« L’économie mauricienne fait face à de nombreux défis, tant au plan local qu’international », écrit le gouverneur de la Banque de Maurice (BoM), Ramesh Basant Roi, dans le rapport annuel 2014/15 de la banque centrale, le premier depuis son retour aux affaires en janvier dernier. Ramesh Basant Roi fait appel à une amélioration soutenue de la productivité pour que le pays puisse faire son entrée dans la ligue des pays à hauts revenus. Par ailleurs, le rapport indique que les banques commerciales ont réalisé des produits réduits en 2014/15, soit un total de Rs 13,2 milliards (-8%) alors que la BoM a terminé l’exercice financier avec des pertes de Rs 284,1 millions (+30,1%) après transfert de Rs 2,4 milliards au Special Reserve Fund.
Ramesh Basant Roi souligne, dans le rapport annuel de la BoM, rendu public hier après-midi, qu’avec une économie fortement tournée vers l’étranger, il est impérieux de rehausser la compétitivité de l’économie mauricienne et que toutes les opportunités soient saisies pour diversifier la base industrielle et les marchés d’exportation. Le gouverneur soutient également qu’étant une petite économie insulaire, Maurice se doit de continuer à élargir son espace économique en consolidant sa présence dans la région. « The financial services sector is called upon to play a vital role in the pursuit of regional integration through our acess to markets in COMESA and SADC countries, and by capitalising on our competitive advantage in human capital and banking know-how », fait ressortir Ramesh Basant Roi. Celui-ci ajoute que la banque centrale a été un participant actif dans les réunions régionales et continuera à jouer un rôle important dans la mise en oeuvre des programmes d’intégration économique régionale.
Parlant de la performance économique mauricienne en 2014-15, le gouverneur de la BoM la qualifie de « moderately well » avec un taux de croissance de 3,5% en 2014 tiré par une contribution positive de la plupart des secteurs économiques. Il se réfère ensuite à la nouvelle stratégie économique élaborée cette année en vue de réaliser une croissance élevée et soutenue sur le moyen à long terme. Cette stratégie repose sur la consolidation de divers piliers économiques : le tourisme, le textile, les services financiers, le sucre ainsi que le développement des secteurs tels les TIC et l’économie bleue. « Newly-announced projects are expected to boost investment and business confidence, with likely improvements in domestic demand, including consumption », estime Ramesh Basant Roi. Ce dernier indique que, depuis son entrée en fonction, il s’évertue à solidifier le système financier car le secteur financier est un important pilier économique et il est primordial de définir une stratégie à long terme en vue d’assurer un développement durable.
Par ailleurs, Ramesh Basant Roi affirme que les bilans 2014-15 des banques commerciales montrent que celles-ci sont en général « sound and well capitalised ». Les actifs totaux du secteur bancaire ont grossi de 16,7% alors que la base des dépôts a enregistré une croissance de 23,3%. Le ratio d’adéquation du capital des banques commerciales s’élevait en moyenne à 17,2% fin juin 2015, un niveau nettement plus important que le minimum recommandé (10%). Ce haut niveau du « capital adequacy ratio », observe le gouverneur, démontre que les banques disposent d’un « healthy capital buffers » et présentent des profils de financements solides dans l’éventualité d’une détérioration de situation. La BoM pense également que la qualité des actifs des banques est appréciable, mais fait comprendre que leur exposition aux secteurs de la construction et du tourisme (sur la base des crédits accordés à ces secteurs) est toujours sujette à une évaluation constante.
En outre, la BoM évoque, dans son rapport, le déficit persistant des comptes courants de la balance des paiements, une situation qui perdure du fait que de nombreux secteurs clés de l’économie mauricienne sont affectés par l’environnement déprimant dans certains marchés, les séquelles de la crise financière globale, la concurrence extérieure, et aussi par une baisse de compétitivité aggravée par le fait que les hausses salariales sont supérieures aux gains de productivité. Le déficit des comptes courants a atteint Rs 23,2 milliards en 2014-15, soit 5,8% du Produit intérieur brut, contre 5,4% en 2013-14.
Ramesh Basant Roi fait état dans son rapport des multiples interventions de la BoM sur le marché des devises, stérilisant l’équivalent en roupies de Rs 5,5 milliards fin juin 2015. La banque centrale est aussi intervenue pour éponger l’excès de liquidités dans le marché, réussissant à réduire le montant de Rs 19,5 milliards en avril dernier à Rs 5,1 milliards fin août.
Le rapport 2014-15 fait voir que la banque centrale a terminé l’année avec des profits nets de l’ordre de Rs 2,2 milliards (2013-14 : Rs 469,6 millions) au niveau des opérations. Mais, par obligation légale selon les termes de la section 11 (1) de la Bank of Mauritius Act 2004, la banque centrale a eu à effectuer un transfert de Rs 2,4 milliards, un exercice qui a, au final, démontré que la BoM a subi des pertes de Rs 284,1 millions, un montant plus élevé que celui de 2013-14 (Rs 218,4 millions).
Du côté des banques commerciales, les profits opérationnels avant provision pour les pertes sur créances se sont chiffrés à Rs 23,5 milliards, contre Rs 19,7 milliards en 2013-14 et Rs 17,7 milliards en 2012-13. Les profits après impôts se sont élevés à Rs 13,3 milliards, en baisse par rapport à 2013-14 (Rs 14,5 milliards), mais supérieurs à ceux de 2012-13 (Rs 13 milliards).,