Quatre ans après Otopsi, Benoit Lejeune, alias Ti Benoit ou Ultimatum, revient sur le devant de la scène pour présenter son Manuscrit. Sur des airs coupé-décalé, hip-hop et seggae, celui qui a fait ses preuves au sein du groupe Monaster évoque les réalités de la vie. Dix titres bercent le troisième solo de Ti Benoit.
Il se définit comme un accro de l’info. C’est cette envie de toujours vouloir s’informer de ce qui se passe autour de lui qui lui permettra de mettre sur papier ses idées et de réaliser son Manuscrit. Huit mois lui ont été nécessaires pour concrétiser son projet, de l’écriture à l’enregistrement. Les problèmes de société et de la vie sont les thèmes principaux du troisième opus solo de Benoit Lejeune, alias Ultimatum. “Des histoires qui me sont souvent racontées par des gens que je rencontre, par mon entourage et aussi par mes proches. Ou encore que je lis dans l’actualité locale”, explique l’artiste.
Fléaux
Maryaz Aranze, l’un des titres phares de l’album, parle de ce phénomène qui, selon l’artiste, est à la source de nombreux fléaux, dont le suicide et les crimes passionnels. La diaspora créole est également à l’honneur avec Mauricien Ailleur. Ti Benoit fait référence à l’émission télévisée Anou Bouze, à travers le titre éponyme. Parmi les autres morceaux qui risquent de marcher fort, nous notons également Melancolique Touzour, qui est basé sur le roman David Copperfield de Charles Dickens. Un livre qu’Ultimatum, qui se révèle également un grand passionné de littérature, a découvert quand il était au collège. “Je m’appelle Ismaël et je suis orphelin. Mo pena ni mama ni papa ni marraine ni parrain…” Ainsi débute le morceau, accompagné d’une douce musique.
Complicité
Le Manuscrit est aussi l’occasion pour Ultimatum de partager une nouvelle expérience musicale avec quelques-uns de ses camarades artistes. Après Black is beauty de l’album Kalamité (2004) et Don’t be sad, qui figure sur Otopsi, Ti Benoit retrouve cette fois Mr Snyp sur un coupé-décalé pour évoquer de l’importance de la musique dans notre culture. Les deux artistes, qui sont liés par une grande complicité, expriment leur désir de “faire la musique par amour avec l’espoir de parvenir à changer le monde.” Aux côtés du jeune chanteur Crisyar, avec qui il avait réalisé Lom to pe korompi en 2009, Ultimatum fait un clin d’oeil au seggae avec Anou bouze.
Livré dans une musicalité très colorée, Le Manuscrit comprend dix titres, entrecoupés chacun d’une petite introduction. L’album est produit par La Kabana Music tandis que le montage et l’arrangement musical sont signés Jean-Marc Constance. Disponible dans les bacs depuis quelques jours.