Deux médailles de bronze, l’une acquise par Bernard Baptiste au lancer du poids face à une forte concurrence et l’autre remportée par Jérôme Caprice au 20 km marche où il était déjà au départ assuré d’une médaille vu que le titre s’est disputé entre seulement trois concurrents. Le bilan qu’on peut dresser de l’athlétisme mauricien à ces Jeux de la Francophonie reste pour le moins mitigé. D’autant que rares furent les athlètes qui ont pu améliorer voire se rapprocher un tant soit peu de leur meilleure marque personnelle.
Le bilan est plus acceptable qu’il ne le fut l’an dernier, par exemple, aux 20es Championnats d’Afrique à Durban où, pour la première fois depuis le passage en l’an 2000, Maurice avait fait chou blanc. Même s’il est bien connu que le niveau du sommet africain peut-être souvent en lui-même plus relevé que celui des Jeux de la Francophonie, ces deux médailles de bronze ne représentent qu’une maigre consolation, à maintenant deux années des 10es Jeux des îles dont Maurice est l’organisatrice. Au pire, on pourrait dire qu’elles sont le signe d’un début de redressement. Espérons-le.
14 athlètes mauriciens étaient pourtant en action de dimanche dernier à jeudi (23-27 juillet) au stade Félix Houphouêt Boigny, et trois seulement ont aligné des performances proches de leur niveau, alors que les autres ont été tous en deçà des prévisions. De plus, Vanessa Collin n’a donné aucun signe de vie quant à sa participation à la finale du lancer du javelot féminin.
Côté climat, on note que les conditions prévalant à Abidjan au début et à la fin de chaque épreuve étaient les mêmes pour tout le monde, soit une température relativement fraîche à 24-25°C, avec un taux d’humidité élevé. Mais des conditions normales, car sinon comment expliquer qu’elles n’ont pas empêché qu’un certain nombre de records francophones et nationaux ne soient battus ? Même les athlètes des Seychelles ont réussi à rafler deux médailles d’or au 100 m hommes par l’entremise de Dylan Sicobo (10 » 33) et Lissa Labiche au saut en hauteur dames (1,91m), et une de bronze au relais 4×100 m hommes.
Et que dire de la course ratée d’Orwin Émilien au 400 m ? Il avait pourtant rendez-vous avec l’histoire et la médaille d’or. Mais il n’en fut rien, car même le bronze lui a filé entre les doigts. Idem au javelot dames, où Jessika Rosun termine 4e et dernière, à plus de 3 m de son meilleur niveau. Bref, on se contentera donc de deux médailles de bronze, tout en sachant qu’elles s’annoncent prometteuses tant pour Bernard Baptiste que pour Jérôme Caprice en vue des prochains Jeux du Commonwealth, prévus du 4 au 15 avril à Gold Coast en Australie.
« On savait que le bronze allait se jouer entre Bernard (Baptiste) et le Gabonais (Luccioni Mve), qui se situe dans les 18 m. Il était donc convenu avec Bernard qu’il devait dès le premier essai se rapprocher autant que possible des 18m pour aller chercher cette médaille de bronze. Le Gabonais n’a pu suivre le rythme et c’est là que Bernard s’est approprié la médaille », nous confie Jacques Ramtanon, coach du lanceur d’origine rodriguaise. « Le prochain objectif sera d’atteindre les minimas de Gold Coast (ndlr : 18,30 m). Vu que la saison 2017-18 sera relativement plus courte, on va entamer la préparation dans quelques semaines pour qu’il soit prêt en avril pour le rendez-vous australien. »
Quant à Jérôme Caprice, il a déjà réalisé les minima du 20 km marche en mars. Il avoue par ailleurs qu’il faisait très chaud jeudi matin à l’heure à laquelle la course s’est tenue. « Elle s’est déroulée à 7h. Je me suis levé à 3h du matin pour partir du village à 5h30. La course a été très dure et nous avons tous terminé à plus de 10 minutes de notre record personnel… Je vais maintenant me mettre en repos actif avant d’entamer ma préparation hivernale pour Gold Coast. »