S’en prenant une nouvelle fois au projet de IIe République, le leader de l’Alliance Lepep, sir Anerood Jugnauth, a déclaré : « Bien qu’ils aient été des colons, le système élaboré par les Anglais pour nous, à Maurice est certainement la meilleure chose qu’ils nous aient légué. Notre constitution actuelle est, pour moi, la meilleure du monde. » L’Alliance Lepep tenait son meeting hier à Bel-Air, dans la circonscription N° 10 (Montagne Blanche/GRSE). Pravind Jugnauth et Aurore Perraud, qui devaient y prendre la parole, n’ont pas répondu présent.
Sir Anerood Jugnauth et Jacques Panglose, représentant le PMSD, ont tous deux axé leurs interventions principalement sur le projet de réforme constitutionnelle présenté par l’alliance PTr/MMM. « Personn napa gagn droi vinn sanz nou system dan nou ledo », devait s’insurger SAJ. Il a évoqué, à ce titre, le fait que « nous avons hérité d’un système élaboré par les Anglais. Bien que ceux-ci aient été des colons, ils nous ont légué une constitution, celle que nous avons actuellement, et qui, pour moi, est la meilleure du monde ». Sur le même thème, Jacques Panglose, qui remplaçait Aurore Perraud, devait souligner que « ces élections de 2014 sont les plus importantes depuis celles de 1968 quand le pays a gagné son indépendance ».
« Napa vote sa projet IIe Republik la », devait-il encore soutenir. « Se enn malediksion pou nou pei sa. Si ou vote sa, se instabilite ek diktatir ki pe rentrer ». SAJ devait évoquer « une intervention de Rajesh Bhagwan sur une radio privée, où il avait déclaré que s’ils gagnaient les élections, ils seraient au pouvoir non pas pour 5 ans, mais pour 15 à 20 ans. Qu’est-ce qu’il faut comprendre par cette déclaration ? N’est-ce pas là un aveu d’une dictature qui va s’instaurer ? » Le leader de l’Alliance Lepep devait encore mettre en garde la population sur le fait que « Navin Ramgoolam ek Paul Bérenger pe fer ou kroir ki zot pou resi travay ensam… Abe mo konn zot tou les de. Sakenn ena enn karakter a l’oppose de l’autre. Aster zot pe fer ou kroir servante pou kapav mett lordre dan laguer entre mari ek fam. Zot pe pran lepep pou lalo » Mais, devait-il renchérir, « je sais que le peuple n’est pas idiot et qu’il votera intelligemment ».
S’en prenant directement au Premier ministre, SAJ devait déplorer les décisions prises quant aux projets de carte d’identité et de métro léger : « Eski sa plis priorite ki donn lepep delo ? Kot ou pase delo pena ! Bann tuyau pa finn sanzer depi des centaines d’années. Plus ki 50 % delo pe perdi enba later… Abe eski compare ek sa, sanz ou carte d’identite ou fer proze metro leger pli importan ? » Le leader de l’Alliance Lepep devait aussi revenir sur « les scandales des deals comme celui d’Air Mauritius… Si Navin Ramgoolam ne veut pas donner le chiffre de l’achat des avions qu’il a présenté comme un « super-deal », c’est justement parce qu’il s’est acheté un jet privé ». Dans le même esprit, SAJ devait revenir sur la Rolls Royce du Premier ministre : « Li anvi fer kouma bann prezidan afrikain. »
Paul Bérenger, ancien allié de SAJ au sein du Remake 2000, en a également pris pour son grade. « Mo ankor ena dan mo latet gravé so bann dernier mot kan li ti vinn guet moi State House pou dimane moi retourne dan politik. Li ti dir moi « Navin Ramgoolam enn pouritir ! » Azordi limem li pe noyer dan sa pouritir la ». L’ex-leader de l’opposition a aussi été vertement critiqué par SAJ pour sa position dans le bras de fer qui oppose actuellement le gouvernement et l’industrie sucrière : « Bérenger pe menaser. Ramgoolam pa pe fer sa autan ki li ! Ek sa ti enn syndikalis sa ? Abe kot vre patriote la inn aler la ? Zordi li ena alchimie ou sipaki ete ek Navin Ramgoolam… samem Dimounn ki linn critiker zour apre zour ».
Pressentis pour intervenir au meeting du N° 10, tenu à la Boutique Teoka, Pravind Jugnauth et Aurore Perraud ont brillé par leur absence. Le premier, devait-on apprendre, était souffrant, tandis que la députée bleue était « très prise par sa circonscription ». À noter que le meeting a été ponctué par un rallye des partisans de l’Alliance Lepep qui s’étaient mobilisés plus tôt dans l’après-midi à la hauteur de la prison de Melrose.