Une vingtaine d’entraîneurs et d’aspirants entraîneurs de boxe se trouvent en stage depuis vendredi dernier sous la férule de Joseph Diouf. Assisté de l’entraîneur national, Judex Bazile, le Sénégalais, membre de la Commission des entraîneurs de l’Association internationale de boxe amateur (AIBA), animera ce stage jusqu’à samedi prochain. Des séances pratiques et théoriques sont ainsi prévues tout au long de cette semaine au Centre de boxe à Vacoas.
Cela fait déjà quinze ans que Joseph Diouf partage son savoir et son expérience. «J’ai fait pratiquement tous les continents et c’est merveilleux de partager ses connaissances avec les entraîneurs et les boxeurs», laisse entendre celui qui a évolué à l’école de boxe de son pays pour ensuite bénéficier d’un stage à l’INSEP en France. Pour la petite histoire, c’est la deuxième fois qu’un Sénégalais dirige un stage à Maurice. Il faut remonter à 1984 pour retrouver Idrissa Dionne (aujourd’hui âgé de 93 ans), qui avait alors comme stagiaires l’actuel Directeur Technique National, Jean-Claude Nagloo, Judex Bazile, Joel Balisson ou encore Gervais Paya. Pour rappel, le dernier stage consacré à la boxe avait été chamboulé. Après trois jours, l’instructeur français, Pierre Cougoulic, avait du regagner son pays pour des raisons familiales. Le stage avait ensuite été complété par Jean-Claude Nagloo et Judex Bazile.
Cette fois, un succès sur toute la ligne est attendu de ce stage. «Nous avons opté pour un instructeur francophone, car cela favorisera la communication. L’accent sera placé sous la formation et au niveau de notre fédération, nous souhaitons que ce stage constitue un plus», avance Rajiv Rajcoomar, président de l’Association mauricienne de boxe. Au rang des stagiaires, on retrouve Bruno Julie, médaillé de bronze olympique, et les Rodriguais Jean-Rex Henriette, Mandino Farla et Jean-Philippe Louis. Toutefois, pas d’éléments féminins lors de la journée de vendredi dernier. Ce qui inquiète Vivian Gungaram, secrétaire général du Comité Olympique Mauricien (COM). «La Solidarité Olympique préconise que tout stage délivré sous son égide doit comprendre 20% d’éléments féminins. Néanmoins, nous espérons que ce stage, qui a bénéficié d’une préparation de 40 jours, soit bénéfique pour cette discipline phare. D’autant que sans formation, il n’existe pas de résultats».
Pour en revenir à Joseph Diouf, il dit s’attendre à ce que les dirigeants africains investissent davantage afin que le noble art du continent puisse atteindre d’autres sommets. «Le haut niveau ne peut qu’être atteint qu’à travers l’apport des gouvernements et des mécènes. Il faut également que les fédérations puissent être autonomes financièrement». Le Sénégalais soutient également que les boxeurs africains devraient être davantage sollicités au niveau international. «Il s’agira d’exploiter le potentiel physique et psychologique. Avec davantage de test-matches, de sorties internationales, nos boxeurs pourront faire face aux pays renommés. De làn ils ne seront pas surpris lors des rendez-vous d’envergure tels les Jeux Olympiques». Joseph Diouf souhaite également que l’Afrique soit plus présente dans des instances de décisions et que le niveau des entraîneurs soit en hausse. De là, les résultats devraient être encore plus positifs.