Le Premier ministre sir Anerood Jugnauth, et le leader de l’opposition, Paul Bérenger, ont participé à la célébration nationale de la fête Eid Ul Fitr. Ils ont tous deux insisté sur les valeurs de l’unité dans la diversité dans le pays.
« Le mois du ramadan, qui s’est terminé vendredi, a été marqué par le jeûne, la prière et nous a permis de consolider notre croyance divine. Ce sont ces valeurs qui nous font avancer dans la bonne direction », a relevé le Premier ministre lors de son intervention durant la célébration nationale découlant de la fête d’Eid Ul Fitr. Il a également souligné l’importance des valeurs comme le respect du prochain, le partage, la tolérance, le combat contre la tentation et les extrémistes porteurs de malheurs. L’accent était d’emblée mis sur la fraternité, la solidarité et l’importance de l’unité dans la diversité, à laquelle il accorde une grande importance.
Sir Anerood Jugnauth a rappelé qu’il avait, lors de son premier mandat, réussi un « miracle économique » dans le pays et a estimé qu’il est possible de rééditer cette performance dans la paix et la sécurité, à condition « qu’il y ait une culture du travail, de la discipline et de la productivité ».
Le leader de l’opposition, Paul Bérenger, en a pour sa part profité pour exprimer sa solidarité avec la population de Gaza, qui n’a jusqu’ici « reçu qu’une faible partie de l’aide internationale promise en raison du blocus israélien dont elle est victime ». Il a aussi rappelé que cela fait 20 ans depuis que s’est produit « le génocide de Srebrenica », qui a fait plus de 8 000 victimes. Il s’est réjoui que Maurice soit un des rares pays à célébrer toutes les fêtes religieuses dans une unité sincère. « C’est un grand signe de respect et de partage », a déclaré Paul Bérenger.
Mamood Cheeroo, parlant au nom de la Sunni Razvi Society, a, lui, expliqué que la cérémonie de samedi n’est « ni une activité culturelle, ni religieuse », mais qu’elle avait une dimension nationale dans la mesure où elle permettait aux leaders nationaux de passer leur message à la nation. Il a expliqué que la Sunni Razvi Society est en faveur de l’élaboration d’un code d’éthique pour la célébration des fêtes nationales dans un esprit interculturel et interconfessionnel. Il s’est dit convaincu que le conseil des religions sera en mesure d’élaborer un tel document à l’usage de toutes les organisations culturelles et religieuses. Le Lord-Maire de Port-Louis, Mohammad Oumar Kholeegan, a également transmis un message.
Plusieurs membres du cabinet ministériel et du Parlement étaient présents à la cérémonie nationale de samedi, dont Xavier-Luc Duval, Showkutally Soodhun, Nando Bodha, Raj Dayal, Aurore Perraud, Dan Baboo, Shakeel Mohamed, Anwar Husnoo et Adil Ameer Meea. Partie pour Londres samedi, la Présidente de la République, Ameenah Gurib-Fakim, n’a pu participer à la célébration.
Relevons par ailleurs que même si sir Anerood Jugnauth et Paul Bérenger étaient assis au premier rang, ils se sont tout simplement ignorés. Aucun des deux n’a prononcé la fonction ou le nom de l’un ou de l’autre dans son discours. Interrogé par un journaliste à ce sujet, sir Anerood Jugnauth a tout simplement répondu : « Ki ou le, mo anbras li ? »
La cérémonie a aussi été marquée par la récitation du Coran. Un hymne composé à l’occasion de l’accession de Maurice au statut de la République par Maulana Muhammad Ibrahim Khushtar, fondateur de la Sunni Razvi Society International, a été chanté par les membres de l’académie mauricienne. La cérémonie nationale avait été précédée du Namaz Eid Ul Fitr, dit dans le sunni razvi garden à 8 h.