En la personne de Sunil Dowarkasing, Senior Portfolio Manager Climate Change de l’ONG international Greenpeace, le Kolektif Say No to Petroleum Hub, bénéficie du soutien de cette ONG internationale dans sa lutte contre ce projet pétrolier à Albion. L’écologiste a promis à ses compatriotes le soutien légal et technique de Greenpeace. Sunil Dowarkasing a lancé un appel au Premier ministre pour annuler ce projet. « Maurice n’a rien à gagner mais tout à perdre dans ce projet », a-t-il argué.
« Le Premier ministre, Pravind Jugnauth, assiste actuellement à la Semaine du Climat à New York dans le cadre de l’Assemblée Générale des Nation Unies. Là-bas il a la tête dans la défense de l’environnement, mais ici il a les pieds dans le pétrole. Il faut que cesse cette hypocrisie », soutient Sunil Dowarkasing de Greenpeace, qui fait campagne pour changer les attitudes et les comportements, et qui protège et promeut l’environnement et la paix dans le monde. L’écologiste intervenait lors d’une conférence de presse hier au Centre social Marie Reine de la Paix, Port-Louis, par les animateurs du Kolektif Say No to Petroleum Hub.
« Le Premier ministre en premier et ses ministres ensuite doivent comprendre que Maurice n’a rien à gagner avec un Petroleum Hub ni à Albion ni aucune place ailleurs dans l’île. Au contraire : Maurice a tout à perdre », a martelé l’écologiste. « La Grèce est le N° 1 mondial en bunkering, et pourtant cela ne l’a pas empêché de faire faillite », a-t-il soutenu pour prouver ses dires.
« Maurice est en danger et pour nous en convaincre, nous devons savoir que les séquelles du naufrage du MV Benita au Bouchon sont encore là. On n’efface pas les séquelles d’une catastrophe écologique, d’une marée noire. Le MV Benita a déversé un peu d’huile de moteur dans notre lagon. Imaginez les conséquences d’une marée noire au large de Maurice suite à un accident, ou une fuite ? »
Pour Sunil Dowarkasing, la construction d’une plateforme pétrolière est d’autant plus dangereuse qu’elle est « inutile ». « Zordi ena bann alternativ pou lenerzi fosil ». Il a fait appel à la collaboration des hôteliers dans cette lutte. « Le tourism ek lekonomi en zeneral pou soufer ».
Dans ce contexte, l’écologiste a félicité les animateurs du Kolektif Say No to Petroleum Hub pour leur résistance à ce projet de plateforme pétrolière et promis de lancer une campagne d’envergure internationale. « Zot pou gagn soutien legal et teknik de Greenpeace. Si le Premier minis ek so gouvernman na pale asim zot responsabilite anver bann zenerasion futur, nou, nou pou fer li ».
L’activiste syndical Ivor Tan Yan a lui plaidé pour l’inscription de Pointe-aux-Caves (Albion) au Patrimoine mondial de l’Unesco. « Une telle démarche rapportera des bénéfices financiers, environnementaux et touristiques à long terme au lieu de ce projet pétrolier éphémère qui d’ici 100 ans sera désuet car d’ici là l’énergie fossile serait complètement épuisée et dépassée. Proze touristik ena l’avenir, l’enerzi fosil pena l’avenir. Inscrire Pointe-aux-Caves au Patrimoine mondial de l’humanité c’est protéger, préserver et transférer ce patrimoine aux générations futures et empêcher sa destruction ».
Ivor Tan Yan a rappelé avoir envoyé des lettres à cet effet aux parlementaires. « En tant qu’élus du peuple, c’est leur responsabilité individuelle d’empêcher la destruction de notre pays au nom du profit ».
Saleema Pierre, porte-parole de l’association Protez Later Nou Zanfan, a vivement plaidé pour la préservation du patrimoine matériel et immatériel ainsi que de l’environnement pour les générations futures. « Notre association regroupe des mères, des grands-mères. Quand on a donné la vie, on a la responsabilité de nous assurer que ceux qu’on a portés puissent jouir de tout ce que la Nature a mis à notre disposition. Nous n’avons pas le droit de le détruire. Nou bann zanfan bizin kapav profit non selman de nou laplaz, me osi de la mer, de l’air ki nou respire, de bann plant ek zanimo ki la natir finn donn nou et de sa zoli lil ki nou finn erite ek ni nou zanfan nou ti zan fan ena drwa zot osi kone ».
La porte-parole de Protez Later Nou Zanfan a exprimé « l’inquiétude » des mères et des enfants quant à la préservation de leur environnement. « Nou bann zanfan pe atann enn repons ek gouvernman. Si gouvernman kontign fer la sourd orey se ki li pou montre ki li pena konsiderasion pou bann zanfan morisien. Gouvernman ena la responsabilité protez nou zanfan ek la vie sous toutes ses formes. Zordi ena boukou possibilite pou tourn nou vers le vert. Gouvernma bizin ena konsiderasion pou l’imin ».
Pour sa part, Jean José Bax, autre porte-parole du Kolektif, a rappelé les activités organisées pour sensibiliser la population aux dangers d’un Petroleum Hub à Maurice. « De 2011 à 2014 nou finn lut kont la centrale à charbon de CT Power, ki finn mor. Apre, depi 2016 ziska debi 2017 zot finn koz raffinerie ek pipe-line ziska laeropor. Sa osi finn mor. Aster zot pe koz petroleum-port, ek so petroleum-jetty ek so stokaz, so bunkering, tou sa la se Petroleum Hub mem sa. So raffinerie flotante osi pou revini apre. Se enn danze pa selma pou nou la sante ek pou lanvironman, me osi pou lekonomi nou pei. Enn sel fwit ou enn sel aksidan, gagn enn mare nwar e se toute l’île Maurice ki afekte partou ».
Jean José Bax s’est par ailleurs indigné du « silence » du ministre de l’Environnement, Etienne Sinatambou, sur ce projet pétrolier d’Albion. « Sa première responsabilité c’est de protéger l’Environnement. Il ne peut plaider l’ignorance car il est diplômé en environnement, se vante-t-il souvent ».