Il n’y a pas que Nando Bodha qui a toujours la gueule de bois et qui digère toujours le choc de l’après 7 novembre. Non pas parce qu’une néophyte, Joanna Bérenger, l’a largement devancé au no 16 mais c’est surtout son évincement du ministère, celui des Infrastructures publiques, qu’il a porté à bout de bras durant ces cinq dernières années. C’est lui qui a pris tous les coups, PNQ, colère, déplacement de familles, de la décision de concrétiser à la vitesse TGV le projet de Metro Express avec tous les inconvénients provoqués dans le quotidien des gens et qu’il a bien mené à bien pour que le lancement ait lieu avant les prochaines élections.

Ses divers autres chantiers sont en bonne voie, le nouvel échangeur de Pont Fer progresse tout comme celui de Hillcrest et l’auto-pont de Sorèze. Même la route Terre Rouge/Verdun a fi ni par être totalement opérationelle après cinq ans de travaux. Et pourtant, celui qui est classé dans la catégorie de l’ancien monde de SAJ a été relégué au ministère des voyages connu aussi comme celui des Affaires étrangères.

Certains de ses proches collaborateurs se demandent si certains au MSM ne souhaitaient pas sa défaite au vu du traitement qui lui a été infligé. Ils sont encore plus furax que ce ministère a été attribué au dernier venu, Alan Ganoo, qui n’a jamais manifesté le moindre intérêt pour ce dossier.

Ceux qui veulent prendre du recul pensent que c’est, peut-être, le volet des motosécoles piloté avec son conseiller réunionnais Daniel Raymond qui a eu raison de Nando Bodha.

Tout aussi choqué, Barlen Vyaporee qui ne s’attendait pas à s’entendre demander de déguerpir aussi vite après les élections, lui qui a, en plus, été un bon “rubber stamp” pour le MSM, après son intérim à la Présidence suivant la démission d’Ameenah Gurib-Fakim. Il s’attendait à avoir au moins les honneurs de la présentation du Discours-Programme avant de céder la place, mais il semble que Pravind Jugnauth soit pressé de le voir partir. Pour des raisons qui restent inconnues.

À moins que ce soit ses escapades en Rolls Royce en Afrique du Sud qui n’aient pas été au goût de la direction du Sun Trust. Mais à ce jeu de l’exclusion, qu’on se le dise, même la famille n’est pas épargnée. Maya Hanoomanjee s’attendait, elle aussi, à être reconduite au poste de Speaker. Aux dernières nouvelles, elle pourrait obtenir un prix de consolation sous la forme d’un poste de Haut Commissaire à Londres avec Girish Nunkoo, l’actuel titulaire prenant le relais de Sooroojdev Phokeer à Washington. Les lendemains des élections ne sont pas décevantes que pour les perdants. Même les gagnants en arrivent à perdre le nord.