L’allure à laquelle se déroula le dernier kilomètre nous fit croire qu’on avait été convié à un sprint sur 1000m. Or, on assistait bien à une épreuve de 1850m où C Major avait réduit l’épreuve à un sprint. Cependant, il trouva meilleur que lui en Diamond Light, qui alla cueillir son 11e succès au Champ de Mars. Quel parcours pour ce cheval qui avait débuté sa carrière au plus bas de l’échelle et qui n’avait pas ouvert son palmarès à son arrivée à Maurice. Ses propriétaires ont bien eu le droit de s’en donner à coeur joie samedi.
On savait que le manque d’un vrai meneur se ferait sentir dans ce premier 1850m de l’élite. Mais on ne s’attendait pas à voir C Major autant réduire l’épreuve. On ne peut pour autant blâmer Cédric Ségéon — même si on aurait préféré une course rondement menée et que ce soit bien le meilleur qui surgisse au bout de la ligne droite — car il a jugé cette tactique comme étant la meilleure pour sa monture. Ainsi, le dernier kilomètre fut couvert en 59”37, les 800 derniers mètres en 47”05 et les derniers 400m en 24”29. Certains des adversaires de C Major, surtout ceux n’avaient pas trop de charge sur le dos, devaient se placer dans le sillage du meneur pour ne pas être trop distancés quand le sprint final serait donné. C Major devait être repris par son jockey au passage des 1400m et les 400m allant vers le Tombeau Malartic furent couverts en 27”64. Si on s’intéressait aux temps fractionnés, on trouverait que la course ne fut vraiment lancée qu’aux 600m avec un chrono de 10”61.
Ce fut Ice Axe, qui avait mis son jockey en difficulté avec une selle déplacée, qui fut le premier à se faire remarquer. Ce ne fut toutefois qu’un feu de paille car on remarqua vite la mauvaise position de Benedict Woodworth, alors qu’Ice Axe avait été dirigé vers l’extérieur pour ne pas gêner les autres concurrents et aussi pour prévenir une chute éventuelle. C Major repoussa cette attaque et eut à en découdre avec Diamond Light sur lequel Fausto Durso se démena comme un beau diable pour prendre l’avantage. Love Struck dut se contenter de la troisième place et Code Rock termina quatrième.
On avait été habitué à trouver Diamond Light surgir au cours d’une course rondement menée, mais ce cheval a confirmé depuis le début de la nouvelle saison qu’il peut aussi faire jeu égal et même se montrer le meilleur quand une épreuve était réduite à un sprint. Le voir remporter une épreuve de Groupe 3 maintenant démontre toute l’étendue de ses progrès, lui qui était encore un Maiden le 11 juin 2011 quand il avait débuté au Champ de Mars. Chapeau !