Le président de la Ministry of Health Employees Union (MHEU), Amarjeet Seetohul, réclame des mesures concrètes quant à la prolifération de la grippe H1N1 dans les différents hôpitaux publics. « Aucune précaution n’est prise et nous n’avons aucune information sur cette maladie », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse, hier, à Port-Louis.
« La grippe H1N1 est très présente à Maurice. Elle a déjà fait des victimes. Nous sommes très inquiets pour le personnel qui travaille avec ces patients », soutient Amarjeet Seetohul. Il ajoute que les Health Care Assistants sont les premiers à être en contact avec ces patients. « Ils s’occupent aussi d’eux dans les salles », a-t-il fait ressortir. La réussite d’une organisation, dit-il, dépend de la communication et le ministère de la Santé a failli dans sa tâche en ne communiquant pas les informations nécessaires sur cette maladie au personnel soignant. « La moindre des choses aurait été d’avoir réuni les syndicalistes pour leur demander de faire passer le message ». M. Seetohul s’interroge, par ailleurs, sur le stock de Tamiflu dont dispose le ministère de la Santé pour contrer la grippe H1N1. « Ce virus étant en mutation, le Tamiflu disponible sera-t-il efficace contre lui ? »
Pour Rashid Imrith, président de la Federation of Public Sector and Other Unions (FPSOU), le gouvernement est en train de sous-estimer les dégâts que la grippe H1N1 peut causer au sein de la population, et tout d’abord parmi les patients et le personnel à l’hôpital.
Toujours au chapitre de la communication, Amarjeet Seetohul a rappelé que le ministère de la Santé avait en 2005 donné des cours en customer care à une vingtaine de Heath Care Assistants. Par la suite, une quinzaine avaient été promus Assistant Patients Officers dans les différents hôpitaux du pays dans le but de communiquer avec les patients, le personnel soignant et le public. « Ce n’est pas suffisant. Il y a un officier par hôpital, or un millier de patients se rendent à l’hôpital Victoria tous les jours. La tâche de ces employés devient difficile », a-t-il fait ressortir. De plus, leurs allocations de Rs 600 par mois n’ont pas été versées depuis les six derniers mois. « Il faut les payer immédiatement et également recruter d’autres personnes à ce poste ».
Parlant des cas agressions contre le personnel de santé, le président de la MHEU affirme qu’il avait raison de dire dans le passé que l’installation de caméras de surveillance n’était pas une solution en elle-même contre les agressions. « Il faut cerner le problème dans sa globalité ». A ce sujet, Rashid Imrith a estimé que la présence policière agit toujours comme un deterrent. De ce fait, il a réclamé plus de policiers dans l’enceinte des hôpitaux.