Quinze femmes, toutes habitantes de Britannia, ont été formées durant ces deux derniers mois à l’agriculture organique et à la nutrition, en théorie et en pratique, après des groupes d’autres femmes venant de Camp Diable et de Batimarais. L’initiative revient à la Omnicane Foundation qui s’est attachée du service du Mouvement Autosuffisance Alimentaire (MAA) pour mener à bien ce projet. Ces nouvelles agricultrices ont reçu leur certificat récemment. La prochaine formation aura lieu à La Sourdine et à l’Escalier.

Selon Eric Mangar, manager du MAA, des bacs, ainsi que tous les outils agricoles nécessaires leur sont offerts gratuitement. En théorie et en pratique, les stagiaires apprennent à fabrique leur propre compost, à pratiquer le « mixed farming », à utiliser des légumineuses pour enrichir la terre et à refaire sa fertilité. Des semences ont aussi été remises à ces nouvelles agricultrices afin de les aider à se lancer dans la production organique immédiatement dans leurs arrière-cours. « Elles cultivent et consomment maintenant des légumes organiques chez elles », dit-il.

Outre l’agriculture organique, ces femmes ont aussi été formées à la nutrition. « L’agriculture organique et la nutrition sont liées. Tout en mangeant sainement, il faut aussi apprendre les valeurs nutritives des légumes, à faire le bon choix de légumes au marché en fonction de ses besoins », déclare Eric Mangar.

Selon lui, ces femmes ont maintenant pris conscience du système alimentaire, « et comment il est important de pouvoir éviter les maladies non-transmissibles grâce aux légumes sains et aussi comment il est important de cultiver une partie de leur nourriture elles-mêmes ». « A Maurice, beaucoup de femmes sont un pilier important au sein de leurs familles. Elles doivent nourrir leurs familles avec de la nourriture saine. D’où cette formation pour les former à l’agriculture organique et à la nutrition ».

Eric Mangar explique que ces stagiaires apprennent aussi à mieux connaître la composition de l’alimentation des Mauriciens — riz, farine, légumes, viande, œuf, pain — en termes de protéines, d’énergie, de graisses, de magnésium, de calcium et autres. « Nous leur disons aussi quelle quantité de chacun de ces légumes et viandes faut-il consommer quotidiennement pour rester en bonne santé. Ils apprennent aussi à distinguer les graisses saturées des insaturées », indique-t-il. Selon lui, la démarche est de faire comprendre aux Mauriciens que l’agriculture organique dépasse le cadre de l’utilisation des produits chimiques. « Elle concerne aussi la fertilité du sol et sa dimension écologique qui sont à la base de ce mode de production agricole », fait-il ressortir.

Par ailleurs, le MAA offre également une plante de moringa (brède mouroum) à chaque femme formée à l’agriculture organique pour qu’elle la cultive dans son arrière-cour. Eric Mangar ajoute que ces femmes ne savaient pas qu’il y a plus de protéines dans cette plante que dans le lait. « Nous voulons aussi promouvoir le patrimoine du goût aux Mauriciens et les encourager à cuisiner leur propre nourriture à la maison au lieu de consommer du fast-food à l’extérieur. Comme le faisaient nos parents et nos grands-parents », déclare-t-il. Outre Omnicane, Eric Mangar indique que la firme Novoprim compte aussi former environ 500 familles dans le sud-est du pays à l’agriculture organique.