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La possibilité de produire du sucre organique est actuellement à l’étude au niveau de la Chambre d’agriculture. Le sucre organique est un sucre de canne brut comprenant des cristaux de taille moyenne et d’une couleur blonde, obtenus à partir de canne à sucre organique. Contrairement aux sucres raffinés, les sucres bruts sont produits directement à partir du jus de canne dans les zones de culture de la canne avec le premier lot de sucre cristallisé à partir du jus de canne.

La production de sucre organique à Maurice a été évoquée à plusieurs reprises par le ministre de l’Agro-industrie, Mahen Seeruttun, qui a affirmé que le projet fait partie de l’étude de la Banque mondiale. Il estime que ce type de sucre « viendra s’ajouter aux sucres spéciaux, qui sont a haute valeur ajoutée ». Pour le président de la Chambre d’agriculture, Sébastien Lavoipierre, la production de sucre organique « fait partie des nouvelles avenues de production sucrière » à Maurice.

La Chambre d’agriculture poursuit actuellement sa réflexion sur cette question avec l’aide de l’ECOCERT, basée à Madagascar, et ECOCERT Expert Consulting, en France. Il a également été révélé que le MSIRI apporte sa collaboration et qu’une série de rencontres individuelles se tient avec les principaux partenaires pour une explication spécifique et pour identifier les points de blocages. Par ailleurs, dans le but d’améliorer la productivité et l’efficience des champs, la Chambre a mis sur pied un comité pour se pencher sur l’organisation d’un atelier sur la mécanisation.

Faisant le point sur la coupe 2018, Sébastien Lavoipierre affirme que les chiffres de productivité (tonnes de cannes et tonnes de sucre à l’hectare…) ont été très bas, comparé à ceux enregistrés depuis la coupe 2007. La tonne de canne à l’hectare a ainsi connu son niveau le plus élevé de ces dix dernières années en 2014, avec un rendement de 79,78. Il était estimé à 66,16 l’année dernière. Le rendement de la tonne de sucre à l’hectare a été de 6,78 en 2018, contre 8,21 en 2004.

Avec des chiffres aussi bas, explique Sébastien Lavoipierre, l’année 2018 a été déclarée “event year” pour la catégorie “growing unit” (regroupement de planteurs ayant des superficies inférieures à 300 hectares) dans les “enlarged factory areas” de Médine, Alteo et Omnicane; pour la catégorie “large planteurs” dans la “enlarged factory area” d’Alteo.

Cette déclaration de “event year” pour 2018 a été faite sous la nouvelle formule de regroupement des planteurs suite à la révision actuarielle faite en 2017, et finalisée en 2018.

Une “event year” avait également été déclarée pour la coupe 2017 dans les “enlarged factory areas” de Médine, Omnicane et Alteo sous l’ancienne formule. Ainsi, environ Rs 715 millions ont été décaissées pour les compensations climatiques de 2017 et 2018. Mais le SIFB a été également sollicité pour des aides économiques en 2017 (Rs 400 M) et en 2018 (Rs 435 M), le tout pour un total décaissé de Rs 1,55 milliard. Suite à ces décaissements importants, une nouvelle révision actuarielle a été commanditée en 2019.

La première estimation officielle  pour la présente récolte est estimée à 325 000 tonnes de sucre. Le gouvernement a annoncé un revenu de Rs 25 000 la tonne de sucre pour les premières 60 tonnes de sucre pour tous les producteurs. Le Syndicats des Sucres estime les revenus de la composante sucre à Rs 10 000. Pour améliorer les revenus des producteurs, une taxe de 80% a été introduite sur le sucre importé destiné à la consommation directe. Cette mesure n’a pas eu les résultats escomptés. Les industriels qui importent directement du sucre pour le processus de fabrication et les importations provenant de la SADC et du COMESA sont en effet exemptés de cette taxe à l’importation.

« Ainsi, le MSS perd 56% de part de marché sur le marché local, ce qui représente un manque à gagner estimé à Rs 700 la tonne de sucre pour les producteurs locaux. Des solutions sont actuellement en discussion avec l’État pour remédier à cette situation », a observé le président de la Chambre.