L’équipe d’organisation du Meeting international de Maurice tenu au stade Germain Commarmond les 13 et 14 avril derniers, et des membres de l’Association mauricienne d’Athlétisme (AMA) se sont réunis pour effectuer un bilan et voir dans quelles mesures, des améliorations peuvent être apportées en vue de l’édition 2013. Il ressort que le manque de finances reste un obstacle majeur.
Stéphan Buckland, président du comité organisateur, trouve qu’il y a eu des choses positives, citant en exemple le 800m hommes qui a été remporté par le Kenyan David Mutinda qui a réalisé un nouveau record du meeting en 1:46.79 ou encore le 200m hommes qui a vu la victoire de Mosito Lehata du Lesotho en 20.76. Mais il reconnaît que d’autres choses n’ont pas marché.
« D’abord, les Sud-Africains qui d’habitude sont de la partie n’ont pu être présents parce qu’au même moment se tenaient leurs championnats nationaux. Il y a aussi le fait que le public n’a pas répondu présent. J’ai remarqué que les Mauriciens ne se déplacent plus au stade et je ne sais pas pour quelles raisons. Les parents sont, eux, venus soutenir leurs enfants et c’est très positif », indique Stéphan Buckland.
Selon notre interlocuteur, un moyen d’attirer du monde au stade est de faire venir des grands noms au Meeting mais cela a un coût. « Inviter des grands noms de l’athlétisme mondial intéresserait davantage de personnes à venir assister aux compétitions mais c’est une question de finances. Est-ce qu’un sponsor acceptera de mettre $ 80,000 sur la table pour cela ? Cela reste difficile », observe Stéphan Buckland.
Le recordman de Maurice du 100m et du 200m ajoute que l’ancien champion américain Maurice Greene était le parrain du Meeting de La Réunion qui a eu lieu 48 heures avant celui de Maurice et observe que les moyens dont disposait l’île soeur étaient plus importants. « Il est vrai que nous pourrions trouver un accord avec les organisateurs réunionnais pour qu’une pointure comme Maurice Greene vienne au Meeting de Maurice après celui de La Réunion mais même si les frais sont divisés en deux, est-ce qu’un sponsor acceptera d’offrir cette somme ? La question reste posée », fait ressortir Stéphan Buckland.
L’absence du public
Le président de l’AMA, Anand Sukhraj, tire un bilan positif de l’édition 2012 du Meeting international de Maurice. « Nous avons enregistré quelques performances intéressantes surtout dans le championnat des épreuves combinées », dira-t-il. Notre interlocuteur reconnaît, toutefois, que le public n’a pas répondu présent pour assister à la compétition et que sans un apport plus conséquent de sponsors, il sera difficile de faire venir des grosses pointures.
« Faire venir des vedettes coûte une fortune et nous n’avons malheureusement pas de tels moyens. Si des sponsors sont disposés à nous aider davantage, nous serons en mesure de le faire mais au cas contraire, nous serons obligés de faire avec les moyens dont nous disposons », explique le président de l’AMA.
« Nous avons enregistré quelques bonnes performances. Je citerai ainsi le championnat des épreuves combinées. De plus, cette année nous avons innové en permettant aux jeunes de participer aux concours. Cela nous a apporté de la satisfaction », indique Anand Sukhraj.
Celui-ci fait regrette l’absence des Sud-Africains qui étaient engagés dans leurs championnats nationaux mais se félicite que les athlètes pris part au Meeting de La Réunion sont ensuite venus à Maurice.
« Nous avons fait un constat et tirer des enseignements. En 2013, nous pensons apporter des innovations », dira le président de l’AMA sans toutefois se montrer plus précis.
S’agissant de l’absence du public, Anand Sukhraj dira que certains ont préféré assister à la phase qualificative olympique de beach volley qui se tenait au même moment à Flic en Flac. Un argument qui, à notre humble avis, ne tient pas la route.
Pour ce qui est du vent qui souffle très fort à Bambous et qui visiblement gêne les athlètes et ne favorise pas de bonnes performances, Anand Sukhraj indique que pour mitiger cet effet néfaste, les épreuves de sprint court ont été disputées dans le sens inverse. Envisage-t-on de déplacer le Meeting vers un autre stade pour régler définitivement ce problème ? « Si jamais, la piste du stade Maryse Justin à Réduit est refaite à neuf, nous pourrons envisager y tenir le Meeting international mais au cas contraire, nous serons obligés de le maintenir à Bambous », observe Anand Sukhraj.
Sera-t-il possible de rendre le Meeting International de Maurice aussi attrayant qu’il l’était dans le passé ? La question reste posée et le défi est de taille !