C’est un véritable cafouillage qui règne dans les usines Bedino Ltd et Zerodue Ltd, enregistrées sous le nom d’un seul propriétaire Vinaye Ramanah. Faisant face à des situations économiques difficiles, le directeur s’est vu contraint de mettre en place un programme de restructuration. La version de cette restructuration donnée aux officiers du ministère du Travail diffère cependant de celle du camp syndical.
Selon nos recoupements, l’affaire remonte au mois de septembre. Dans une lettre aux employés, Vinaye Ramanah, directeur de Bedino Ltd et Zerodue Ltd, explique que les deux usines se trouvant à Rose-Hill fermeront leurs portes dès le lundi 24 octobre pour des raisons économiques et un manque de commandes.
Bedino Ltd et Zerodue Ltd – qui comptent respectivement 17 et 32 employés –, fabriquaient des bijoux destinés au marché italien. Les salariés ont été informés dans une lettre en date du mardi 20 septembre qu’ils seront transférés dans une autre usine de Vinaye Ramanah à Mosque Road, Rose-Belle.
Des sources du ministère du Travail nous ont informé hier que 42 employés sont concernés par ce transfert. 13 d’entre eux ont toutefois signifié leur refus de travailler à Rose-Belle.
La totalité des salariés concernés, selon les officiers du ministère, ne s’est toutefois pas rendue hier sur le nouveau lieu de travail. Il a ainsi été convenu que le management leur payerait un mois de salaire aujourd’hui et leur bonus de fin d’année sur un prorata basis en décembre.
Selon la version de la restructuration fournie aux officiers du ministère du Travail, sept autres employés ont été licenciés. Comme leurs anciens collègues, ils obtiendront aussi un mois de salaire et leur bonus.
Du côté du syndicat, l’on parle d’une toute autre version des faits concernant la restructuration des usines Bedino Ltd et Zerodue Ltd. Atma Shanto président de la Fédération des travailleurs unis, dont l’Export Enterprises Employees Union (EEEU) en est une filiale, affirme qu’une vingtaine d’employés ont été mis à la porte.
L’EEEU soutient que les employés devaient se déplacer à l’usine, qui se trouve à Rose-Belle, par leur propre moyen alors qu’auparavant ils bénéficiaient d’un « company transport » pour se rendre au travail et rentrer chez eux. Ces nouvelles conditions ont fait sourciller les employés habitant à Rose-Hill. Ceux-ci avancent que le long trajet cause bien des inconvénients. Ils ont par ailleurs fait part de ce problème au directeur de la compagnie. Les négociations en vue d’obtenir un « company transport » n’ont pas abouti.
C’est à l’issue du « deadlock » lors des négociations, avance le syndicat, qu’une vingtaine d’employés – principalement ceux de Rose-Hill, Beau-Bassin et Petite-Rivière – ont reçu leurs lettres de licenciement avec pour motif des raisons économiques.
Le syndicat explique aussi que les licenciés étudient la possibilité de recourir à des actions légales contre la compagnie. Il prépare pour le moment une manifestation qui aura lieu vendredi à midi devant l’usine à Rose-Belle.