L’artiste a gagné en maturité, la femme s’est épanouie. À travers la richesse et la diversité de son album qui sort dans quelques jours, Laura Beg révèle son potentiel et toute la force de son talent.
Le bouton a fini par éclore. Il s’est transformé en une fleur pleinement épanouie qui, sous les rayons du soleil, resplendit en des éclats colorés. La petite Laura a grandi. Elle a mûri, a gagné en maturité et en assurance. Comme ces femmes qui ont trouvé le juste milieu entre douceur et détermination. Entre passion et sagesse.
Elle le ressent au plus profond d’elle-même : “Avant, j’étais réservée. J’ai appris à vaincre ma timidité pour aller de l’avant.” Les expériences de la vie l’ont modelée : “Je relativise devant les moments difficiles et les conflits. J’ai appris à prendre sur moi face à la critique pour en faire quelque chose de constructif.” Aujourd’hui, elle aborde la vie d’une autre façon. “Je prends le temps de vivre et d’apprécier la vie. Je me sens épanouie en esprit et en pensée.”
Sérénité
La rondeur qu’elle porte avec élégance sous sa tenue ample indique que Mme Ramanisum sera bientôt maman. Sans le crier sur tous les toits, elle vit ce moment dans la sérénité, conservant toute sa fraîcheur et l’éclat de ce grand sourire qu’on lui connaît. Bien entendu, elle sait qu’elle doit se modérer.
Rentrée d’une tournée européenne il y a peu, après quelques concerts à Maurice, elle pense déjà à La Réunion. Mais elle connaît ses limites et saura s’arrêter lorsque le moment viendra. 2012 sera son année.
Tik Tiker
Pour l’instant, il y a aussi Tik Tiker, son nouvel album. À La Réunion, où il a été lancé en décembre, le nouveau Laura Beg rencontre un beau succès. Chez nos dalons de l’île soeur, elle jouit d’une certaine popularité, comme son époux, Alain Ramanisum. L’album y était attendu.
Un an et demi après Koz Kozé, son premier opus, elle a décidé que le temps était venu de renouer avec l’expérience pour ceux qui l’avaient apprécié. Mais surtout pour elle-même. L’album a été construit autour de sa vision, de ses sensibilités. Auteur-compositeur-interprète, elle signe presque toutes les chansons de ce 11-titres. Inspirée “par la vie, ce que je vois autour de moi, par les gens”, Laura Beg souhaitait “quelque chose qui ne ressemble à aucun autre, avec une approche moderne”.
Séga, seggae, ska, zouk
Pour y arriver, elle a choisi la diversité musicale : séga d’ambiance et sentimental, zouk, seggae et ska sont parmi les genres qui cohabitent sur l’album. Les sons et les rythmes varient, mais Laura Beg a veillé à garder le même feeling pour que son empreinte et sa personnalité demeurent évidentes au centre de chaque morceau. Chaque titre a été réalisé avec la même conviction : “J’ai chanté avec mes émotions. Je chante toujours avec mes sentiments et sur des choses auxquelles je crois. Je vis la chanson. Sinon, je ne le fais pas.”
Un brin d’humour, des choses de la vie, l’amour, la condition féminine, l’esclavage : autant d’éléments qui composent l’album. Musicalement, Tik Tiker est riche. Quinze musiciens ont participé à ce projet. “Je dois reconnaître qu’Alain a été un très bon chef d’orchestre.” Ce dernier a soutenu son épouse dans les différentes étapes de la création de l’album, qui porte indubitablement sa marque. 
Statut
En sus de La Réunion, Laura Beg a aussi assuré des lives aux Seychelles, à Rodrigues, en Australie, à Londres, à Paris, en Belgique, en Suisse. C’est surtout dans la région qu’elle espère faire la promo de son album. Ses ambitions sont grandes pour Maurice : “J’espère faire un grand concert ici pour parler de mon album, de ma vie, de ma passion.”
Les observateurs de la scène musicale locale l’ont certainement remarqué : ces derniers temps, Laura Beg a pris de la dimension auprès d’un public qu’elle a séduit par la chaleur de sa voix, par les émotions qu’elle dégage et par l’humilité qu’elle a démontrée lorsqu’est arrivé le succès. À chaque passage sur scène, la chanteuse est chaudement acclamée. L’artiste jouit maintenant d’un statut reconnu.
Le temps
Les choses se sont faites progressivement. “Tout cela a pris du temps. Il fallait qu’il en soit ainsi jusqu’à ce qu’arrive le bon moment.” Laura Beg est l’héritière d’un père, dont elle se souvient surtout des funérailles. Elle avait trois ans. “Mais je sais que mon père était un musicien et un bon chanteur.” Ceci explique sûrement la passion qui l’a toujours animée.
En CPE, après avoir chanté une toute première fois en public, elle avait pris goût à la musique. “Je griffonnais à tout moment, surtout à l’heure des rédactions. J’écrivais sur la table, sur mes jambes. Petit à petit, j’ai pris du plaisir à le faire. Plus tard, j’ai commencé à composer.”
À seize ans, elle commence à chanter dans des pubs du nord de l’île, avant de rejoindre le studio Kapricorn comme choriste, où elle participe à plusieurs albums. Il y aura ensuite Ravana, Alain Ramanisum. La métamorphose…