Les trois jurées, la Française Béatrice Binoche, l’Indienne Zasha Colah et la Sud-Africaine Kabelo Malatsie, ont deux petites semaines pour examiner les 40 projets et dossiers de candidature proposés par les plasticiens pour l’exposition The edge of the world. La sélection finale devrait être présentée le 16 mars, sachant que l’exposition en tant que telle relookera le jardin de la State House du 19 au 29 mai.
Pour cette édition inédite d’une exposition nationale d’art éphémère, les initiateurs avancent dans la conception du projet aussi au fil de l’expérience. Ainsi, à partir des projets sélectionnés par le jury, pourront-ils définir plus clairement à quelle hauteur financer ces créations, tant pour les frais techniques que la rémunération des artistes. Le budget de la State House ainsi que des dons privés y pourvoiront.
Zasha Colah, actuellement à Maurice pour finaliser la prochaine exposition de l’Institut d’art contemporain de l’océan Indien (ICAIO), dont elle assure le commissariat, est rompue à ce genre d’exercice. Cette spécialiste d’art contemporain tel qu’il s’exprime en Inde, a fondé en 2010 la Clark House Initiative, à Bombay, et la dirige depuis. Cette organisation veille à la fois sur la conception d’expositions d’art contemporain et rassemble un collectif d’artistes. Auparavant, elle était commissaire pour Blackrice, une organisation similaire qui explorait particulièrement l’art contemporain dans les États du nord-est de l’Inde. Zasha Colah enseigne dans une école d’art et collabore avec plusieurs organisations non profitables telles que l’ICAIO : Soil Bite et la fondation Mumbai Art Room of the Contemporary Arts Trust. Nombre d’expositions qu’elle est amenée à concevoir ont lieu à travers le monde dans les villes les plus ouvertes à l’art contemporain et à la culture en général.
Béatrice Binoche a pris la direction du Fonds régional d’art contemporain (FRAC) à La Réunion en juillet 2015, mais elle a déjà connu cet organisme public de l’intérieur, puisqu’elle a été membre de son Conseil d’administration pendant deux ans. Consultante dans le secteur culturel et commissaire d’exposition, elle a notamment fait tourner la galerie Béatrice Binoche, qu’elle a choisi d’ouvrir dans l’île soeur de 2006 à 2012. Cette passionnée d’art plastique fait également partie de l’association Pass’arts.
Kabelo Malatsie, elle, fait partie des porte-flambeaux qui font entendre la création sud-africaine sur le marché mondial de l’art. Il aura fallu beaucoup de temps et d’énergie pour que les galeries et rencontres d’arts internationaux s’intéressent à l’expression africaine en tant que telle en se débarrassant de leurs propres conditionnements voire d’une perception un tant soit peu condescendante des pays du Sud. Et pourtant, Kabelo Malatsie, produisant des artistes de la trempe de Nicholas Hlobo, Samson Kambalu, Mawanda Ka Zenzile et Sabelo Mlangeni, est bien placé pour montrer la singularité, le dynamisme et la pertinence de leurs travaux. Cette jeune femme travaille régulièrement en tant que commissaire auprès de la galerie Stevenson au Cap, représente différentes galeries d’art dans les grands Salons internationaux et autres biennales (New York, Londres, Bâle, Dakar, Venise, etc.).