Le procès intenté à Dharshan Gungaram devant les Assises pour le meurtre de Ricardo Dintu en décembre 2004 a connu plusieurs semaines de débats autour de la motion de voir dire présentée par la défense pour contester l’admissibilité en cour de certaines dépositions enregistrées par la police lors de l’arrestation du prévenu. Les deux parties ont soumis leurs réquisitoires il y a deux semaines et le procès a été renvoyé à janvier. À noter que dans l’une de ces dépositions enregistrées par la police, l’accusé aurait à un certain moment avoué des éléments concernant ce meurtre.
Les débats sur cette motion ont débuté en juin et se sont étalés sur plusieurs semaines. Après les débats sur l’objection de la défense à ce que des out of court statements soient produites en cour, l’avocat de la défense, Me Madan Dulloo, avait présenté une motion de voir dire pour contester l’admissibilité des dépositions enregistrées par la police. L’une des dépositions que la poursuite voulait présenter en Cour comporterait des aveux de l’accusé sur ce meurtre. Or, pour la défense, une telle preuve n’est pas admissible en Cour car selon l’avocat Madan Dulloo les dépositions de Dharshan Gungaram ont été enregistrées en l’absence de son homme de loi. Les deux parties se sont alors référées à un autre procès en vue de déterminer si les preuves de la poursuite, à savoir des dépositions enregistrées dans les Diary Books des policiers, sont recevables. À noter que le voir dire a été mené en l’absence du jury.
Rappelons qu’après le contre-interrogatoire d’un membre du FSL lors de la première audition, la poursuite devait appeler son deuxième témoin du jour, le PC Dargahed, celui qui avait assuré la garde de Dharshan Gungaram alors qu’il était à la CID de Vacoas. Le 1er janvier 2005 à 0 h 35, le PC Dargahed aurait fait des entrées dans son Diary Book. La poursuite devait demander au policier de présenter ce document en cour mais la défense y a formellement objecté, soulignant que de telles déclarations ne pouvaient être considérées. À cet effet, Me Madan Dulloo a objecté à ce que des out of court statements « amounting to confession or exculpating » et qui n’ont pas été faites under warning et pour lesquelles l’accusé n’avait pas été informé de ses droits en présence de son homme de loi, soient produites en cour. Se basant sur la Criminal Procedure and Evidence Act concernant l’admissibilité des confessions et des déclarations, l’homme de loi a soutenu que la cour ne peut retenir les déclarations d’un accusé faites « to inquiry officers, cell mates or any other members of the public ».
Les faits remontent à décembre 2004. Après une soirée chez des proches, Ricardo Dintu, un Curepipien, s’est rendu au casino de Vacoas. Il aurait été en possession d’une grosse somme d’argent. À l’aube, son corps a été retrouvé à proximité de la maison de jeu. Il portait des blessures à la tête. Le vigile du casino, Dharshan Gungaram, et son collègue Pravin Ramajit avaient alors été arrêtés. Dharshan Gungaram a plaidé non coupable.