Quelques jours après avoir digéré le choc subi par le résultat catastrophique des élections du 10 décembre qui n’ont envoyé que quatre députés au Parlement et aucun «best loser», et dans l’attente d’une réunion du PTr pour discuter de la situation, quelques voix se font déjà entendre sur le séisme qui a secoué la baraque rouge, à l’instar de l’ancien ministre du Travail et de l’Emploi Shakeel Mohamed, seul membre du gouvernement sortant à avoir été reconduit comme député et premier élu de Port-Louis Est/Port-Louis Maritime qui déclare sans ambages que ce qui est arrivé lors du dernier scrutin, «c’est une leçon bien méritée, il faut avoir l’honnêteté de l’admettre» et que «it’s finally a good kick up our backside».
Connu pour ne pas avoir sa langue dans sa poche et ne pas pratiquer la langue de bois outre mesure, l’ancien ministre va même jusqu’à observer que «l’électorat du PTr est là et sera toujours là, mais il y a eu un 10 décembre 2014 et il n’a pas été là, car il avait un message à nous faire passer».
Et de renchérir en ces termes : «L’électorat du PTr et la grande majorité de la population veulent d’un PTr nouveau, d’une nouvelle direction, d’une nouvelle vision, d’une nouvelle façon de faire la politique». Aussi appelle-t-il de ses voeux une réunion de son parti pour en discuter. «Nous attendons une communication du secrétaire général ou du président ou du leader du PTr pour une rencontre de l’exécutif. Il est nécessaire d’avoir cette réunion pour prendre note et surtout bonne note des leçons de la défaite du parti à ces élections», laisse-t-il entendre..
Le député va même plus loin et estime que «s’agissant du leadership, ces élections démontrent que les membres de l’exécutif sont appelés à prendre une décision» et que «tout ne doit pas être concentré dans les mains d’un groupe». Positivant toutefois, Shakeel Mohamed ajoute que «l’issue de ces élections est une bonne chose, car cela va faciliter la mise en application d’une nouvelle vision qui était impossible, car certains, dans leur confort, vivent loin des réalités».
Invité à dire quel rôle il entend jouer dans la mesure où ses trois collègues élus du PTr — Osman Mohamed, Ritish Ramful et Ezra Jhuboo — sont tous des néophytes, l’ancien ministre a déclaré que «je serai le senior des élus PTr dans l’opposition et compte sur le soutien des trois autres et du PTr dans son ensemble».
Plutôt serein sur l’avenir, le député ajoute aussi que «le PTr, c’est une famille et la grande famille des rouges ‘will rise again’. J’espère qu’elle a appris de cette leçon et je suis sur que ‘we can oppose and propose constructively’. Il n’y aura pas de coups bas dans les pattes, il faut donner sa chance au nouveau gouvernement d’appliquer ce qu’il a dans son programme. Nous ne ferons pas une opposition démagogique», promet-il. 
Autre voix qui s’est exprimée sur la déroute du 10 décembre, celle de Arvin Boolell qu’un sondage récent donnait comme le politicien le plus populaire du pays, mais qui a été battu dans son fief de Vieux-Grand-Port/Rose Belle pour la première fois depuis 1987 par le trio de l’Alliance Lepep, Mahen Seeruttun, Sandhya Boygah et Prem Koonjoo. Lui aussi n’hésite pas à dire que «l’Alliance Lepep n’a pas remporté les élections; c’est le PTr qui a été sanctionné».
Lui aussi dit attendre une réunion des instances pour analyser cette déroute qui a emporté la direction des rouges, de son leader, Navin Ramgoolam, à la secrétaire générale Kalyanee Juggoo, en passant par le président et porte-parole Patrick Assirvaden et la présidente de l’aile jeune Nita Deerpalsing — sans compter celui qui était présenté comme un colosse, Anil Bachoo — dans cette vague anti-travailliste.
«Au PTr les choses vont évoluer            naturellement»
En attendant que ces réunions se tiennent, l’ancien ministre des Affaires étrangères a déclaré que «déjà je reçois plusieurs appels de nos sympathisants qui ont hâte de redynamiser le PTr. Il y a une vague de sympathie et un désir d’insuffler une nouvelle impulsion nécessaire au PTr».
«Nous n’allons pas précipiter les choses, mais l’engagement ferme est là pour dynamiser le PTr en marge d’un renouveau. Nous avons tous une responsabilité et l’essentiel est une consolidation des structures du PTr. Dans les jours à venir, en dépit des fêtes de fin d’année, nous devrions nos asseoir pour entamer un travail dans ce sens», dit aussi Arvin Boolell. 
Quant à ses prochaines responsabilités, il déclare qu’il n’est pas «nécessaire d’être politologue pour cela» et qu’il a «toujours été là pour les responsabilités, quelles qu’elles soient.»»Je suis prêt. Au PTr, les choses vont évoluer naturellement, car il y a une détermination pour travailler la structure du parti. Ce n’est pas un set back mais un silvering», précise-t-il.
Également sollicité pour un commentaire, le président du PTr, Patrick Assirvaden, a annoncé «que les dirigeants du parti vont se rencontrer incessamment et, qu’à ce stade, on préfère attendre pour analyser ensemble la situation et à la lumière des discussions que nous aurons entre les membres de l’exécutif, des décisions seront prises».
En petit comité, les commentaires vont bon train. Certains blâment l’alliance conclue avec le MMM et le projet de IIe République voulu par Navin Ramgoolam qui a lui-même été sévèrement sanctionné dans son fief du No 5 où il régnait depuis 1991.
D’autres évoquent le «primeministership» de 5 ans offert à Paul Bérenger, quand bien même avec des pouvoirs réduits, qui aurait hérissé l’électorat rouge et certains n’hésitent plus à affirmer que c’est le style Ramgoolam et ses fréquentations qui ont été étalées sur la place publique, ainsi que le rôle de la MBC, qui sont à l’origine de cette grande débâcle électorale. Certains critiquent aussi l’accaparement du parti par des transfuges au détriment des «zenfan lacaz».
En attendant les réunions annoncées et le commentaire à venir et très attendu de Navin Ramgoolam lui-même, les supputations continueront à aller bon train dans les officines rouges.