noyée. J’avais des doutes car Vidwantee savait nager. J’ai tout de suite compris qu’il y avait “foul play” étant donné que le suspect avait à maintes occasions agressé ma soeur. Il y a deux ans, il lui avait donné plusieurs coups de sabre avant de la pousser dans un trou. Ma soeur avait subi une intervention chirurgicale et avait passé plus d’un mois aux soins intensifs dans un hôpital », raconte-t-il. Pritam Bissessur, poursuivi pour cette affaire, a par la suite été libéré sous caution.
Nadia Sooroojbally, la belle-soeur de Vidwantee Jhurry, dit se souvenir du jour où le suspect avait forcé la victime à l’accompagner à Réduit, tout près d’une passerelle, où il avait cogné sa tête contre un mur. « Li finn bien fer dominer ar li. Mo bel-ser inn bien soufer dan so lame. » Le suspect, dit-elle, étant chômeur, avait exigé que la victime lui remette une grosse somme d’argent qu’elle avait obtenue comme compensation après la mort de son époux. Celui-ci, qui occupait un poste important dans une compagnie privée, est décédé il y a trois mois. « Pritam avait confisqué la carte bancaire de ma belle-soeur et faisait des retraits quand il voulait. Vidwantee ne pouvait rien lui dire. Elle avait peur de lui. Il l’avait menacée de la tuer si elle refusait. Li finn bien abiz lor li », soutient encore Nadia Sooroojbally. L. Jhurry poursuit en racontant que le suspect avait obligé sa soeur à acheter une bouteille de whisky au coût de Rs 3 000 qu’il avait consommée en un jour. « Mo finn deza galoupe al Verdun katr er gramatin pou al tir mo ser de so lame », dit-il.
Dimanche vers 19 heures, des témoins, qui ont aperçu Pritam Bissessur dans un restaurant, où ce dernier s’était rendu pour demander un verre d’eau avant d’opter pour un verre de Ricard, ont indiqué qu’il avait raconté à des habitants avoir essayé de bouger sa compagne, mais que celle-ci n’avait pas réagi. Il était ensuite revenu au restaurant pour récupérer une torche qu’il avait oubliée. « Mo bien bizin sa tors-la », a-t-il dit. La mère de Vidwantee regrette que sa fille n’ait pas écouté ses conseils. « Mo ti dir li kit sa boug-la ; li pa finn ekoute. Get kouma mo tifi inn mor. » Les funérailles de Vidwantee Jhurry ont eu lieu hier après-midi.